
PHANTOM MANOR |
| | | "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | Sujet: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Ven 27 Oct - 22:56 | |
| THE HOLLYWOOD HOTEL MYSTERIES Chapitre 11929 Un terrible orage se préparait à frapper la Cité des Anges. La radio, pour ceux qui la possédait, relayait par les soldats du feu, la garde civile et tout ce que l’État de Californie comptait comme représentants de la loi et de l’ordre avaient averti la population. Chaque habitant de Los Angeles devait rester dans son foyer et attendre que la menace et l’alerte passe. Les catastrophes naturelles étaient un véritable fléau, il fallait prendre toutes les précautions au cas où la foudre viendrait à tomber et déclencherait des incendies sur son passage. En 1886, un terrible incendie avait détruit la majeure partie de Chicago : la vache de la veuve O’Leary, blanchisseuse irlandaise, aurait déclenché le feu en donnant un coup de sabot dans une lanterne. En 1929, il n’y avait plus de vaches à l’intérieur des villes, mais la foudre était toujours là et les risques d’incendie l’étaient donc tout autant. Par ailleurs, le feu n’était pas la seule menace pesant telle une épée de Damoclès sur la Cité des Anges. Les habitants le savaient et ils prenaient les consignes des autorités au sérieux. En 1906, un terrible tremblement de terre avait détruit la majeure partie de San Francisco. Nul besoin d’évoquer les redoutables tornades dites « tortilleurs » qui dévastaient le Kansas et les États voisins, nul besoin de songer aux cyclones qui s’abattaient sur la Floride et la Louisiane : Los Angeles était située comme San Francisco sur la faille de San Andrea, et les tremblements de terre la menaçaient tout autant. Déjà, des flots torrentiels s’abattaient sur la ville. Le ciel d’été se couvrait rapidement de sombres nuages. La radio avait annoncé un orage tel que personne n’en avait encore jamais vu. Nul ne cherchait à savoir d’où l’on tenait ces informations, la prudence était de mise. Mieux valait se mettre à l’abri, la foudre effrayait et pouvait se montrer destructrice. Les néons étaient éteints, les cinémas vides. Sur la colline de Hollywood, les lettres célèbres semblaient attendre, veiller en silencieuses gardiennes, que la menace passe en espérant être encore debout le lendemain. 1942 Un soleil éblouissant écrasait les rues de Los Angeles en cette après-midi du 2 Juillet. A l’image de chaque arpent de terre des Etats-Unis d’Amérique, de Washington aux fermes isolées du Montana, la Cité des Anges étaient plongées dans l’effervescence des préparatifs de l’Independence Day. Il ne restait plus que deux jours pour que tout soit prêt. Partout, aux quatre coins du pays, ballons et cocardes aux couleurs de la bannière étoilée flottaient au vent, les fanfares répétaient dans les kiosques à musique et les ventes des bons pour l’effort de guerre montaient en flèche. Un peu plus de six mois s’était écoulé depuis l’attaque de Pearl Harbor. Cette année, le 4th July revêtait une dimension particulière : le pays était en guerre. Une pluie fine et mélancolique serrait le cœur de Rosetta. Ses pas la conduisaient à travers les rues de la Cité des Anges presque machinalement. Elle gardait la tête baissée, indifférente aux passants qui la bousculaient parfois, comme si elle ne les sentait pas et n’entendait pas les protestations de certains, les « Regarde où tu vas ! » ; elle serrait encore entre ses mains la lettre qu’elle avait reçu quelques semaines auparavant, un courrier officiel lui annonçant que son père avait été tué dans le Pacifique. Les larmes aux yeux, elle revoyait le jour fatal où un homme en uniforme était venu lui remettre cette lettre. Elle avait à peine entendu les paroles de sollicitude et les condoléances qu’il lui adressait, la voix lui semblait venir de si loin, comme adressée à une autre. La jeune fille ne pouvait croire qu’elle ne reverrait plus jamais son père. Il avait élevé tout seul et de son mieux la petite Rosetta. Il était garagiste et vivait avec sa petite fille dans un quartier irlandais pauvre. La fillette n’en avait pas moins eu une enfance heureuse mais elle avait connu la mélancolie de ceux qui n’ont plus de maman. A quatorze ans, la jeune fille avait dû quitter l’école. Elle avait trouvé une place chez une fleuriste. Le magasin venait de fermer. En tant qu’orpheline de guerre, Rosetta venait de recevoir une petite pension, mais rien qui lui permette de vivre décemment. « Nous avons toujours été très pauvre » se dit-elle tout en poursuivant son errance, les yeux baissés sur ses vêtements, mal fagotée dans une robe noire qu’elle avait fait elle-même sur la vieille machine à coudre qu’avait laissé sa mère. Il fallait cependant qu’elle trouve quelque chose, un moyen de subvenir à ses besoins. Elle était seule au monde désormais. « Je ne sais pas faire grand-chose mais je serais courageuse, je ferai bien ce qu’on me donnera à faire », se disait-elle, « Je ferai tout ce que l’on me demandera. » Ses pas la conduisirent devant un cinéma, sur un trottoir comme tant d’autres où se pressaient des hommes en uniforme. Rosetta leva les yeux pour regarder les affiches des films. En de rares occasions, elle était entrée dans le cinéma à côté du magasin de fleurs. Elle avait vu Tyrone Power et Linda Darnell sous ses yeux émerveillés et éblouis. « Il est si beau et elle si belle… » Elle regarda avec tristesse un couple d’amoureux qui entraient dans le cinéma ; « Mais moi, personne ne voudra de moi. » On lui disait parfois qu’elle était jolie, qu’elle ressemblait un peu à Linda Darnell que Rosetta trouvait si belle, mais la jeune fille ne se sentait pas attirante. Elle vit alors entrer dans le cinéma un autre couple, un mari et une femme accompagnés de leurs enfants. Rosetta s’enfuit en pleurant. Dans une fuite illusoire, sur un trottoir où se croisaient d’autres hommes en uniforme, Rosetta continua d’être bousculée par les passants. Elle manqua glisser, se rattrapant de justesse, du fait de ses mauvais souliers et d’un vieux journal qui traînait sur le sol. Elle le ramassa en même temps que son chapeau défraîchi. Elle lirait les nouvelles et regarderait les photographies des jolies filles qui remontaient le moral des troupes. Quelques instants plus tard, elle était assise sur un banc, dans un jardin, le journal sur les genoux. La manchette attira son attention : « Le Hollywood Hotel rouvre ses portes 13 ans après ! » Le journal était daté de quelques jours déjà, mais cela n’avait pas d’importance. « 13 ans après », cela faisait revenir à 1929, l’année du Jeudi noir, de la Récession. « 13 ans après », 13, comme un mauvais présage. Rosetta n’était jamais entrée dans un hôtel, elle ne savait pas que les treizièmes étages et les chambres n° 13 portaient toujours le n°12 bis. Ce « 13 ans après » avait quelque chose d’inquiétait, et pourtant la jeune fille n’y prêta pas attention. Elle n’ouvrit d’ailleurs pas le journal pour lire l’article, elle venait de penser à quelque chose : un hôtel venait de rouvrir ses portes, le patron devait avoir besoin de personnel. Sans doute du monde avait-il déjà été engagé, mais peut-être avait-on encore besoin de quelques personnes. Après des heures de marche à travers une ville immense dont la jeune fille ne connaissait que le quartier de son enfance et celui du magasin de fleurs, Rosetta parvint à quelques rues de sa destination. Elle avait demandé son chemin à maintes reprises, suscitant des haussements de sourcils : qu’est-ce qu’une fille d’allure si misérable espérait trouver à Beverly Hills ? Elle cherchait du travail, sans doute, mais elle avait bien piètre allure pour être employée dans un établissement comme le Hollywood Hotel ! Rosetta ne se faisait guère d’illusions, elle avait bien compris les regards quand elle demandait son chemin. Néanmoins, elle continuait à marcher, solitaire, vers ce lieu qui scellerait sa destinée. _________________  |
|  | | JUJU Esprit facetieux

Nombre de messages: 254 Age: 16 Localisation: Nantes Date d'inscription: 29/12/2005
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Sam 28 Oct - 8:58 | |
| Me revoilà après de longue absence ! Re-bonjours tous le mondes ! Bravos :Contess Roseta !tes "histoires"sont toujours magnifique ! Je t'en courage aussi a mettre "ton histoire" sur le forum tower of terror : http://www.tourdelaterreur-wds.frNous avons de petit problème avec aceboard en ce moment... Je t'encourage pour continuer en attendant impatiement la suite ! _________________  |
|  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | |  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Dim 29 Oct - 16:12 | |
| Chapitre 2 Rosetta était impressionnée par l’architecture du bâtiment qui lui faisait face. Non qu’il s’agisse de la première tour qu’elle ait l’occasion de voir ; au contraire, ce mode de construction vertical n’était en rien original dans une ville telle que Los Angeles. Ce qui différenciait cette tour de tout autre n’était ni sa hauteur, ni l’usage verre et d’acier. C’était avant tout une atmosphère. La jeune fille avait pour habitude de marcher sans guère lever les yeux au-delà du point d’horizon que constituait son regard, à sa hauteur. A mesure qu’elle marchait, elle avait quitté les rues aux constructions élevées pour se diriger peu à peu vers un vaste décor de villas et de résidences basses. Berverly Hills ne comptait pas de tours, c’était au contraire le royaume des demeures de plaisance, de taille humaine de par leur hauteur bien que demeurant par ailleurs inaccessibles, masquées derrière les grilles, les portails et la végétation de jardins magnifiques. Rosetta aurait dû la voir. Elle aurait dû voir de loin la tour du Hollywood Hotel vers laquelle ses pas se dirigeaient presque machinalement dans un quartier pourtant inconnu, avec cependant une pointe d’hésitation. Rosetta ne vit la tour qu’une fois à ses pieds, comme une masse sombre l’obligeait à lever les yeux vers un ciel dont elle ne percevait plus le soleil. Le souffle coupé, Rosetta contempla le bâtiment qui se dressait devant elle. La tour du Hollywood Hotel ne comportait que treize étages – treize, encore treize ! – elle était bien loin d’égaler les plus hauts gratte-ciels du pays. Cependant, outre sa présence unique dans un quartier de constructions horizontales, elle était le bâtiment le plus imposant et le plus écrasant que Rosetta ait jamais vu sans qu’elle s’en explique la raison. Cherchant dans ses souvenirs, elle trouva pourtant à se rassurer et à se convaincre d’entrer dans l’hôtel dans un moment où elle se demandait s’il ne valait pas mieux tourner les talons, s’enfuir, plutôt que d’entrer dans ce lieu pour lequel elle ressentait quelque chose d’inquiétant. Elle se souvint qu’enfant les hauts immeubles l’effraient un peu. La petite Rosetta avait vu au fil du temps construire plusieurs hauts bâtiments dès qu’elle sortait de son petit quartier irlandais fait de pauvres maisons. Lorsqu’elle vendait des fleurs, elle se rendait à la petite boutique par d’immenses rues et avenues brodées de tours. Il ne fallait pas en avoir peur, lui avait dit son père alors qu’elle n’avait que quatre ans et se cachait derrière lui pour passer devant un chantier sur lequel travaillaient des hommes du bâtiment. « Ils construisent une tour », lui avait-il dit. « Une tour, comme dans les contes de fées ? » - « Non, Rosetta, une tour comme ces immeubles que nous voyons pour aller au parc le dimanche. » - « Papa, j’ai peur des tours. » - « Il ne faut pas en avoir peur, elles ne peuvent pas tomber. » Le Hollywood Hotel n’en demeurait pas moins impressionnant aux yeux de la jeune fille. C’était un bâtiment de treize étages de couleur clair, édifié dans le plus pur style hispano-californien, ce qui ajoutait encore au contraste de sa taille avec son environnement. L’architecte l’avait voulu telle une hacienda mais en avait fait une tour comme s’il avait voulu utiliser les plans d’une ville d’Amérique du Nord pour sortir de terre une ville au Mexique. La couleur était chaude et accueillante, nouveau contraste avec ce sentiment d’écrasement qui avait paru étouffer Rosetta. La jeune fille remarqua deux choses en observant le bâtiment. Il fallut pour cela qu’elle prenne suffisamment de recul dans la rue pour qu’une distance nécessaire lui permette de le voir dans son ensemble, lui offre une vue entière de la façade. Tout d’abord, le nom n’était pas seulement « Hollywood Hotel » mais « Hollywood Tower Hotel », ce qui n’était point dit dans le journal mais n’avait, au fond, pas grande importance. Enfin, la jeune fille vit qu’il n’y avait point de porte. Elle se rendit compte que cette façade n’était qu’une partie du bâtiment, qu’il fallait le contourner pour entrer. Prenant une rue dont la tour faisait l’angle, Rosetta s’aperçut que l’hôtel était de construction nettement moins élevée à l’arrière, ressemblant davantage à l’horizontalité des haciendas tandis qu’à l’avant la tour composait une façade, comme une vitrine de l’architecture nord-américaine. Cependant, la tour n’était pas seulement une façade, elle était un édifice à part entière comme le montrait les nombreuses fenêtres de chambre percées de part en part de ses murs. Quoi qu’il en soit, Rosetta préférait l’arrière du bâtiment, plus à sa portée. Elle se sentait un peu plus à l’aise et n’hésita que quelques instants avant de pousser la jolie grille de fer forgée qui se présenta soudain devant elle. La jeune fille la referma avec soin derrière elle, dans le plus grand silence. Elle porta alors son attention sur le décor qui l’entourait. C’était un vaste jardin tropical agrémenté ça et là de bancs de fer forgé. Elle avançait en regardant autour d’elle de ses yeux noisette grands ouverts. Personne. Il fallait trouver l’entrée de l’hôtel, pas seulement celle du jardin. Elle aperçut un peu plus loin un long corridor de pierre destiné à offrir ombre et repos à la clientèle. Elle le suivit, marchant ainsi de longues minutes. La promenade serpentait le long du bâtiment, elle était comme un labyrinthe de pierre, dissimulant parfois banc, sculpture pré-colombienne, potiche de haute taille. Enfin, laissant derrière elle ce qui semblait vestige de hacienda, Rosetta poussa une porte décorée avec soin : elle entrait dans les salons de l’hôtel. Ce fut avec soulagement que la jeune fille vit que les salons n’étaient point déserts. De lourds bagages étaient entreposés dans un coin, l’écho d’une conversation animée lui parvenait du salon voisin et la fumée d’un cigare effleura son nez comme elle passa près d’un canapé dans lequel un homme lisait son journal. De plus, un employé se tenait derrière le comptoir de réception, déjà prêt à lui demander ce qu’elle faisait là dans sa robe défraîchie. Elle le devança en lui exposant les motifs de sa présence en s’appuyant au comptoir de bois massif. - Monsieur, s’il vous plait, je cherche un emploi, pourriez-vous m’aider ? Le réceptionniste lui jeta un regard de dédain. De son comptoir, il la détaillait de son mieux selon ce qu’il pouvait voir d’elle, alors que la jeune fille n’osait pas bouger, ni même briser le froid silence qui venait de s’installer entre eux, seulement brisé par les échos de conversation. Soudain, un petit sourire apparut sur le visage de l’homme. Elle n’était pas si lamentable que cela, cette petite, elle avait un joli visage et des traits fins. - Je crois que le patron sera disposé à vous recevoir, Miss. Il s’appelle Mr Farrell et je le préviens immédiatement de votre arrivée, ajouta-t-il en décrochant le combiné du téléphone situé devant lui. Le cœur battant, Rosetta attendait de savoir ce que Mr Farrell dirait. S’il refusait de la recevoir, elle n’aurait plus qu’à s’en aller sans plus d’espoir qu’auparavant, s’il la recevait, encore fallait-il qu’il accepte de lui donner du travail. Elle se balançait nerveusement d’une jambe sur l’autre, tandis que le réceptionniste disait au téléphone qu’il y avait là une jeune fille en quête d’un travail. Quelques minutes plus tard, Rosetta était conduite par un autre employé dans le bureau du directeur de l’hôtel. A peine était-elle entrée que la porte se refermait derrière elle, la laissant seule avec ce Mr Farrell qu’elle ne connaissait pas. Le bureau du directeur était une pièce immense qui comportait elle aussi des objets de style hispano-californien. La jeune fille n’en vit cependant qu’une partie, sans se douter qu’il y avait d’autres pièces à l’arrière. Un homme était assis derrière un bureau, dans un fauteuil de cuir. Il portait un costume sombre à fines rayures et fumait une cigarette, une de plus à en juger par le cendrier à demi plein posé près de lui. Au premier regard, Rosetta avait eu le temps de voir qu’il était séduisant et autoritaire, avant de baisser les yeux, intimidée par le regard perçant de l’homme qui la contemplait sans rien dire et la détaillait plus encore que le réceptionniste. Il ne lui proposa pas de s’asseoir, pour pouvoir mieux la regarder tout en soufflant la fumée de sa cigarette. Il voyait qu’elle était gênée de ce silence, qu’elle se tortillait un peu d’un pied sur l’autre. Elle avait besoin d’autres vêtements, mais elle était jolie. - Que savez-vous faire ? demanda-t-il soudain. Rosetta tressaillit légèrement. Elle fut également émue par le son de sa voix grave. - Je ne sais pas faire grand-chose, Monsieur. J’ai vendu des fleurs, mais… Farrell continuait de la regarder avec attention. De toute évidence, elle lui plaisait. - Allons, vous êtes une femme, vous savez faire le ménage, n’est-ce pas ? - Oui, Monsieur. - Bien. Je vous engage comme femme de ménage. Un hôtel comme le mien a beaucoup de chambres, vous ne serez pas de trop. Vous vous occuperez du treizième étage, j’espère que vous n’êtes pas superstitieuse. Rosetta fit non de la tête. Le directeur prit un gros trousseau de clés dans l’un des tiroirs de son bureau. - Les clés du treizième étage. Les chambres viennent d’être refaites, elles sont comme neuves mais nous n’y avons encore mis aucun client. Les premiers devraient arriver demain, vous pourrez commencer votre travail. Les autres filles seront contentes de ne pas avoir besoin de se répartir les chambres de cet étage. Farrell agitait les clés devant Rosetta. - Mais faites attention : l’une d’entre elles ouvre une porte que vous ne devrez jamais ouvrir, ajouta-t-il, d’une voix lourde de menaces. _________________  |
|  | | casper Visiteur craintif
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Dim 29 Oct - 18:07 | |
| Quel suspense ! Que se cache t-il derrière cette porte ?? Il me tarde de le savoir ! |
|  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Dim 29 Oct - 20:14 | |
| Merci, Casper !  Encore un peu de patience pour savoir ce qu'il y a derrière la porte ! Chapitre 3 Quelques semaines vinrent à passer. Rosetta se rendait chaque matin, au moyen de plusieurs autobus, au Hollywood Hotel pour nettoyer pendant des heures toutes les chambres du treizième étage. Elle devait se lever aux aurores et il lui fallait beaucoup de temps pour rejoindre Beverly Hills, de même que pour en repartir. La fin du trajet se faisait à pieds, si bien que, de retour chez elle, la jeune fille se laissait tomber sur son lit, après en avoir fait tant d’autres autrement plus moelleux et confortable que le sien au cours de la journée. Les premiers jours, surtout, furent difficiles. Le lendemain de son entretien avec Mr Farrell, elle eut une peur terrible, celle d’être en retard. Elle n’avait pas pensé à tout le temps qu’il fallait pour rejoindre le Hollywood Hotel. Par chance, elle arriva à temps et ne fut point réprimandée. Elle pensait à Mr Farrell qui, après lui avoir montrée le trousseau des clés du treizième étage, lui avait posée toutes sortes de questions pour en consigner les réponses dans des papiers qu’il avait ensuite rangé dans une chemise en carton de couleur grise et soigneusement enfermée dans l’un des tiroirs du bureau évidemment fermé à clé ensuite. Il avait clos l’entretien en lui disant combien il lui donnerait par semaine pour ses services, puis en lui demandant de se présenter le lendemain matin auprès du réceptionniste. Ce fut, en effet, ce dernier qui l’accueillit le lendemain matin. Il lui remit le trousseau de clés ainsi qu’une tenue de soubrette parfaitement décente. Rosetta avait croisé dans l’un des ascenseurs de service d’autres filles vêtues comme elle, elle leur avait souries mais peu avait répondu. La jeune fille était restée seule entre le douzième et le treizième étage où elle s’était mise au travail. Chaque clé portait le numéro de la chambre à laquelle elle correspondait. Le trousseau était lourd, il y en avait beaucoup. Seule l’une d’entre elles, ainsi que Mr Farrell le lui avait dit, ne portait pas de numéro. Rosetta en était intriguée mais elle finissait par ne plus y songer, n’ayant point vu encore de porte qui ne soit elle-même marquée d’un numéro. La jeune fille faisait bien son travail. Elle était fatiguée le soir mais elle continuait le lendemain avec autant de cœur que la veille. Mr Farrell lui permettait de manger à sa fin, plus que le fonds des orphelins de guerre qui à lui seul n’aurait pu être suffisant. Elle commençait à s’habituer aux longs couloirs de l’hôtel et apprenait à se souvenir de l’emplacement des clés dans le trousseau pour ne pas chercher devant chaque porte quelle serait la bonne clé. Sa nature humble et docile la faisait s’effacer devant les clients lorsqu’elle en croisait dans les couloirs ou dans les salons qu’elle aidait aussi à nettoyer. Quelquefois, elle s’imaginait voir un jour Tyrone Power et Linda Darnell dans cet hôtel, la jeune actrice à laquelle, disait-on, Rosetta ressemblait un peu, au bras de cet acteur qu’elle admirait tant. Elle n’avait, jusque là, croisé aucune célébrité, du moins parmi celles qu’elle connaissait de nom ou en photographie, mais nombre de clients fortunés qui n’avaient pour elle nul regard. Les salons, spacieux et confortables, offraient à l’établissement le charme feutré du début du siècle. En effet, l’hôtel avait ouvert ses portes pour la première fois en 1929 mais les décorateurs avaient refusé de créer une décoration sur le thème du jazz pour se tourner vers la nostalgie désuète d’un intérieur bourgeois des années 1900, dans un décor de hacienda. La restauration de l’hôtel, treize ans après sa fermeture, avait redonné ses lettres de noblesse à cet intérieur en époussetant les tentures et en arrangeant meubles, tapis et bibelots de prix. Le décor choisi par les décorateurs avait été couronné de succès : en cette année de 1929, année de Récession après les années de la Prohibition, le retour à ce charme feutré était le bienvenu. En cette année 1942, année de guerre, Mr Farrell avait ainsi demandé à ce que le cadre d’origine soit conservé et remis en état. Rosetta aimait traverser les salons, ce qui lui était permis lorsque les clients ne s’y trouvaient point. Des banquettes de velours rouge habillaient de lourds tapis, un globe terrestre ornait l’un des angles du plus grand des salons tandis que le fumoir possédait pour ses murs de belles boiseries en contraste avec les murs de pierre d’inspiration hispano-californienne. Quelque chose, cependant, mettait la jeune fille mal à l’aise dans le dernier salon qu’elle traversait pour se rendre à l’ascenseur de service de ce côté-ci de l’hôtel. Elle passait une rangé d’arcades voûtées et se trouvait alors près d’une statue d’aigle aux ailes déployées dont le regard ne lui plaisait point. Il était placé sur une colonne qui avait l’air presque funéraire. Ce n’était point l’aigle de l’Amérique, au bouclier, poignée de flèches entre ses serres, rameau d’olivier dans l’autre, mais un aigle au regard étrange. « Regard », elle ne trouvait pas d’autre mot pour cela. Il la regardait, elle en était convaincue. Pour se rassurer, elle se disait alors que la guerre, dont elle entendait les nouvelles à la radio à l’heure du déjeuner, dans les cuisines de l’hôtel, la rendait suspicieuse, qu’elle s‘imaginait que cette statue la regardait de manière inquiétante et lui faisait peur parce que la radio avait parlé de l’aigle prussien. Elle ne voulait pas croire que quelque chose d’inanimé puisse être effrayant en lui-même et puisse être… maudit. Pourtant, l’aigle n’était pas le seul à la mettre mal à l’aise. Derrière cette statue étrange se trouvait une cheminée à tête tourmentée, comme un visage d’homme barbu à cornes de bouc. Au cours de ces semaines, Rosetta n’avait pas revu Mr Farrell une seule fois. Chaque samedi soir, on venait lui donner son salaire de la semaine sans qu’il se manifeste. Elle n’en entendait point parlé non plus, pas une seule fois avant un soir enfin où le réceptionniste vint lui demander de faire le ménage dans le bureau du patron. Elle répondit, surprise, qu’elle n’en avait point la clé. Il la lui donna. Rosetta trouva le bureau vide, elle préférait cela. Elle n’avait vu Mr Farrell qu’une fois et cependant elle y pensait sans cesse, à sa plus grande honte. Il l’avait transpercé de son regard autoritaire. En faisant le ménage, elle s’aperçut qu’il y avait d’autres pièces attenantes au bureau. Elle ne sut que faire, si elle devait les nettoyer aussi. Elle s’y rendit, et découvrit un petit appartement. - C’est moi qui vit ici, dit une voix grave dans son dos. La jeune fille sursauta et se retourna. Mr Farrell se tenait derrière elle, en costume rayé, cigarette à la main. En un tour de main, il retira sa veste et se présenta en chemise, avec la cravate et bretelles. - Pardonnez-moi, Monsieur, je ne vous ai pas entendu arriver. Je ne savais pas si je devais aussi faire le ménage ici. - Oui, vous pouvez. Je veux d’ailleurs que vous vous occupiez du ménage de mon bureau, désormais. - Oui, Monsieur. A quelle heure ? - Je travaille une grande partie de la nuit et je dors jusqu’en fin de matinée ici, sur ce canapé, précisa-t-il en désignant du doigt le canapé contre lequel Rosetta s’appuyait. Ensuite, je m’absente un peu avant de revenir en début de soirée. Je vous demande donc de venir ici à la fin de votre travail habituel, pour être sûre de ne pas être dérangée et pour que tout soit propre à mon retour. - Oui, Monsieur. Je… Ce canapé l’intriguait. - Vous vivez ici, mais vous n’avez pas de lit si vous dormez sur ce canapé ? Elle regretta aussitôt sa question, par ailleurs naïvement indiscrète, en entendant la réponse qu’il lui fit : - Je serai disposé à faire venir un lit lorsque j’aurai commencé une liaison avec vous. Rosetta regardait Mr Farrell, stupéfaite. Elle pensait avoir mal entendu. Elle le vit alors se pencher sur la table basse pour écraser sa cigarette dans le cendrier qui s’y trouvait, puis le regard étrange, il la saisit aux poignets. - Chut, ne criez pas… murmura-t-il pour faire taire d’avance un cri muet que son air apeuré laissait deviner. Farrell s’empara brusquement des lèvres de Rosetta, la faisant reculer jusqu’à la plaquer au mur. Il se serrait contre elle et poursuivait le baiser. Il la sentait se tortiller faiblement, il savait qu’elle se laisserait faire s’il insistait. - Chut… répéta-t-il avec autorité comme il laissait sa bouche. Elle essaya de se dégager un peu mais faiblement. Il la prit dans ses bras et la porta jusqu’au canapé sur lequel il la renversa. - Ne vous inquiétez pas, murmura-t-il, vous aimerez cela… Les bretelles pendaient le long de son pantalon rayé. Il ouvrit la robe se soubrette de Rosetta ; sa combinaison de nylon lui apparut, puis ses dessous. La voix grave de Farrell se faisait envoûtante, de plus en plus. Il avait le sentiment qu’elle était la compagne qu’il lui fallait, et qu’il en était de même pour elle. Rosetta était encore tout étonnée de se retrouver là, sur ce canapé avec cet homme, dans ses bras. Dans les bras de Mr Farrell. Elle sentait son corps réagir d’une manière qu’elle n’aurait jamais imaginé. Elle ne cherchait même pas à se refuser. Elle s’abandonnait entièrement entre ses bras. - Tout va très bien se passer… dit-il soudain en s’apercevant que Rosetta était vierge. L’instant d’après, elle poussa un gémissement plaintif, ne s’attendant pas à cela. - Chut, c’est fini…, l’entendit-elle murmurer. Il attendit que la douleur s’apaise avant de continuer. Rosetta se convulsa de plaisir entre ses bras. _________________  |
|  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Dim 29 Oct - 22:34 | |
| Chapitre 4 Alanguie sur le canapé, Rosetta regardait Mr Farrell rajuster ses bretelles. Elle attendait sagement qu’il lui adresse la parole, ne réalisant pas encore ce qu’elle lui avait permis. Il la regardait également ; elle était toujours dénudée. - Je vais m’habiller. Vous aussi, habillez-vous, je vous ramène en voiture. Sur ces mots, il prit sa veste et la boutonna. Il se mit à fumer le temps qu’elle se rhabille, sans se priver de la détailler de bas en haut une nouvelle fois. Quelques instants plus tard, Rosetta était assise à côté de lui, dans son automobile. Elle ne disait mot, elle n’avait encore prononcé nulle parole depuis que gémissements, cris et soupirs s’étaient tus. - Dites mon prénom : « Johnny », commanda soudain Mr Farrell alors qu’ils étaient arrêtés à un feu rouge. A nouveau intimidée, Rosetta prit une inspiration et « Johnny » franchit ses lèvres comme dans un souffle. - C’est bien. Tu es satisfaisante. Rosetta remarqua qu’il la tutoyait pour la première fois. Peu après, elle se retrouvait devant chez elle. Elle ne savait pas si elle devait lui proposer de rentrer un peu ou non, elle était gênée à l’idée d’être vue avec un homme dont elle ne savait même pas s’il était marié ou non. - Rosetta, je voudrais que tu loges à l’hôtel. La jeune femme ne savait pas s’il lui demandait cela parce qu’il trouvait sa maison trop pauvre ou s’il voulait seulement l’avoir sous la main même la nuit, même s’il lui avait dit qu’il travaillait la nuit – ce qui n’empêchait pas non plus de l’avoir sur le bureau à portée de main – elle n’avait plus toute sa tête pour réfléchir. Elle s’entendit à peine lui répondre « Merci, Johnny, je vais faire ma valise ». Dès le lendemain, Rosetta s’installait dans une petite chambre attenante à l’appartement de Farrell. Dans son dos, les employés de l’hôtel tenaient tous le même discours : « la petite est passée dans le bureau du patron ». A nouveau quelques semaines s’écoulèrent. Le mois de septembre était là à présent mais le temps était toujours au beau fixe. Un franc soleil continuait d’illuminer la Cité des Anges ; lorsque Rosetta faisait les chambres du treizième étage, une vue imprenable s’offrait à ses yeux émerveillés. Elle avait appris à ne plus avoir le vertige comme cela lui était arrivé au cours de ses premiers jours de travail et n’hésitait plus à regarder par la fenêtre. Elle continuait de loger dans la petite chambre que Farrell lui avait donnée. Elle le voyait rarement, si bien qu’elle parvint à oublier les terribles remords et la honte qu’elle ne put s’empêcher d’avoir au lendemain de leur première étreinte. Rosetta, en effet, s’était réveillée en larmes, honteuse d’avoir cédé, honteuse d’avoir couché. Elle avait même hésité à retourner à l’hôtel, mais elle avait besoin de l’argent que Mr Farrell lui donnait. Elle avait donc fait sa valise et avait accepté de rester la nuit. Elle craignait d’être contrainte à retourner dans son bureau le soir même pour les mêmes raisons, mais Farrell ne la fit pas appeler. Elle fut même plusieurs jours sans le voir. Depuis, elle s’était à nouveau retrouvée plusieurs fois dans son bureau, sur son canapé. Farrell n’avait toujours pas fait venir de lit. Elle ne le voyait plus à nouveau puis il la rappelait encore. Un jour de septembre, alors qu’elle terminait de faire les chambres du treizième étage, un éclat de rire attira son attention. Curieuse, elle resta dissimulée dans la chambre qu’elle finissait de nettoyer comme deux personnes passaient dans le couloir. « Tu vas voir comme ils ont bien arrangé la « salle de bal », entendit-elle, « ils n’ont pas lésiné, et la porte d’accès est bien dissimulée, tu peux me croire ! Aucun risque d’être pris ! Et une fois à l’intérieur… » Ces paroles intriguèrent la jeune femme tant et si bien que, la nuit venue, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Cette porte dissimulée, et s’il s’agissait de celle dont Mr Farrell lui avait interdit l’accès ? Elle ne l’avait encore jamais trouvée, et pourtant elle savait qu’elle était au treizième étage. Bien dissimulée… Et cet homme, dans le couloir, avait parlé de « salle de bal », c’était ainsi qu’il avait appelé cet endroit mystérieux. Rosetta aurait dû y penser plus tôt, un hôtel comme celui-ci devait bien avoir une salle de bal, or elle n’en avait encore jamais entendu parler : la salle de bal était-elle utilisée pour autre chose ? Mais pour quoi ? Elle n’osait pas demander où était-elle, peut-être n’était-elle pas supposée savoir qu’il y en avait une, ou tout du moins qu’il y en avait eu une. Et si elle allait voir ? Peut-être trouverait-elle la porte mystérieuse ! Après tout, si Mr Farrell lui avait confiée cette clé, c’était qu’il n’y avait rien de dangereux, sinon il l’aurait gardée et n’aurait point pris le risque de la laisser dans le trousseau ! Pourquoi voudrait-il éprouver sa loyauté ? Rosetta se leva donc, s’habilla et se dirigea vers l‘ascenseur de service, une lampe torche à la main, dans l’idée de trouver au treizième étage la porte mystérieuse. Pourtant peureuse de nature, elle était à ce moment-là si curieuse qu’elle ne pouvait s’empêcher d’aller voir maintenant qu’elle n’avait plus que cette idée en tête. Pour rejoindre l’ascenseur de service, Rosetta dut se rendre à la chaufferie de l’hôtel. Elle se glissa silencieusement parmi les tuyaux, les panneaux de contrôle couverts de boutons, les manettes et les chaudières. Elle passa devant l’endroit où se faisait le chargement de combustible avant d’arriver enfin devant les ascenseurs de service. Il y en avait deux, mais on lui avait dit de toujours utiliser celui de droite car celui de gauche n’avait pas encore été révisé en n’avait pas fonctionné depuis 1929. Elle poussa un soupir en voyant la pancarte « out of order ». Allait-elle prendre les escaliers et monter treize étages ? Il suffirait de devoir le faire au matin pour le ménage, en attendant la venue du réparateur qui était partie se coucher quelques instants auparavant, posant la pancarte dans l’idée de réparer au matin. Elle regarda alors l’ascenseur de gauche : il lui semblait en parfait état. Elle appuya sur le bouton, le panneau au-dessus de la porte s’alluma comme s’il était neuf et l’aiguille qui indiquait l’étage de l’extérieur se déplaça lentement jusqu’à s’arrêter sur le « B » de basement puisque la chaufferie se trouvait dans les sous-sols de l’hôtel. La jeune femme pensa qu’on s’était trompé, qu’il fonctionnait bien. Elle ouvrit la porte, tira la grille à peine rouillée, et monta. Elle appuya sur le bouton qui indiquait le 13. L’ascenseur montait lentement, gravissait les étages les uns après les autres dans un grincement sinistre. Rosetta commençait à avoir un peu peur, toute seule, en pleine nuit, dans ce vieil ascenseur de service contre lequel on l’avait mise en garde. Les grincements ne lui déplaisaient et elle se disait qu’elle devait être folle pour avoir eu l’idée d’y monter. Il lui tardait d’arriver au treizième et de voir la porte s’ouvrir. Elle trouvait le temps long, il lui semblait que celui de droite était plus rapide. Sans doute avait-il été amélioré lors des travaux de restauration, même si d’apparence il semblait dater de la même époque, de 1929. Au bout de longues minutes, l’ascenseur ralentit et s’immobilisa soudain. Rosetta pensa être arrivée. Elle repoussa la grille, ouvrit la porte et… bascula dans la quatrième dimension. Ce qu’elle voyait devant elle n’était en rien semblable à ce qu’elle attendait. C’était un couloir d’hôtel, certes, mais baigné dans une nuit étoilée, irréel, comme entre deux monde. Le sol était là, les portes des chambres également, mais elle ne voyait pas de toit, seulement les étoiles. Elle frissonna de peur, priant pour être dans un simple cauchemar et non toute seule, dans cet ascenseur lugubre, dans un endroit sans nom. Soudain, sous ses yeux, cinq formes se matérialisèrent au milieu du couloir. Cinq personnes, vêtues et coiffées comme dans les années 20, qui apparurent avant de disparaître tout aussi vite, si vite qu’elle se demanda si elle les avait bien vues. Un long frisson glacé lui parcourut l’échine, comme un doigt très froid qui monterait lentement le long de sa colonne vertébrale. Au fond du couloir où étaient les apparitions s’étaient matérialisées quelques secondes, la vitre d’une fenêtre se brisa soudain, arracha à la pauvre jeune femme terrorisée un faible cri. Alors qu’elle pensait s’évanouir, la porte de l’ascenseur se referma, la grille également, et quelques secondes plus tard Rosetta se retrouvait au treizième étage, le treizième étage qu’elle arpentait depuis deux mois et demi mais qu’elle découvrait plongé dans le noir pour la première fois. Rosetta n’osait pas avancer dans le couloir. Tout son corps tremblait comme une feuille, ses jambes semblaient de coton. Elle avança pourtant, se refusant à retourner à sa chambre par cet ascenseur. Elle devait traverser le couloir au moins pour prendre les escaliers, de service ou non. Descendre treize étages à pieds, même sur ses jambes prises de faiblesse, mais ne pas reprendre l’ascenseur ! L’un était hanté, l’autre hors service et quant aux ascenseurs des clients, plus beaux, plus grands et pourvus d’un liftier, c’était tout de même des ascenseurs et Rosetta ne voulait pas y monter de peur de retourner entre deux étages dans un endroit bizarre. Lorsque la porte s’ouvrirait, le liftier, qui travaillait toute la nuit, lui ferait peur, elle en était sûre ! De plus, elle voulait éviter qu’on la voie. Elle finit par se décider à avancer, cela lui permettait également de s’éloigner de cet affreux ascenseur. _________________  |
|  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Lun 30 Oct - 18:41 | |
| Chapitre 5 Comme Rosetta approchait des escaliers, des éclats de rire, comme ceux de l’après-midi, la firent sursauter. Elle aperçut les deux hommes et les suivit : après les émotions qu’elle venait d’avoir, elle pouvait bien essayer de savoir où ils allaient puisque c’était eux qui avait parlé de la salle de bal. Elle les suivit ainsi jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent devant la porte du local de maintenance en électricité. Elle comprit alors : c’était là la fameuse porte dont elle avait la clé mais interdiction d’ouvrir ! Elle passait devant tous les jours, mais n’avait jamais pensé qu’il puisse s’agir de cette porte, parce qu’il y avait écrit « local maintenance » dessus et qu’elle imaginait la porte mystérieuse dépourvue d’inscription ! La jeune femme n’en croyait pas ses yeux, que se passait-il derrière cette porte ? Elle se souvenait du ton lourd de menaces de Mr Farrell pour lui en interdire l’accès, mais une terrible curiosité la poussait en avant, à regarder « juste un peu » ce qu’il pouvait cacher. Pourtant non encore remise des émotions de l’ascenseur, elle ne voulait pas quitter le treizième étage avant d’avoir vu. Elle s’approcha donc à son tour, après avoir vu entrer les deux hommes. Le trousseau de clés tremblait dans sa petite main. Elle chercha, à l’aide de sa lampe torche, celle qu’elle n’avait pas le droit d’utiliser, la trouva enfin et ouvrit la porte qu’ils venaient de refermer après leur passage. C’était bien l’ancienne salle de bal de l’hôtel. Si Rosetta avait pu consulter les plans de 1929, elle eut vu que les chambres du treizième n’occupaient que la moitié de l’étage contrairement aux autres et que c’était sans doute pour cela que la jeune femme était seule pour y faire le ménage. Avec la nouvelle direction, la salle de bal avait changé de fonction. D’importants travaux avaient été entrepris et une entrée avait été creusée dans le local d’électricité. Rosetta avait sous les yeux une immense salle de jeux, un casino illégal où, de manière confidentielle, se pressaient des clients en smoking et robe du soir. Il y avait une effervescence, une animation que personne n’eut pu soupçonner dans la quiétude de l’hôtel endormi. Tout était parfaitement insonorisé. Les rires, les éclats de conversation, les bruits des roulettes, rien ne paraissait au-dehors. Rosetta était stupéfaite de tout ce qu’elle voyait, elle était comme transportée dans un autre établissement, comme si l’ascenseur hanté l’avait conduite dans un autre hôtel tant elle ne reconnaissait point celui où elle travaillait depuis deux mois et demi. Au fond de la salle de jeux se tenait un bar où allaient et venaient des serveuses à jupe très courte et des « dames de compagnie » étaient perchées sur les hauts tabourets avec les clients. Alors que Rosetta, effrayée, allait s’en aller en espérant ne pas avoir été vue, une main puissante se referma sur son bras et une voix s’écria derrière son dos « Elle est là, patron, je l’ai trouvée ! » Muette de peur, Rosetta pivota sur ses talons dans l’espace étroit que lui permettait l’homme qui la tenait. Elle ne le connaissait pas, elle ne l’avait jamais vu. Elle n’aurait point oublié cette mine patibulaire, ce regard sinistre. Derrière lui, Mr Farrell avait le visage fermé, l’air plus sévère que jamais. Il était en costume rayé et Rosetta se souvint qu’il lui avait dit travailler une partie de la nuit, ce qu’il confirma. - Je t’ai entendue quitter ta chambre. Je savais qu’un jour tu céderais à la curiosité, ajoura-t-il en tirant une bouffée de sa cigarette. « Pourquoi m’a-il donnée cette clé, pourquoi ? » se demandait-elle, les idées embrouillées, « Voulait-il que je vois, que je sache ? Je ne comprends rien. » Elle n’entendait même plus le brouhaha du casino illégal, seulement la voix de Mr Farrell s’adressant à son homme de main : - Emmène-la dans mon bureau. Contrainte de suivre les deux hommes, Rosetta oublia sa toute nouvelle peur des ascenseurs. Ils prirent celui des clients. Le liftier ne parut pas le moins du monde surprit de voir Rosetta entourée du patron et de son homme de main. La jeune femme crut sa dernière heure arrivée en entrant dans le bureau, persuadée que Mr Farrell la ferait taire, l’empêcherait de dire à quiconque que son hôtel renfermait un casino illégal et peut-être même, qui sait, de la prostitution de luxe. Elle ne s’attendait pas un seul instant à ce qu’il s’apprêtait à lui dire. L’homme de main l’avait fait asseoir et se tenait debout derrière elle. Elle ne savait pas s’il était armé ou non, pour l’instant il ne tenait aucune arme à la main, mais elle savait que si elle essayait de s’échapper, ce qui paraissait impossible, il l’assommerait très facilement. Mr Farrell s’installa dans son fauteuil de cuir, comme si de rien n’était, les pieds négligemment posés sur le bureau entre le téléphone et le cendrier. Il continua de fumer en silence, avant de prendre la parole face à une Rosetta terrifiée. - Le lit arrive demain. La jeune femme luttait pour ne pas perdre connaissance. Il allait la tuer, c’était certain. Pourquoi lui parlait-il de lit ? - Tu m’as demandée pourquoi il n’y avait pas de lit ici, reprit tranquillement Farrell, je t’ai répondu que j’en ferai venir un quand j’aurai commencé une liaison avec toi. Je sais que ça fait plusieurs semaines déjà, mais mieux vaut tard que jamais. Le lit arrive demain, c’est-à-dire dans quelques heures maintenant. Je ne veux pas que ma femme soit privée de confort. - « Ma… ma…ma… » articula faiblement Rosetta. - Tu as parfaitement entendu : « ma femme » ! J’ai l’intention de te conduire au bureau des mariages et le plus tôt sera le mieux. A l’ouverture, dans quelques heures. Je t’ai trouvée un tailleur, c’était prévu : je n’attendais qu’une chose, que tu ailles enfin ouvrir cette porte. La jeune femme se croyait plongée dans un conte tant le comportement de Mr Farrell était étrange et imprévisible. Il avait tout fait pour susciter sa curiosité avec les clés et maintenant qu’elle avait cédé, elle pouvait devenir sa femme ? Rosetta avait perdu connaissance. Elle n’avait rien trouvé à dire après que Mr Farrell lui ait ordonnée de l’épouser. Elle pensait qu’il allait demander à son homme de main de lui régler son compte, mais elle était loin d’imaginer qu’il préférait l’obliger à rester vivre à l’hôtel, par la menace, par le mariage. Cela faisait environ deux heures qu’elle était revenue à elle. L’homme de main l’avait étendue sur le canapé, à l’arrière du bureau. Elle avait entendu Mr Farrell dire : « Dors, maintenant » mais elle n’était toujours pas parvenu à trouver le sommeil. Elle voulait comprendre pourquoi ce mariage « persuasif ». « Parce que je t’aime » avait répondu Mr Farrell lorsqu’elle lui avait posé la question. Ce n’était pas faux, il l’avait désirée comme compagne dès le premier jour. Il n’avait pas pensé cependant à l’épouser, pourquoi s’enchaîner à la même femme ? Mais il avait changé d’avis. Il sentait que c’était elle qu’il lui fallait. Il pensait sincèrement l’aimer, à sa manière, et ne lui mentait pas en lui disant cela. Il n’oubliait pas non plus une raison des plus intéressées qui l’incitait à l’épouser rapidement au lieu de se demander si elle serait sa femme ou bien s’il se contenterait qu’elle soit sa compagne : en l’épousant, il lui enlevait toute possibilité de témoigner contre lui devant un tribunal parce qu’il serait son mari. Il garderait un témoin de ses activités sous contrôle pour toujours. Certes, si son témoignage ne pourrait être recevable elle pouvait tout de même attirer l’attention d’enquêteurs si elle parlait, mais il savait qu’elle ne parlerait pas. Il savait avoir assez d’influence sur elle. S’il la laissait aller, il faudrait la menacer et il y avait toujours le risque qu’elle finisse par parler en dépit de la peur qu’elle aurait de lui. S’il devenait son mari, elle ne parlerait pas. - Elle ne dort pas, vint lui dire son homme de main. La silhouette de Mr Farrell se détachait dans l’ombre, près du canapé. Rosetta le regardait d’un petit air craintif. - Il faut que tu dormes, Rosetta. Tu te maries demain, je veux que tu me fasses honneur. - Je n’arrive pas à dormir, Mr Farrell. - « Johnny », Rosetta, ne l’oublie pas. Rosy chérie… - « Johnny »… Je n’arrive pas à dormir, Johnny. - Alors je vais te donner des somnifères. Juste un peu, cela te fera le plus grand bien, ajouta-t-il comme elle protestait faiblement. Quelques instants après, Farrell déposa des comprimés dans sa main et lui tendit une grand verre d’eau. - Pour prendre tes cachets. Il s’assit à son chevet et contempla sa future épouse profondément endormie une heure durant, puis il alla se coucher dans la chambre qu’il lui avait donnée au début de leur liaison. _________________  |
|  | | casper Visiteur craintif
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 27/10/2006
 | Sujet: Re: "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] Lun 30 Oct - 20:45 | |
| Et bien que de rebondissements ! J'ai très envie de connaître la suite !  |
|  | | Comtesse Rosetta 1000ème fantôme ?

Nombre de messages: 1068 Age: 29 Date d'inscription: 31/03/2005
 | |  | | | | "The Hollywood Hotel Mysteries" [Tower of Terror] | |
|
| Page 1 sur 4 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|