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 Nouvelle nouvelle : The Shinning

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Maggie Simpson
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 17 Juin - 12:54

spider a écrit:
Ouhh le suspense de la dernière phrase !
J'ai hâte, hâte, hâte ! Very Happy


Avec une mise en page normale (comme dans un vrai livre), cette phrase serait perdue au milieu de tant d'autres... puisque le chapitre 10 n'est pas terminé.


suite du chapitre 10



Jack fut surpris par Wendy.

- Alors, qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle.

Jack sursauta. Il se tourna vers sa femme, qui était descendue.

- Tu m’espionnes ? demanda-t-il, sur la défensive.
- Bien sûr que non. Ca fait une demi-heure que tu es là, on va bientôt descendre en ville.

Jack se détendit. Il ferma le classeur et l’agita sous le nez de Wendy. rien de bien intéressant là-dedans, des vieux papiers. Il avait l’air d’un gosse qui cherchait à dissimuler une bêtise. Wendy n’aimait pas particulièrement quand il se comportait ainsi. Il le faisait souvent après ses virées nocturnes et fortement alcoolisées. Paradoxalement, alors que Jack pouvait être assez gamin, cela n’arrivait jamais à Danny.

Jack reposa le classeur sur l’étagère.

- Qui l’a mis ici ? se demandait-il. Cet imbécile d’Ullman ? Watson ?
- Tu as mis en route la chaudière ? demanda Wendy. Elle doit être chaude pour cette nuit.

Jack cligna des yeux comme pour se réveiller. Il prit un sourire dément et s’approcha par derrière de sa femme. Il lui toucha les fesses.

- Voui, dit-il hilare, elle sera chaude ce soir.
- Attention, ça peut faire mal, répondit Wendy tout aussi hilare.
- Tu oublies que je suis le roi du chauffage.
- Tu n’oublieras pas de lever le levier…
- Et je sens que tu vas m’aider…

Les deux s’embrassèrent goulûment, comme des collégiens. Jack mit en route la chaudière. Une légère secousse ébranla la machine, puis un son mécanique et répétitif, comme celui d’une locomotive, provint de l’intérieur.
Jack et Wendy se regardèrent de surprise. Enfin, un bruit normal de chaudière se fit entendre. Ils remontèrent dans la cuisine main dans la main.

Danny les attendait dans le grand escalier, prêt à quitter le manoir pour rejoindre la civilisation.

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Maggie Simpson
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 18 Juin - 19:54

Chapitre 10 : conversation avec Ullman


La bibliothèque municipale tenait dans un bâtiment fait de briques et de bois, qui devait dater du début du siècle. La collection de vieux journaux comprenait le Sidewinder Shopper et un quotidien de Boulder. Jack opta pour le Sidewinder Shopper, qui lui avait déjà ouvert la voie. Tous les journaux étaient microfilmés, ce que lui avait annoncé la bibliothécaire avec une pointe de fierté.

En revanche, la lentille de la visionneuse de microfilms était faussée. Jack eut beaucoup de mal à lire les articles. Au bout de quarante-cinq minutes, il avait mal à la tête, comme au lendemain d’une soirée trop alcoolisée.

Wendy était entrée dans la pièce pendant que Jack cherchait un article qui pouvait le renseigner sur la période 1900-1910. Elle posa la main sur l’épaule de son mari.

- Nous avons fini, dit-elle lentement. Danny est allé jouer au parc. Il commence à faire froid. Tu auras fini quand ?
- Dans dix minutes, répondit Jack. Peut-être moins si tu arrêtais de m’emmerder quand je travaille, pensa-t-il.

Il avait déjà reconstitué toute l’histoire du manoir, depuis sa construction en 1848 jusqu’à l’arrivé d’Ullman et de Shockley.

- Que fais-tu ici ? demanda Wendy, intriguée.
- Je me documente sur le passé du manoir, répondit Wendy.
- Sans but particulier ?
- Sans but particulier. D’ailleurs qu’est-ce que ça peut te foutre, marmonna-t-il. Comme ça, pour en savoir plus sur le lieu où nous vivons, reprit-il.
- Tu as trouvé des choses intéressantes ?
- Non, pas vraiment. Des anecdotes sans liens entre elles, sans aucun intérêt non plus.

Wendy commençait à lui taper sur les nerfs avec ses questions idiotes. Il faisait ce qu’il voulait, il n’avait pas besoin qu’elle surveille tout. Depuis Stovington, elle l’espionnait, voulait tout savoir. Elle l’avait poussé à bout, et même poussé à boire. Parfois, il avait envie de la frapper, juste pour la punir, pour lui faire comprendre qu’il était libre, pour qu’elle arrête de l’emmerder. Et ce mal de crâne qui empirait, grâce à cette visionneuse et à sa lentille faussée. Cette garce de bibliothécaire ferait moins la fière si elle devait utiliser la visionneuse pour lire des rogntudjuu de microfilms.

- Tu vas bien, Jack ? demanda Wendy sur un ton maternel. Tu es pâle, tu transpires.
- Je vais bien, dit Jack en laissant clairement transparaître son énervement.
- Dans ce cas, … je vais… rejoindre Danny, balbutia-t-elle.
- Très bonne idée, c’est ça, répondit Jack.

Wendy sembla hésiter un instant, puis se retourna et quitta la pièce. Au moment où elle gravissait la première marche, Jack la rappela. Il s’était calmé en voyant le derrière de sa femme onduler dans son jean serré quand elle marchait.

- Je suis désolé, chérie. Non, ça ne va pas. La lentille est faussée, j’ai mal au crâne, as-tu de l’aspirine ?

Wendy revint sur ses pas, soulagée, et le sourire aux lèvres.

- Bien sûr, chéri, dit-elle en fouillant dans son sac.

Elle lui tendit un tube d’Anacin.

- Prends tout, ajouta-t-elle.
- Pas d’Excedrin ? demanda Jack.

Le sourire de Wendy s’effaça, son visage se crispa. L’Excedrin était, selon jack, le seul médicament vendu sans ordonnance qui pouvait mettre fin à la gueule de bois. Il en avait utilisé quotidiennement, ou presque, pendant les derniers mois à Stovington.

- Non, désolée, dit Wendy.
- Ca ne fait rien, répondit Jack en saisissant le tube.

Justement, ça ne ferait rien. Et elle devrait le savoir, cette idiote.

- Tu veux de l’eau, demanda Wendy.
- Et voilà, ça recommence, pensa Jack. Je prendrai de l’eau au distributeur en remontant, chérie, dit-il en contenant son exaspération.
- D’accord.

Wendy s’éloigna. Jack glissa le tube d’Anacin dans sa poche et éteint la visionneuse. Quel mal de tête elle avait pu lui donner ! Un ou deux verres lui feraient du bien…

Jack sortit de la bibliothèque et se dirigea vers la pharmacie en face. Le vent s’était mis à souffler, un vent froid qui annonçait l’hiver. Les nuages gris s’accumulaient dans le ciel. Il était presque sûr qu’il allait neiger avant la nuit. Il prit deux boîtes d’Excedrin, paya et se dirigea vers la cabine téléphonique la plus proche.

Jack glissa quelques pièces dans la fente et décrocha le combiné. Ullman avait laissé sur son bureau un numéro de téléphone pour le contacter pendant l’hiver, en cas de problème. Jack composa le numéro. Il prit un comprimé d’Excedrin. Une charmante voix féminine l’accueillit.

- Disney’s Grand Floridian Resort, bonjour.
- Alors comme ça cet imbécile travaille chez Disney ? pensa Jack. J’aimerais parler à M. Ullman, de la part de Jack Torrance, s’il-vous-plaît-merci-bien.
- Très bien, je vous mets en contact.

Une petite musique joyeuse se fit entendre. Quelques secondes plus tard, Ullman prit la parole.

- Torrance, il y a un problème ?
- Tout va bien répondit Jack. Je n’ai pas tué ma femme, la chaudière n’a pas explosé.
- Dans ce cas, pourquoi me téléphonez-vous ? demanda Ullman, visiblement pressé. je suis très occupé, ici, nous…
- Oui, je sais, je vous téléphone au sujet de certains détails de l’histoire du manoir dont vous avez sans doute oublié de me faire part. Des détails qui pourraient ne pas être jugé dignes de figurer dans le guide touristique du prestigieux manoir Ravenswood et de son village de vacances. Tous ces meurtres. L’histoire du manoir est tâchée de sang.
- Je ne vois pas le rapport avec votre travail, M. Torrance, rétorqua Ullman.
- Et je n’ai pas parlé de la mafia qui l’avait acheté dans les années quarante pour en faire un bordel de haute renommée…
- Tout cela est terminé, M. Torrance. Nous repartons sur des bases saines.

Jack glissa quelques pièces dans la fente. Il croqua un autre comprimé d’Excedrin.

- J’estime que non, ce n’est pas terminé pour moi. Que diraient les familles qui découvriraient que leur lieu de vacances favori fut tour à tour le domicile d’un cinglé mégalomane, de voleurs qui s’en servaient comme cachette, de gangsters qui avait aussi remarqué l’emplacement idéal du manoir pour diverses activités, et j’en passe ?
- Tous ces incidents sont oubliés, je vous l’ai dis. Vous voulez nous faire chanter, M. Torrance ?
- Non, je vous téléphone pour vous dire que vous n’avez pas été franc avec moi, et même avec toute ma famille.
- Toutes ces affaires ne vous concernent pas, vous n’êtes que le gardien. Vous devez vous assurer que la chaudière n’explose pas où que les conduites ne gèlent pas, c’est tout. Ce qui se passe dans le manoir ne vous
regarde pas.
- Vous avez fouiné mon passé avant de me donner le poste, avec tous ses aspects peu reluisants. Vous m’avez fait subir un interrogatoire, vous m’avez humilié.
- Je vous trouve insolent, M. Torrance. quel culot ! Vous mordez la main qui vous nourrit ! Je devrais vous virer, je n’aurais même pas dû vous prendre.
- Je crois que M. Shockley s’opposerait à mon départ.
- M. Shockley sait ce qui est bon pour lui.

Jack croqua son troisième comprimé d’Excedrin. Le mal de tête était lancinant.

- Qui possède le manoir et toute la ville, à présent ? reprit Jack, de plus en plus irrité. Les journaux locaux parlent de mafieux.
- Vous n’êtes qu’un employé, M. Torrance, du menu fretin. Vous n’avez pas à le savoir.
- Al le saura. Je lui téléphonerai et il me dira tout.
- Très bien, je vous assure que la mafia n’est pas propriétaire. Des gens de la côte est, M. Shockley et moi-même. Si Shockley est lié au milieu, vous êtes mieux placé que moi pour le savoir.
- Qui sont ces gens de la côte est ?
- Je ne vous le dirai pas, je vais soumettre cette affaire au conseil d’administration et …
- Je vais écrire un livre sur le manoir, combler les blancs dans son histoire. Je saurai tout et je dirai tout. Les meurtres, les mœurs douteuses des propriétaires…
- Ce n’est pas prudent.
- Je savais que ce projet ne vous emballerait pas.

Pour la première fois depuis longtemps, Jack avait les idées claires. Un effet de l’Excedrin. Son mal de tête avait totalement disparu. Il poursuivit.

- Vous aimeriez une histoire lisse, belle pour le manoir. Mais ce n’est pas possible, trop de morts.
- J’aimerais tellement vous virer, M. Torrance, mais ça me causerait aussi des problèmes. Je vais consulter M. Shockley, que je vais appeler dès que vous aurez raccroché.
- Tout dans le livre sera véridique. Rien de faux.
- Je ne veux plus de vous dans mon manoir, hurla Ullman, dont les nerfs avaient craqué.
- Ce n’est pas votre manoir, dit Jack.

Puis il raccrocha violemment. Il avait réussi à rester relativement calme tout au long de la conversation. Mais il réfléchit à ce qu’il venait de faire. Il allait peut-être perdre son job, gâcher sa dernière chance. Al ne pourrait peut-être pas le sauver cette fois. Jack avait envie de boire. Boire pour oublier cette conversation. Boire pour oublier son erreur. Il aurait du téléphoner à Watson, qui semblait aussi au courant. Son numéro était certainement dans le bureau d’Ullman. Mais le mal était fait.

Il prit un autre Excedrin en quittant la cabine. Il n’avait pas oublié son goût amer. Danny et Wendy arrivaient dans la rue.

- On vient te chercher, dit-elle. Il commence à neiger.
- En effet, répondit Jack.
- Tu penses que c’est pour de bon, cette fois-ci ?
- Je crois que non, il doit nous rester encore une semaine.
- Comment va ta tête ?
- Mieux. rentrons avant que la route ne soit trop glissante.

En s’asseyant au volant de la camionnette, Jack réfléchit. Il était fasciné par le Ravenswood Manor, mais ne l’aimait guère. Il n’était pas sûr que cet endroit leur fît du bien. Un moment, il espéra être renvoyé, pour quitter le manoir, avant qu’il ne soit trop tard. Il démarra le moteur, fit marche arrière et prit la direction de Thunder Mesa.

Comme prévu, Al appela dans la soirée. La ligne était moyenne. Heureusement, c’est jack qui avait décroché. Il s’était tenu près à bondir vers le bureau d’Ullman à la première sonnerie.

- Jack, qu’est-ce qui t’a pris ? demanda Shockley d’entrée de jeu.
- Salut, Al, répondit mollement Jack, comme si rien ne s’était passé.
- Qu’est-ce qui t’a pris ? répéta Shockley Ullman m’a contacté, il était furieux après toi. Furieux et inquiet.
- Il ne devrait être ni l’un, ni l’autre. Toi non plus, d’ailleurs.
- Qu’est-ce que tu lui as raconté ? Il m’a parlé de chantage, avec la publication d’un livre.
- Je voulais l’asticoter un peu. Il a remué toutes mes vieilles histoires par dévotion au manoir. Le prestigieux Ravenswood Manor. J’ai trouvé dans la cave des articles peu glorieux sur le manoir…
- Je connais l’histoire de Thunder Mesa, dit froidement Al.
- Je lui ai téléphoné pour lui envoyer tout ça à la figure. Si c’était à refaire, je ne le ferais pas, crois-moi. Ce n’était pas très malin. Je lui ai seulement dit que j’allais écrire un livre. L’histoire du manoir. Son histoire complexe, où on voit la fièvre de l’or au XIXème siècle, la crise des années 30, et la décadence des riches après la guerre. Ce manoir reflète parfaitement l’évolution du pays depuis 150 ans ! Mais c’est pour plus tard, je dois…
- Non, Jack.
- Comment ça ?
- Je ne tiens pas à ce qu’on souille la mémoire de ma nouvelle acquisition. Ton « plus tard » veut dire 5 ans au maximum. Mais il faudrait que ce soit 30 ou 40 ans selon moi.

Jack resta muet. Tout le monde était contre lui.

- Je t’ai aidé car je me sens responsable. Tu te souviens de nos virées ?
- Bien sûr, répondit jack le cœur serré.

Il reprit un Excedrin.

- Tu allais être titularisé à Stovington grâce à mon appui, mais tu as gâché tes chances. cette fois, je te trouve une place tranquille dans un hôtel, où tu peux finir ta pièce et te reposer, pendant que moi je convaincs ces idiots du lycée de te reprendre. Et c’est comme ça que tu me remercies ?
- Non, répondit jack, penaud.

Il n’allait pas tout risquer pour écrire un livre. Il ne pouvait pas laisser passer sa dernière chance. Et si ce n’était pas pour lui, au moins pour Wendy et Danny.

- Est-ce que je suis renvoyé ? demanda Jack, pour revenir à l’essentiel.
- Non, à deux conditions.
- Je les accepte, pour Wendy et Danny.
- En cas de problème, ne téléphone pas à Ullman. Téléphone plutôt à Watson.
- C’est entendu.
- Et pas de livre sur le manoir.
- D’accord, Al.
- Très bien, Jack.
- Al ?
- Oui ?
- Les propriétaires sont-ils tous des gens biens ? Pas de mafieux ?
- Cela ne te regarde pas, Jack.
- Tu as raison, Al. Bon, on se revoit au printemps ?
- Bien sûr. A part ça, vous allez bien ? Tu ne bois plus ?

Jack prit deux Excedrin d’un coup.

- Non.
- Moi non plus.
- Salut, Al.
- Salut.

Jack raccrocha. Wendy demanda depuis la cuisine :

- Qui c’était ?
- Al, comme ça, pour voir si tout allait bien.




Serait-ce le plus long message jamais écrit sur le forum (5 pages A4 cheers ) ?

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Harrison Hightower
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 19 Juin - 13:39

Felicitations Maggie Simpson, ton récit est très passionant, j'attends la suite avec impatiente !
Citation:
Seymour Chalmers

Un mélange entre principal Seymour Skinner et l'inspecteur Chalmers naturellement Mr. Green. Et quand tu décris la rencontre de Jack et Wendy à l'université ça me fait penser a l'épisode des Simpsons avec la rencontre de Marge et Homer à l'université également dans un club de débat... j'ai beau chercher mais je ne sais pas c'est quel épisode, si tu le sais peux-tu me le dire ? Merci, d'avance.

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Maggie Simpson
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 19 Juin - 20:03

gentlemanlupin a écrit:
Felicitations Maggie Simpson, ton récit est très passionant, j'attends la suite avec impatiente !


Pas autant que moi... un chapitre à écrire ce soir, très important, le premier où c'est qui se passe quelque chose. Et plus qu'une semaine pour adapter une bonne moitié du film et du livre...

gentlemanlupin a écrit:
Citation:
Seymour Chalmers

Un mélange entre principal Seymour Skinner et l'inspecteur Chalmers naturellement Mr. Green.


Aucune imagination concernat les noms. Je puise dans les trucs que je connais le mieux.

gentlemanlupin a écrit:
Et quand tu décris la rencontre de Jack et Wendy à l'université ça me fait penser a l'épisode des Simpsons avec la rencontre de Marge et Homer à l'université également dans un club de débat... j'ai beau chercher mais je ne sais pas c'est quel épisode, si tu le sais peux-tu me le dire ? Merci, d'avance.


Je ne me souviens même plus de la rencontre Jack-Wendy. En même temps on s'en fout (avouez-le, les 10 premiers chapitres ne racontent rien d'intéressant). De plus, je ne lis pas mes oeuvres, donc c'est normal que je m'en souvienne pas.

La rencontre Homer-Marge ? Saison 2, Il était une Fois Homer et Marge.




Chapitre 11 : Boot Hill


Un jour, Jack aura sa revanche. Il ne serait plus à la botte d’Al. Il écrira son livre, dans deux ans peut-être. Les nerfs tendus, il ne parvenait pas à dormir. Il gardait les yeux ouverts dans la nuit. Perdu dans ses pensées, il s’endormit.

Wendy s’inquiétait pour Jack. Elle fermait les yeux mais ne parvenait pas à s’endormie. Elle craignait pour Jack. Tous les symptômes de l’alcoolisme de Jack remontaient à la surface, même si ce dernier essayait de le cacher. Heureusement, Jack ne s’était pas remis à boire. Wendy avait vu la tablette d’Excedrin près du téléphone. De plus, Jack était – ou plutôt paraissait – sans cesse de bonne humeur. Il aurait dû se mettre en colère, pour faire retomber la pression.

Pendant le coup de téléphone d’Al, Danny avait arrêté de jouer. Il semblait écouter la conversation. Mais il était dans la salle de bal, à l’autre bout de la maison. Depuis leur arrivée ici, Danny était moins joyeux, moins guilleret. Jack avait mis ça sur le compte de l’air de la montagne, mais Wendy sentait que Danny ne se plaisait pas à Thunder Mesa. Par conséquent, Wendy non plus. Elle s’endormit en pensant à la neige de son enfance.

Danny ne dormait pas non plus. Le vent soufflait à présent. Tout se gâtait depuis leur arrivée au manoir. Jack songeait à se remettre à boire. Il contenait trop sa colère contre Wendy. Wendy s’inquiétait aussi. Danny sentait quelque chose de mauvais dans le manoir, et sa mère le savait. Mais ni l’un ni l’autre n’en parlait. Ils savaient que cette grande bâtisse grinçante était la dernière chance de Jack.

Au début, tout allait bien. Mais depuis que Jack avait découvert les papiers dans la cave, il avait commencé à perdre pied. Danny essayait d’appeler Tony pour en savoir plus sur le danger qui planait sur eux. Il devait savoir. Bientôt, la neige les bloquerait ici au moins quatre mois. Il finit par s’endormir, bien après ses parents.

Deux jours s’écoulèrent sans encombre. Danny jouait au premier étage, Wendy lisait et s’occupait des tâches ménagères, et Jack travaillait sur sa pièce dans la salle de bal. Il était 21 heures passées, et Jack n’était pas venu dîner. Danny dormait déjà dans la chambre. Wendy prépara des sandwichs, les posa sur un plateau et les apporta à Jack.

Le bruit de la machine à écrire s’était tu. Elle entra doucement. Jack avait la tête entre ses mains et semblait réfléchir. Elle s’approcha doucement de la grande table et posa le plateau à côté de Jack. Le bruit le fit sursauter. Il fixa sa femme.

- Je t’ai apporté des sandwichs, comme tu n’es pas venu dîner, dit-elle en se forçant à sourire.
- Wendy, souffla Jack après un soupir. Nous allons fixer quelques règles. Quand tu m’entendras taper (il prit un air débile et tapa au hasard sur des touches de la machine à écrire), où que tu ne m’entendes pas taper, quoique que tu entendes, quand je suis ici, c’est que je travaille.

L’énervement de Jack était de plus en plus palpable. Il criait presque.

- Et quand je travaille, reprit-il, je ne veux surtout pas être dérangé.
- Bien, chéri, répondit Wendy, toute timorée.
- Cette règle s’applique dès maintenant, ajouta Jack en montrant du doigt la porte par laquelle Wendy était entrée.

Wendy quitta la salle en silence, au bord des larmes. Elle rangea la cuisine et monta se coucher. Elle s’endormit avant que Jack ne la rejoigne.

Le lendemain, Danny et Wendy descendirent à Sidewinder. Ils allaient rendre leurs derniers livres et faire quelques courses, sûrement les dernières avant un bon bout de temps. Jack ne voulut pas les accompagner. Il prétexta avoir du travail à finir, ce qui était véridique. Danny, qui voyait l'influence mauvaise du manoir sur son père, regretta cette décision sans en faire part à quiconque. Il aurait tant aimé éloigner Jack de Thunder Mesa.

Jack en profita pour aller nettoyer le cimetière attenant au manoir. Il mit un épais blouson, des gants de jardinage, s’empara d’un sécateur et se dirigea vers les grilles de Boot Hill. Le cimetière était envahi de ronces, de broussailles et d’herbes.

Les nuits froides avaient endormi les plantes. La radio avait annoncé de la neige. C’était certainement la dernière occasion de s’occuper du cimetière. Jack débroussailla les tombes, ôta les branche et les feuilles mortes des allées, arracha les mauvaises herbes récalcitrantes et balança le tout dans le lac. Une fois fini, Jack posa ses gants et ses outils sur le mausolée en bronze qui se dressait au milieu du cimetière.

Il observa attentivement tous les côtés de l’édifice. Aucune inscription, juste un léger bas-relief à moitié effacé par le temps et la saleté. Jack haussa les épaules. Quatre tombes se tenaient au fond du cimetière. Elles dessinaient une chaîne alimentaire reconstituée, allant de l’écureuil au grizzly, en passant par le puma et l’homme. Sur chaque pierre tombale était sculptée le visage des animaux. Jack se détendit et eut un bref sourire. Il alla ranger ses outils dans la cave, en passant par le cellier.

- Pas de vin, soupira-t-il en contemplant les étagères vides.

Puis Jack revint s’appuyer sur la balustrade en bois qui bordait le cimetière côté lac, après s’être assuré qu’elle était assez solide. Bien que le soleil fut masqué par des nuages, il y avait beaucoup de lumière. L’orange vif de Big Thunder Mountain tranchait avec le vert-bleu sombre du lac. Au loin, les sapins verts dressaient leurs cimes pointues vers le ciel gris. Les quelques bouleaux sur la rive opposée avaient perdu leurs feuilles.

Jack sourit, pour de bon cette fois. Ses soucis semblaient envolés. Qui peut se plaindre quand mère nature lui offre son plus beau spectacle ?

Jack eut soudain la chair de poule. Les poils sur ses bars et ses jambes s’étaient soudainement dressées. Jack sentait des fourmillements qui descendaient le long de sa colonne vertébrale. Il se retourna lentement, son sourire avait laissé place à l’inquiétude. Tout était normal. Danny et Wendy ne seraient pas de retour avant deux bonnes heures. Il était seul, au beau milieu de la nature sauvage.

Mais quelque chose avait bougé. Oui, une des tombes s’était entrouverte. Jack en eut le souffle coupé. Le couvercle de la tombe de Ma Ballard avait glissé. Il en était sûr, il venait de le nettoyer il y a cinq minutes. Il tourna la tête vers les deux tombes jumelles, celles des époux Ravenswood. Pareil, les couvercles avaient glissé, s’écartant l’un de l’autre. Jack avait pourtant eu l’impression qu’ils étaient scellés au socle.

Les regards des animaux et du trappeur sur les pierres tombales s’étaient tournés vers lui, chacun des visages arborant un sourire grimaçant, celui du prédateur sadique observant avec appétit sa proie.

Jack se frotta les yeux et secoua la tête. Il poussa un gémissement sourd en les rouvrant. Les deux tombes des époux Ravenswood étaient presque ouvertes, l’archet s’était posé sur le violon de la tombe de Shaillman. Mais le pire de tout, une main décharnée sortait de la tombe de Ma Ballard.

Jack trouva une seule explication à cette hallucination – qu’est-ce que ça pouvait être d’autre qu’une hallucination ? : la folie.

- Pourquoi nettoyer ces tombes ? se dit Jack. Elles sont parfaites comme ça.

Un bruit sec le fit reculer. La tombe de Ma Ballard était ouverte, deux mains en sortaient. Le sang battait à ses tempes. Il transpirait abondamment. Il recula jusqu’à toucher la barrière. La plupart des tombes étaient ouvertes. Les yeux le suivaient toujours. Jack regardait tour à tour chaque tombe. Il ne pouvait toutes les surveiller. A chaque fois qu’il détournait son regard, une main sortait de terre, une tombe s’ouvrait.

Toujours adossé à la barrière, il ferma les yeux et posa ses mains sur son visage. Il poussa un hurlement de peur quand il sentit quelque chose le toucher. Il attendit quelques secondes puis rouvrit les yeux.

Les tombes étaient bel et bien fermées. Les regards sculptés regardaient leur voisin de gauche. Le vent s’était levé. Sans quitter des yeux la tombe de Ma Ballard, il se dirigea vers la sortie du cimetière en longeant le lac. Puis prenant son courage à deux mains, il passa entre les tombes de Ma Ballard et des époux Ravenswood.

Jack s’engouffra dans le cellier sans lancer de regard derrière lui. Il remonta dans la cuisine et prit deux Excedrin. Il alla ensuite dans la salle de bal et s’assit devant sa machine à écrire. Il avait eu une crise, mais tout était rentré dans l’ordre. Avant de se remettre à taper, il jura cependant de ne plus jamais mettre les pieds à Boot Hill.

Il entendit la camionnette dans le parking et sortit accueillir sa famille. Il ne leur dit rien.

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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Sam 21 Juin - 13:15

0OOOh creepy, j'adore la scène avec les tombes ouvertes !
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Maggie Simpson
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 23 Juin - 18:25

Chapitre 12 : sur la route de Sidewinder

Il était dix-sept heures, et le ciel était couvert. La température frôlait le zéro. Les lampadaires de Sidewinder s’allumèrent comme par magie quand Wendy et Danny sortirent de la bibliothèque. Danny avait été enchanté de quitter le manoir de Thunder Mesa pour l’après-midi. Son sourire était contagieux, puisque Wendy, quoique troublée par les événements de la veille, se mit à sourire aussi lors de la descente vers Sidewinder.

Wendy n’aimait pas conduire sur les routes sinueuses, elle craignait toujours de croiser quelqu’un dans un virage, quelqu’un qui couperait trop la courbe et qui foncerait en plein sur la camionnette. Mais il n’y avait personne, la route était déserte. La radio passait plutôt bien malgré le relief, Wendy écoutait les informations que une radio du Colorado basée à Denver. Danny, la mine radieuse, regardait tranquillement le paysage en jouant avec la carte de la bibliothèque. Il la tenait sans doute pour la dernière fois avant l’hiver.

Un journaliste annonça de fortes chutes de neige dans les hauteurs pour les prochains jours. Bientôt, les Torrance seraient bloqués dans le manoir.

- On ne dirait vraiment pas qu’il va neiger, dit Danny.
- Oui, le ciel est radieux, répondit Wendy.
- Papa a eu raison de nettoyer le cimetière aujourd’hui.
- Oui.

Ils gardèrent le silence quelques instants. Puis Danny reprit la parole, après une profonde inspiration :

- Tu crois que papa va garder son travail ?
- Que veux-tu dire, chéri ? demanda Wendy, soudain inquiète.
- Hier soir, oncle Al a appelé. Papa avait fait une bêtise et il croyait qu’il allait être renvoyé.
- Qui t’a dit ça ?
- Je le sais, c’est tout.

Wendy réfléchit un moment avant de répondre.

- Je ne crois pas, Danny. Sinon, il nous l’aurait dit. Tu sais quelle bêtise ton père a faite ? Il a bu ?
- Non. Je ne sais pas ce qu’il a fait. Mais je ne pense pas qu’il ait bu.
- Danny, est-ce que tu serais content si nous quittions le manoir ? Si nous passions l’hiver chez nous, à Benderton ?
- Oui, répondit Danny en baissant les yeux, comme honteux de sa réponse. Mais Papa a son travail ici.
- Peut-être serait-il plus heureux loin du manoir, lui aussi.

Wendy tourna la tête vers son fils. Toute trace de joie avait disparu de son visage.

- Je ne crois pas, dit-il enfin. Il se fait du souci pour nous. Il a peur de ne pas trouver de travail si nous quittions le manoir. Il craint pour nous, s’il échouait dans sa mission.
- C’est vrai, tu le penses ?
- Oui, c’est vrai. Mais il a changé aussi.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas, c’est comme embrouillé.

Sidewinder n’était plus qu’à une dizaine de kilomètres.

- Si tu veux que nous partions, Danny, nous partirons, dit Wendy d’un ton déterminé. Nous rejoindrons ton père au printemps.
- Où irions-nous ? demanda Danny, surpris mais au fond de lui-même, ravi.
- Nous n’aurons pas le choix, chez ma mère.
- Tu ne te plais pas, là-bas. Et moi non plus. Elle veut m’enlever à toi, car elle croit que tu es une mauvaise mère. Je préférerais rester au manoir.
- D’accord, Danny, c’est comme tu voudras. Ton père a accompli des efforts surhumains pour ne plus boire. C’est pour nous qu’il l’a fait. Je n’aime pas ce manoir; mais nous devons rester pour ton père.
- Je sais.
- Danny, est-ce que Tony est venu te voir récemment ?
- Chez le docteur, mais je ne l’ai pas vu. Depuis, plus rien.
- Fais-le venir, demande-lui si nous sommes en sécurité à Thunder Mesa.
- J’ai déjà essayé, dit Danny lentement, d’une voix triste. Il n’est pas venu, il est parti.

Danny éclata en sanglots.

- Danny, non, ne pleure pas.

Elle redressa la trajectoire de la camionnette d’un coup sec quand elle vit qu’elle roulait au milieu de la route.

- Ne pleure pas, je t’en prie.
- Je veux rester avec Papa, je ne veux pas aller chez ta mère.
- Nous resterons ici, Danny, avec Papa.

Elle tendit un mouchoir à Danny.

- Nous resterons ici. Et tout ira bien, je te le promets, tout ira bien.

Wendy ne savait pas ce qui devait l’inquiéter le plus : les prédictions de son fils où l’humeur de Jack qui se dégradait de jour en jour. Elle savait que le manoir perché sur sa colline sombre était la dernière chance de Jack pour briller et repartir dans la vie, leur dernière chance. Une planche de salut providentielle. Mais une planche pourrie.

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Maggie Simpson
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 23 Juin - 19:03

Chapitre 13 : la neige

Le jour tombait. La lumière du soleil déclinant passait difficilement les nuages, mais le paysage restait lumineux. La neige recouvrait déjà tout. La couche était encore fine. Jack, Wendy et Danny se tenaient devant les portes du manoir, sous la pergola. Jack portait sur son bras gauche son fils, et avait passé son bras droit autour de la taille de sa femme. Ils contemplaient les flocons qui bientôt les couperaient du monde.

Les jardins avaient disparu. Seules les silhouettes squelettiques des arbres et les formes sombres des statues restaient visibles. Wendy, dès son retour, avait complimenté Jack sur son travail dans le cimetière. Jack n’y avait répondu que par un vague remerciement. Il ne voulait plus entendre parler du cimetière familial des Ravenswood.

- Si nous rentrions dîner ? demanda Jack. Il commence à faire froid.
- D’accord, répondirent en cœur Danny et Wendy.

Ils rentrèrent tous ensemble dans le foyer. Jack ferma les portes à clef, tandis que Wendy allait à la cuisine préparer le repas. Danny se plongea dans ses livres – la bibliothécaire l'avait autorisé à en emprunter quelques-uns pour tout l’hiver.

La neige avait commencé à tomber mollement. Mais une heure plus tard, alors que la nuit était tombée, le vent se mit à souffler, faisant grincer le manoir. La neige s’amoncelait le long des murs et parois. Mais, comme tous les soirs, les trois hôtes du manoir Ravenswood vaquaient à leurs occupations habituelles.

Une semaine passa.

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Lelia
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 24 Juin - 20:39

Excellente intégration de PM, belle psychologie dans les personnages...
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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 25 Juin - 9:19

Lelia a écrit:
Excellente intégration de PM, belle psychologie dans les personnages...
Pas mal! Mr. Green


Prenez les trois premières parties du livre, changez quelques noms (Edmonds en Hibbert, Overlook Hotel en Ravenswood Manor), changez un peu l'ordre, saupoudrz un peu du film et vous obtenez cette histoire.

je sais que je le dis souvent, mais cette fois, on va se démarquer du livre et du film pour suivre des événements plus phantommanoresques.

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MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 27 Juin - 19:21

Chapitre 15 : discussion


Wendy et Danny avaient abandonné Jack à son travail et jouaient dehors. La tempête s’était arrêtée, bien qu’il neigea toujours. Une neige fine, pure, très blanche, qui aurait pu brûler les yeux si des rayons de soleil s’y s’étaient réfléchis. Mais l’épaisse couche de nuages grisâtres ne laissait pas transparaître l’astre du jour.

Les lancers de boule de neige allaient bon train, accompagnés d’éclats de rire et de bonne humeur, d’oubli des soucis. Jack avait décliné l’invitation. Il avait de plus en plus de mal à finir sa pièce. La motivation s’était envolée, elle-aussi.

Il y a encore une semaine, l’histoire était claire dans son esprit. Mais il n’aimait plus la fin. Son personnage principal devait affronter le directeur de son entreprise, un chef tyrannique, orgueilleux et très riche. Jack avait tout d’abord décidé de passer très rapidement sur la personnalité du chef, pour se concentrer sur son héros. Mais au fur et à mesure de l’avancement de la pièce, le directeur avait pris de l’épaisseur. Son caractère et sa vie semblaient plus intéressants.

Toutes les grandes histoires ont des méchants charismatiques, spéciaux. Mais la pièce de jack n’en avait pas. Juste un personnage secondaire dont on ne connaissait pas grand chose, pas assez en tout cas pour s’y intéresser vraiment.

Jack déchira la page qu’il venait d’écrire. Il regarda sa montre. Depuis trois heures il écrivait. Mais rien de bon n’avait été produit. La corbeille à papier était remplie. Des boulettes jonchaient le sol. Jack se leva de sa chaise et regarda à travers les grandes fenêtres. Dehors, les nuages s’écartaient progressivement pour laisser passer le soleil.

La lumière solaire se reflétait sur la neige immaculée. Elle illumina ensuit toute la salle. Jack fixait, le regard perdu dans le lointain, les fenêtres à présent toutes blanches de lumière. Il ne pourrait plus écrire aujourd’hui. Il ne songeait qu’au manoir, à tout ce qu’il allait pouvoir écrire quand il aurait fini cette satanée pièce. Mais la raison l’emporta. Il se rassit devant la machine à écrire, plaça une feuille vierge et recommença à zéro le dernier acte de la pièce.

Le lendemain, Jack se réveilla à treize heures. Wendy l’avait laissé dormir, par crainte de le fâcher. Elle avait préparé le repas pour trois. Danny avait mangé sans rien dire à propos de son père, puis était retourné jouer dans la salle de bal, profitant de l’absence de ce dernier. Wendy débarrassait la table et faisait la vaisselle à la main, afin ne pas utiliser l’appareil pour seulement deux couverts.

Danny monta dans sa chambre pour y chercher son camion de pompiers. Jack était réveillé. Depuis quatre jours il ne s’était pas rasé. Il était assis sur le lit, le regard vide, perdu dans des pensées sombres.

- Je peux prendre mon camion de pompiers ? demanda timidement Danny, qui ne voulait surtout pas offusquer son père.
- Viens ici, répondit Jack en posant sa main sur le lit, à sa droite.

Danny entra dans la chambre de ses parents. Son père le prit et le posa sur ses genoux.

- Alors, Danny, tu te plais ici ? demanda-t-il doucement.
- Oui, répondit Danny sans trop de conviction.
- C’est bien, je veux que tu te plaises ici, dit Jack en lui caressant les cheveux.
- Tu aimes le manoir ? demanda Danny.
- Bien sûr que je l’aime. J’aimerais y rester pour toujours.
- Papa ?
- Oui, chéri ?
- Tu ne nous ferais pas de mal, à Maman et à moi ?
- Qui t’a dit ça ? demanda Jack, dont le visage s’était renfrogné et la voix était devenue moins douce. Ta mère, c’est ça ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
- Non, papa.
- Je ne vous ferai jamais de mal. Vous êtes ce que j’ai de plus cher au monde. jamais je ne te ferai de mal, jamais.

La voix de Jack avait repris un ton paternel. Il serra Danny contre lui, tout en lui caressant les cheveux.

- Je t’aime, Danny. Et jamais je ne te ferai de mal.

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Nouvelle nouvelle : The Shinning

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