PHANTOM MANOR
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Nouvelle nouvelle : The Shinning

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 2 Mai - 10:00

Citation :
- Pas de télé et pas de bière
ça rend Homer... ça rend Homer... Je me disais bien que sa me rappelait quelque chose Mr. Green
Revenir en haut Aller en bas
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 5 Mai - 14:56

Lelia a écrit:
Cette fiction se terminera lorsqu'alle se terminera, ne bradez pas votre oeuvre pour la finir plus vite.
Les études d'abord, le plaisir ensuite...

Le problème c'est que je ne compte pas travailler pendant les vacances. Comme après le 22 mai, le travail devient moins intense, je pourrai pondre minimum un chapitre par jour, et deux certains. Sans baisse de qualité.

gentlemanlupin a écrit:
Citation :
- Pas de télé et pas de bière
ça
rend Homer... ça rend Homer... Je me disais bien que sa me rappelait
quelque chose Mr. Green

Merci, quelqu'un a reconnu la référence. Il y en aura d'autres.

Pour te récompenser, une entrée gratuite pour l'exposition universelle de 1900 te sera offerte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 22 Mai - 20:15

Chapitre 7 : visite médicale


Malgré le calme des lieux, Wendy était continuellement stressée. Parfois son stress diminuait un peu, quand elle voyait Jack heureux qui jouait avec son fils tout aussi heureux dans les jardins du manoir.

Elle avait pris rendez-vous chez le médecin de Sidewinder pour toute la famille, afin de s’assurer que tout était en ordre, et qu’ils pourraient passer l’hiver tranquillement. Elle en avait naturellement parlé à Jack avant d’agir, de peur de le contrarier.


- Très bonne idée, chérie, avait-il répondu. Un check-up avant la saison froide.
- Il n’y a qu’un seul médecin à Sidewinder. Il a l’air compétent. La bibliothécaire m’en a dit le plus grand bien.
- Tant mieux, dit Jack en se tournant déjà vers Danny. Il a l’air si bien portant, comme si rien ne s’était jamais passé. A croire que ses passages à vide ne l’affectent pas.
- J’espère que le médecin verra ce qu’il a.
- S’il a quelque chose, reprit Jack. Peut-être a-t-il simplement beaucoup d’imagination.

Sur ces mots, Jack avait descendu les marches et pour rejoindre son fils. Puis Wendy et Danny étaient parti en ville, laissant Jack à ses travaux manuels, comme il les appelait lui-même.

Rendez-vous avait été pris trois jours après, dans l’après-midi. Les Torrance en profiteraient pour faire quelques courses, et repasser à la bibliothèque. Les trois jours s’écoulèrent sans encombre. Danny explorait le manoir en jouant sur les tapis épais qui couvraient les parquets en bois luxueux. Wendy s’acquittait des tâches ménagères et lisait beaucoup. Jack avait
posé sa machine à écrire et du papier en grande quantité dans la salle de bal. Mais quarante-huit heures après, il n’y avait pas touché.

Vers treize heures, Jack, Wendy et Danny quittèrent Thunder Mesa et descendirent la montagne vers Sidewinder. Danny supporta sans broncher les lacets. Une heure plus tard, la voiture s’immobilisa devant le cabinet du médecin.


Dernière édition par Maggie Simpson le Ven 23 Mai - 22:00, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lechatdu91
Squelette farceur


Masculin Nombre de messages : 637
Age : 21
Date d'inscription : 17/05/2007

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 23 Mai - 18:14

Enfin une suite ! Very Happy

Je n'ai jamais lu The Shinning mais j'ai une vague impression que c'est très bien repris.

J'attends avec patience une suite ! cheers
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 23 Mai - 21:54

Lechatdu91 a écrit:
Je n'ai jamais lu The Shinning mais j'ai une vague impression que c'est très bien repris.

Le titre de l'oeuvre originelle est Shining (avec un seul n). What a Face

C'est effectivement très bien repris, mais je suis très talentueux pour piquer les idées des autres.


suite du chapite 7


Danny était étendu sur le lit du cabinet du docteur Hibbert. C’était un homme noir de taille moyenne mais assez corpulent. Il avait une coiffure afro impressionnante. Il avait rit quand il avait montré à Danny et à ses parents l’appareil qu’il allait utiliser pour les examens. Danny avait alors insisté pour que ses parents assistent à l’opération, et le docteur avait accepté.

- Cet appareil va nous dire si Danny a un problème au cerveau, déclara le docteur Hibbert sur un ton assez joyeux.

Il rit en voyant les visages déconfits de Jack et Wendy.

- Ne vous inquiétez pas, nous verrons seulement s’il est atteint d’épilepsie. Il n’a pas de problèmes cérébraux.

Il rit à nouveau, ce qui exaspérait Jack au plus haut point. Le docteur plaça les électrodes sur le crâne de Danny, là où l’infirmière avait rasé les cheveux. Après quelques instants de silence, l’infirmière retira les électrodes. Un long listing sortit de l’appareil, le docteur le prit et pria Jack et Wendy d’aller dans la pièce à côté.

- Faites-lui une cuti, dis le docteur Hibbert à l’infirmière avant de rejoindre les époux Torrance.
- On m’en a déjà fait un il y a un an, dit Danny visiblement troublé.

Pour toute réponse, le docteur Hibbert rit.

- Son électroencéphalogramme est normal, déclara solennellement le docteur à Jack et Wendy.

Les deux furent soulagés.

- Cependant, j’aimerais m’entretenir avec lui de ces rêves dont vous m’avez parlé, Mme Torrance. Et seul à seul.

Le ton utilisé par le docteur était sans équivoque. Jack et Wendy quittèrent le bureau pour rejoindre la salle d’attente. Danny entra par l’autre porte au moment où ses parents s’assirent sur les chaises confortables qui entouraient une table basse. Wendy avait pris au passage un prospectus titré « ainsi votre vie est gâchée » qui traitait de l’attente d’un enfant.

Le docteur Hibbert avait pris un air très sérieux, et s’adressa à Danny d’un ton grave.

- Danny, je veux que tu me parles de tes rêves. Je ne crois pas que tu sois malade.

Puis il se tourna vers Danny et dit en lui tendant quelque chose :

- J’ai les moyens de te faire parler. Viens t’asseoir en face de moi.

Danny se dirigea vers la chaise sans quitter la sucette que le médecin lui tendait. Le docteur fut direct :

- Parle-moi de Tony, Danny.
- C’est un ami imaginaire, répondit tranquillement Danny, comme si c’était là quelque chose de tout à fait naturel.

Hibbert rit. Il se leva et passa derrière Danny.

- C’est ce que tes parents croient, Danny, dit Hibbert. Je suis tenu au secret médical, tu peux tout me dire, je ne dirai rien à personne. Pas même à tes parents.
- Je ne sais pas qui est Tony. Je ne l’ai jamais vu. Il paraît plus âgé que moi. Peut-être 12 ans.
- Il te parle ?
- Oui et non. Il me montre des choses que je n’arrive pas à lire.
- A chaque fois qu’il arrive, tu t’évanouis ?
- Il m’emmène avec lui pour me montrer quelque chose, souvent des panneaux. C’est pour ça que je m’évanouis, mais je reste conscient avec Tony.
- Des panneaux ?
- Il me montre des panneaux que je n’arrive pas à lire, c’est pour ça que je veux apprendre à lire cet hiver.
- Est-ce que tu aimes Tony ?
- Je ne sais pas. Au début, il était accompagné de choses agréables. Mais depuis quelques temps, il me montre des choses désagréables.
- Quel genre de choses ?
- Je ne m’en souviens pas.
- Je te crois, Danny.

Le docteur se rassit sur son fauteuil en dévisageant Danny. Ce dernier le dévisageait également.

- Danny, reprit Hibbert, j’aimerais que tu te mettes en transe ici et maintenant. J’aimerais que tu fasses venir Tony.
- Je vais essayer.

Alors Danny ferma les yeux et sut que ses parents lisaient des revues. Mais ils ne retenaient pas ce qu’ils lisaient, car tout leur esprit était absorbé par les soucis de leur fils. Danny se redressa brusquement sans rouvrir les yeux. Tony l’appelait. Il ne le voyait pas, mais Tony était venu.

Danny était à présent dans un long couloir. Il voyait une horloge. Puis il se retrouva dehors. Il faisait nuit, mais un éclair illumina la scène. Une silhouette menaçante se dressait au loin. Elle était encore hors d’atteinte.
Tony semblait avoir disparu. Une lumière se promenait au loin, Danny se rapprocha sans bouger. Son père cherchait avec une torche électrique le disjoncteur dans la cave. Mais ce n’était pas la cave de leur maison. Elle était plus grande, plus terrifiante aussi.


Dernière édition par Maggie Simpson le Mar 27 Mai - 21:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 27 Mai - 16:54

Docteur Hibbert des simpsons (un facile celui-là) http://www.simpsonspark.com/serie_perso_hibbert.php
Revenir en haut Aller en bas
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 27 Mai - 21:18

suite du chapitre 7


- Danny, Danny ?

C’était la voix du docteur Hibbert. Danny ouvrit les yeux. Il était couché sur le sol, ses membres tremblaient. Il regarda le visage du docteur. Mais rien ne transparaissait de ce visage impassible. Hibbert aida Danny à se relever.

- Tu te sens bien ? demanda-t-il après avoir griffonné quelques mots sur un post-it.
- Oui, docteur, dit Danny d’un ton morne, comme s’il semblait s’être réveillé après plusieurs jours de sommeil.
- Je suis impressionné, Danny, répondit Hibbert avant de rire, mais son rire avait perdu sa vigueur. Tiens, tu as mérité ceci, ajouta-t-il en tendant une sucette à Danny. Tu veux autre chose ?

Danny prit la sucette en silence.

- Non, docteur.
- Tu ne veux pas boire quelque chose ? insista Hibbert.
- Non merci.

Un silence.

- Raconte-moi ton rêve, reprit Hibbert.
- J’ai vu Tony, ou plutôt je l’ai entendu.
- Il t’a montré des choses ?
- Oui. J’ai vu un couloir sombre, une horloge. Puis j’ai vu mon père dans une cave, il devait chercher le disjoncteur.
- C’est tout ?
- Oui.
- Tu as reconnu le couloir ? Celui de chez tes parents ?
- Non, les murs étaient recouverts de papier peint violet. Et il n’y a pas d’horloge chez mes parents.
- L’horloge est dans le couloir ?
- Oui.
- Que t’a dit Tony ?
- Il m’a hurlé « danger », mais il était loin. Il m’appelait. Pendant tout le rêve, il a hurlé « danger », mais il était très loin, et le vent couvrait ses cris.
- Tu étais dehors ?
- Au début oui, mais je voyais le couloir quand-même. En revanche, j’étais avec mon père dans la cave. Il faisait chaud, l’air était humide et lourd.

Un silence. Hibbert s’avachit dans son fauteuil et réfléchit. Puis il reprit ses questions.

- Tu n’as pas reconnu les pièces de ton rêve ?
- Non.
- Sûr ?

Danny ne savait pas quoi répondre. Il ne connaissait pas les pièces qu’il avait visitées pendant sa transe. Mais le docteur le faisait douter. Non, il était sûr de ne jamais avoir visité des endroits aussi... terrifiants.

- Je ne sais plus, balbutia Danny.
- Tu les as peut-être vues une seule fois dans ta vie, il ya longtemps, et tu te les rappelles inconsciemment. Tu as une très bonne mémoire, tu te souviens de faits que tout le monde oublie. Et ils ressortent dans tes rêves. C’est le cas pour tout le monde.

Hibbert fixa Danny. Puis il sourit.

- Eh bien, tu peux retourner voir tes parents. Ils doivent être inquiets.
- Oui, docteur.
- Au revoir, Danny. Passe un bon hiver. Je vais parler un peu à tes parents.
- Au revoir, docteur.

Danny sortit sans bruit du bureau. Sa mère le prit dans ses bras dès qu’elle le vit. Jack, plus nerveux, s’était tout de suite dirigé vers la porte. Il espérait que son fils n’ait rien qui puisse compromettre sa tâche de gardien.

- Ah, monsieur Torrance, entrez, je vous en prie, dit le docteur Hibbert d’un ton jovial Mme Torrance aussi. Allez vous occuper du petit, Marge, dit-il ensuite à l’infirmière.

Wendy laissa passer l’infirmière puis s’engouffra dans le bureau du docteur. Elle ferma la porte derrière elle.

- Votre fils a beaucoup d’imagination, dit sèchement le docteur.
- Vous voulez dire qu’il n’a rien ? demanda Wendy.
- Si, énormément d’imagination, répondit Hibbert en éclatant de rire, ce
rire qui devenait de plus en plus insupportable à Jack.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 28 Mai - 20:52

suite du chapitre 7


Wendy se força à sourire. Elle ne tolérait pas qu’on parle aussi frivolement de la santé de son fils. Mais tout de même elle était rassurée. C’était aussi le cas de Jack. Mais il le montrait moins. Il voulait paraître moins émotionnel que sa femme, qui avait tendance à s’inquiéter pour rien.

- Comprenez-moi bien, M. et Mme Torrance, reprit Hibbert. Danny est très intelligent, très perspicace, mais… lui avez-vous déjà fait faire un test d’intelligence ?
- Je ne crois pas à ces choses-là, répondit Jack sèchement.
- Bien sûr, M. Torrance, néanmoins si Danny en passait un, il aurait un score très élevé pour son âge. Il parle bien aussi.
- C’est que nous lui parlons comme s’il était adulte, dit Jack avec une pointe de fierté.
- Et vous faîtes bien. Danny s’est mis en transe, ici, devant moi.
- Tony est-il… « venu » ? demanda timidement Wendy.
- Oui, mais Danny ne l’a pas vu.
- D’où viennent ces crises ? reprit Wendy.
- Son ami imaginaire fut un véritable ami de l’époque où vous étiez dans l’Est. Mais depuis votre départ, Tony est devenu plus sombre, plus inquiétant.
- Notre déménagement a bouleversé Danny ? demanda Wendy.
- C’est possible. Pourquoi avez-vous déménagé ?
- J’ai été renvoyé du lycée où je travaillais, dit Jack.
- Je ne lui ai pas dit, mais Danny a murmuré le mot « divorce » pendant sa transe.

Jack et Wendy étaient stupéfiés. Elle prit la parole.

- Nous n’avons jamais évoqué ce mot, ni devant lui, ni entre nous.
- A la suite d’un… problème, je suis devenu alcoolique, interrompit brutalement Jack. C’est à partir de là que tout a commencé.
- Danny a eu le bras cassé, comment est-ce arrivé ? demanda Hibbert.
- Je lui ai cassé sans faire exprès, répondit jack, un peu déstabilisé. Il avait renversé de la bière sur mon travail, j’ai voulu lui donner une fessée pour le punir, et sans faire exprès…
- Je vois très bien, M. Torrance.

Un silence pesant. Hibbert se leva et se posa devant la fenêtre.

- Je ne suis pas psychiatre, mais je peux vous en conseiller un à Benderton. Danny a été affecté par cet accident. Il ne m’a pas parlé de vos problèmes conjugaux. Il semble très philosophe.
- Nous avons un fils génial, murmura jack à Wendy.

Elle ne réagit pas.

- Mais il devine beaucoup de choses, dit-elle, toujours sceptique.
- Il a une très bonne mémoire, et associe des événements pour en déduire ce qui va se passer. Mais c’est Tony qui lui montre le fruit de ces pensées inconscientes. Il arrive par son intelligence, à prévoir des événements. Parfois il se trompe, mais on n’y prête guère attention.

Les Torrance étaient abasourdis.

- Tony est arrivé à un moment où votre mariage tanguait, reprit le médecin. A présent, il est devenu inutile. Danny cherche à s’en débarrasser. D’où ces cauchemars et ces visions parfois inquiétantes. Je vous conseille toujours de rendre visite à mon collègue psychiatre. Si j’ai bien compris, vous ne pourrez pas y aller avant le printemps.
- En effet, dit Jack, le regard dans le vague.

Ainsi, son fils était normal, pas de problèmes cérébraux, pas de maladie mentale, pas de traumatisme dû à l’alcoolisme, aux tensions dans le couple. Jack était rassuré. Mais il savait qu’il aurait pu « perdre » son fils si ce dernier avait été moins « imaginatif ».

- Nous nous sommes tout dit, je crois, M. et Mme Torrance, dit Hibbert en souriant.
- Merci, docteur Hibbert, dit Jack, qui souriait encore plus, si c’était possible.
- Oui, merci docteur, renchérit Wendy.
- Il ne devrait plus y avoir de problèmes maintenant. Vous pouvez le rejoindre, vous lui manquez déjà.

Jack et Wendy se levèrent. C’est alors que Wendy remarqua que le docteur avait écrit quelques mots sur un post-it, et elle était sûre qu’il avait écrit cela pendant son entretien avec Danny. Elle glissa discrètement les yeux sur le bureau. Sur le post-it était marqué « penser à acheter des sucettes ».

- Au revoir, et j’espère ne pas vous revoir avant longtemps, dit Hibbert avant d’éclater de rire.
- Au revoir, répondirent en cœur Jack et Wendy.

Danny se jeta dans les bras de son père quand celui-ci arriva dans la salle d’attente.

- C’est toujours comme ça, pensa Wendy. Ces deux-là s’entendent comme larrons de foire.

Puis les Torrance se dirigèrent vers la bibliothèque. Danny avait dévoré tous les livres qu’ils avaient empruntés il y a quelques jours à peine.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 3 Juin - 21:33

Chapite 8 : la tempête


Le soir-même, un orage éclata sur Thunder Mesa. Le ciel s’était peu à peu couvert de nuages noirs après le retour des Torrance. La pluie avait commencé à tomber une heure plus tard. Wendy lisait devant le grand escalier. La pluie fouettait la grande vitre derrière elle. Le vent hurlait.

Les branches d’un arbre cognaient contre la fenêtre pendant les plus fortes bourrasques, pareilles à des griffes. Danny était couché sur le sol et essayait de déchiffrer un livre. Il suivait du doigt les mots et butait sur les plus longs. Ses progrès étaient tout de même impressionnants.

Jack s’était mis à travailler sur sa pièce. Il avait installé sa machine à écrire (il détestait les ordinateurs) sur la grande table de la salle de bal. Les gouttes de pluie n’atteignaient pas les grandes vitres. Les lumières étaient allumées, mais la pièce était sombre. Jack avait allumé un feu dans la cheminée. Les flammes bleues léchaient le bois en sifflant, ce qui avait le pouvoir d’apaiser Jack quand il travaillait.

Un violent coup de tonnerre, encore lointain, surprit Danny. Il stoppa sa lecture et tourna la tête vers sa mère. Instinctivement, celle-ci avait fait de même.

- Ne craint rien, chéri, dit Wendy sur un ton rassurant. L’orage est encore loin, et avec le vent il passera bien au nord d’ici.
- Oui, maman, répondit Danny.

Mais Danny avait vu, un temps avant le coup de tonnerre, les lumières s’éteindre et l’obscurité envahir le manoir. Le bruit l’avait tiré de sa légère torpeur. Le coup de tonnerre suivant fur beaucoup plus fort, les murs du manoir tremblèrent. L’orage s’était rapidement rapproché de Thunder Mesa. Danny sentait qu’il était juste au-dessus de la demeure, prêt à déchaîner
sa colère sur l’orgueilleuse bâtisse.

Il y eut un éclair, un coup de tonnerre, puis plus rien. L’électricité avait été coupée dans tout le manoir. Danny se leva immédiatement pour se blottir contre sa mère.

- Ce n’est rien, Danny, dit tranquillement Wendy en caressant les cheveux de son fils. Ton père va aller voir ce qui se passe.

Elle se leva tout en gardant Danny contre elle.

- Jack ?

Pas de réponse.

- Jack ? Jack ?

Wendy entendait au loin le bruit des touches de la machine à écrire. Une faible lueur bleue permettait de distinguer la porte de la salle de bal, que jack avait soigneusement fermée, « pour ne pas être dérangé, mais surtout pour ne pas déranger ».

Jack n’avait pas arrêté son travail. Pour une fois qu’il avait trouvé la motivation nécessaire, il n’allait pas s’arrêter. Il travaillait à la lumière du feu de bois. Danny avait demandé pourquoi les flammes étaient bleues. Il avait répondu que c’était parce que le bois était du bouleau. Mais ce feu lui paraissait vert. Il entendit le troisième appel de Wendy.

Jack stoppa son écriture. Il avait terminé cette scène, la première, et elle lui plaisait beaucoup. Il la relit calmement en savourant l’instant. Il n’avait pas perdu son talent. L’air de la montagne l’avait revigoré, il se sentait invincible. Il sursauta quand Wendy entra dans la pièce.

- Jack, dit-elle en geignant, il n’y a plus de courant.
- Ah bon ? répondit-il.

Il regarda autour de lui.

- Effectivement, reprit-il. Plus de courant.

On entendait seulement le feu crépiter dans l’âtre. Le vent dehors s’était calmé et la pluie avait cessé au moment où Wendy avait poussé la porte en bois de la salle de bal.

- Et alors ? demanda Jack à Wendy.
- Euh, il faudrait descendre à la cave pour le rétablir, répondit Wendy, étonnée.
- Et tu voudrais que je le fasse ?

Wendy ne répondit pas. Jack semblait être énervé, mais il essayait de le cacher.

- Et bien je vais le faire, chérie, dit Jack.

Il se leva, prit un chandelier sur un meuble et se dirigea vers la cheminée. Wendy se détendit. Jack avait fait semblant de s’énerver, et elle l’avait cru. Elle était si naïve… Jack passa devant elle, le chandelier allumé à la main. Wendy fut surprise lorsqu’il l’embrassa.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 4 Juin - 20:57

suite du chapitre 8


Jack, faiblement éclairé par le chandelier, passa devant le grand escalier. Danny était recroquevillé dans un fauteuil, terrorisé.

- N’ait pas peur, Danny, dit Jack. C’est juste une coupure de courant. Dans une minute, la lumière reviendra.
- Je n’ai pas peur du noir, répondit Danny.
- C’est bien, chéri, répondit Jack, très fier.
- J’ai peur de ce que tu vas trouver dans la cave, reprit Danny.

Jack ne sut pas que répondre à cela. Il caressa les cheveux de son fils puis se dirigea vers la cuisine. Il ouvrit la porte de la cave. On aurait dit que la faible lueur du chandelier n’arrivait pas à transpercer les ténèbres. Jack avait peur, peur de rater une marche dans l’obscurité et de se fracturer le crâne. Il aurait tout le temps de crever sur place avant que quelqu’un vienne.

Jack entendit Wendy parler à Danny à voix basse pour le rassurer. Il n’était pas aussi peureux qu’un garçon de six ans, tout de même. Il prit une grand inspiration et posa son pied droit sur la première marche. Elle craqua sous son poids. Puis il posa son pied gauche sur le palier suivant. Ses yeux s’habituèrent à l’obscurité. Il voyait assez clair avec le chandelier, et se mit à descendre l’escalier raide, en tenant bien fermement la fragile rampe de bois.

Il fut soulagé quand il atteignit le sol dur de pierre. Il y avait des rats ici, c’est pour cela qu’il ne voulait pas que Danny descende. Jack se rendit alors compte qu’il ne savait pas où était le disjoncteur. La cave était immense. Il se maudissait ne pas avoir demandé où était le disjoncteur à Watson. Et il maudissait aussi ce dernier de ne pas y avoir pensé non plus.

Les nuages dehors se dissipèrent. La lune éclaira un peu le grand escalier. Danny était blotti dans les bras de sa mère. Elle lui caressait les cheveux. Il savait que son père était arrivé en bas et qu’il était en colère. Il fixait des yeux le couloir principal du manoir, sans toutefois le voir. Il voyait bien les ténèbres, mais une faible lueur orangée éclairait un peu autour de lui.

Jack se dirigea vers la chaudière d’un pas lent. Il ne l’avait pas encore activée, l’automne mettant du temps à s’installer. Rien sur les murs. Il rebroussa chemin. Rien non plus près de la porte du cellier. Il contourna le scooter des neiges couvert de son drap. Dans un coin de la cave, de cartons contenaient des papiers. Jack se pencha, oubliant sa mission.

Le premier carton contenait des factures, des accusés de réception et d’autres papiers devenus illisibles. Plus au fond, il y avait des empilements de journaux, jaunis par le temps et la moiteur de l’atmosphère. Une étagère fragile était clouée au mur de pierre brute. Il n’y avait qu’un classeur verdâtre, lui-même rempli de feuilles.

Quand Jack prit ce classeur, Danny tressauta.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 5 Juin - 20:21

suite du chapitre 8


Jack s’accroupit, le chandelier toujours dans sa main. Il le posa à terre, s’assurant qu’il serait stable. Puis il posa le classeur. Il l’ouvrit. La classeur contenait des extraits de journaux mis dans une pochette plastique. Ils étaient donc mieux conservés que les papiers dans les cartons.

Le premier article avait pour titre « le manoir Ravenswood va être réhabilité ». Il devait dater de deux ans d’après la date griffonnée dans la marge. Le centre de la page était occupé par une photographie en noir et blanc du manoir. En la regardant de près, Jack eut le cœur serré.

Les volets pendaient au fenêtre. Les vitres étaient brisées par endroit. La girouette penchait. Des plantes folles avaient envahi le jardin, les allées. Jack allait commencer à lire quand il entendit la voix de Wendy.

- Jack, tu y arrives ? Je peux t’aider ?
- Non, chérie, j’ai mis du temps à trouver le disjoncteur, répondit Jack en se redressant. Tout va bien.
- Tant mieux, dit Wendy.

Jack ouvrit la porte du disjoncteur et bascula l’interrupteur. La lumière jaillit devant le grand escalier. Danny bondit au sol, toujours nerveux. Wendy se leva à son tour.

- Tu vois, dit-elle, ton père a arrangé les choses. Mais il est l’heure d’aller au lit.

Jack remonta l’escalier en jetant un dernier coup d’œil au classeur, qu’il avait consciencieusement remis sur l’étagère. Danny l’accueillit en fanfare. Jack posa le chandelier éteint sur la table de la cuisine juste avant que Danny arrive.

- Bravo, papa, dit ce dernier en embrassant son père.
- Je n’ai fais que mon devoir, répondit Jack d’un ton exagérément sérieux. Je vais continuer à travailler, chérie, ajouta-t-il. Ne me dérange plus, d’accord.
- Oui, chéri, répondit Wendy.

Le ton de Jack était sans équivoque. Elle le laisserait tranquille ce soir.

- Je vais coucher Danny, dit-elle.

Jack, qui était déjà parti vers la salle de bal, se retourna. Il prit son fils dans ses bras.

- Bonne nuit, Danny, murmura-t-il.
- Bonne nuit, papa, renchérit Danny.

Puis Jack le rendit à Wendy et alla s’enfermer dans la salle de bal. Wendy posa Danny au sol. Ils étaient heureux : Jack ne s’était pas énervé. Il y a encore 6 mois, il aurait démoli la maison. Danny était d’autant plus content que son père n’avait pas lu ce qu’il y avait dans le classeur vert.

Pour la première fois depuis leur arrivée à Thunder Mesa, Danny ne fit pas de cauchemars.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 9 Juin - 20:33

C'est le dernier chapiter "intellectuel", ça va devenir (enfin !) intéressant.

Attention, ce chapitre peut choquer les plus jeunes et les plus coincés.


Chapitre 9 : l'accident


Jack et Wendy venaient de faire l’amour. Wendy restait assis sur le lit, épuisée par l’action. Jack était tout aussi fatigué, mais il avait un cours important à la faculté. Il s’habillait tout en mangeant une pomme. Avant de partir, il embrassa sa fiancée sur la bouche.

Ils s’étaient mariés il y a deux mois. La mère de Wendy avait désapprouvé ce mariage. Elle détestait les hommes depuis que son mari l’avait quittée pour une fille plus jeune. Elle avait jugé durement Jack, elle le pensait incapable d’offrir une belle vie à sa fille.

Mais Wendy n’écoutait plus sa mère depuis longtemps, et depuis le mariage elle ne lui parlait même plus. Elle n’avait alors peur que d’une chose : devenir comme elle. En venir à détester son mari, à ne plus parler avec ses enfants, à ne plus aimer la vie.

Wendy suivait à l’université des cours de sciences sociales. Elle était passionnée par le sujet. Les relations familiales l’intéressaient au plus haut point, ce qui est normal après ce qu’elle a vécu. Sa sœur était morte il y a deux ans, dans un accident de voiture. C’est peu après qu’elle rencontra Jack.

Elle le connaissait déjà de réputation, un étudiant fêtard, buveur, mais travailleur et sérieux quand il fallait l’être. Ils s’étaient croisés sans se voir plusieurs fois dans divers endroits. Petit à petit, ils se sont reconnus, puis se sont connus. Jack avait fait le premier pas. Trois mois après, ils couchaient ensemble.

Jack avait alors diminué sa consommation d’alcool, qui demeurait cependant toujours importante. Il allait moins aux fêtes, et à chaque fois avec Wendy. Il s’assagissait au contact du sexe opposé. Wendy avait travaillé là-dessus.

Jack était étudiant en lettres, le meilleur de sa promotion, et il avait le potentiel pour dépasser ceux plus âgés. Les professeurs le connaissaient bien, ils discutaient souvent avec lui de littérature, voire de philosophie, d’histoire ou d’art après les cours. Jack avait publié une nouvelle dans une revue et écrivait des articles pour le journal de la faculté.

Wendy était plus la fille de l’ombre, studieuse mais réservée. Elle travaillait comme serveuse le week-end dans un des bars de la ville. Juste de quoi payer ses études, la nourriture et le loyer. Sa vie était moins chaotique que celle de Jack. Ce dernier donnait des cours à des élèves du lycée pour vivre. Ses productions étaient encore trop espacées pour être vraiment rémunératrices.

Mais il avait bon espoir en l’avenir. Il deviendrait un des meilleurs auteurs de sa génération, peut-être le meilleur. La gloire et la richesse lui tendaient les bras. Tous ses professeurs en étaient convaincus. Le talent est mal partagé parmi les humains, et Jack Torrance avait tiré le gros lot.

Rien ne prédisposait ce jeune homme à tant d’éloges. La plus jeune de trois frères dans une famille modeste de Boston. Son père était policier. Avec l’âge, il avait commencé à boiter et on lui avait fait comprendre qu’il n’était plus fait pour ce travail. Alors il a pris sa retraite. Il a commencé à boire. Puis il a commencé à frapper sa femme.

Le père aimant était devenu un monstre. Toujours à râler depuis son fauteuil, où il lisait son journal. Un jour, le plus âgé des frères de Jack en eut assez et s’engagea dans l’armée. Il mourut dans le Golfe.

La mère de Jack avait été élevée dans une famille catholique, elle en gardait surtout l’image de la femme asservie à son mari. Elle ne se plaignait pas des coups que lui infligeait son alcoolique de mari. Un soir, elle trébucha sur sa canne en apportant le dîner à la table. Elle aurait pu se fracturer le crâne, mais son mari ne sut que la frapper pour la « corriger ». Dick, le second frère de Jack, s’était empresséd’empêcher son père de continuer. Son père se calma et s’assit dans son fauteuil. Sa mère se releva, s’assit, et dit seulement :

- J’ai renversé la soupe sur le journal de ton père.

Ce soir là, Jack fuit la maison. Son père mourut trois mois après. A l’enterrement, il revit une dernière fois son frère et sa mère. Jack s’était inscrit à l’université. L’assurance vie de son père avait suffit aux droits d’inscription et permettait à Jack de subsister en attendant de trouver un travail.

A la fin de ses études, Jack obtint un poste de remplaçant au prestigieux lycée privé de Stovington. La paye était bonne, et Jack publiait une nouvelle bimestrielle dans Exquise. Wendy eut alors tout le temps de s’occuper de Danny, leur fils.


Dernière édition par Maggie Simpson le Mar 10 Juin - 20:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lelia
Fantôme prisonnier du manoir


Féminin Nombre de messages : 1753
Age : 34
Localisation : Salle hypostile du temple de Karnak
Date d'inscription : 07/01/2007

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 9 Juin - 21:53

Extrêmement bien condensé et très bien écrit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 10 Juin - 21:16

Lelia a écrit:
Extrêmement bien condensé et très bien écrit.

Sois remerciée !

Quelque chose pour vous tous, fidèles lecteurs : cliquez là.


suite du chapitre 9


Dix-huit mois plus tard, Wendy se remit à parler à sa mère. Leurs rapports restaient toutefois tendus. Cette dernière ressassait à chaque fois les mêmes choses, insistant bien sur le fait que Wendy était une mauvaise mère pour Danny – et Jack un mauvais père bien sûr. Wendy pensait sa mère jalouse, mais au fur et à mesure elle fut convaincue. Elle était plus qu’une mauvaise mère, elle était une mauvaise épouse.

- Ce n’est pas le temps que tu passes avec ton fils qui compte, c’est comment tu le passes, disait-elle toutes les deux minutes.

Comme pour corroborer les dires de sa belle-mère, Jack avait recommencé à boire. Il avait réussi à totalement arrêter après le mariage, il avait résisté aux tentations, notamment à la grande fête de fin d’année, où il n’était même pas allé. Il avait tenu deux ans.

Jack buvait toujours en compagnie d’Al Shockley, un des administrateurs du lycée privé de Stovington, où Jack enseignait. La tournée des bars de la fin des cours à minuit. L’argent n’était pas un problème pour Al, qui offrait souvent les boissons à Jack, ce dernier étant déjà trop saoul pour refuser. Les « martiens » s’alignaient sur le comptoir, et Jack les vidait un par un. Jack rentrait passablement éméché, Al le raccompagnant en voiture jusque chez lui.

Wendy dormait alors. Au début, elle attendait son mari, mais en une semaine elle avait compris. Jack reviendrait ainsi chaque soir de semaine. Wendy avait d’abord parlé à Al Shockley, le priant d’arrêter d’emmener Jack dans ses virées nocturnes. Al avait refusé, arguant que jack était assez grand pour décider tout seul ce qu’il devait faire. Wendy avait détesté Al. Et les virées avaient continué.

Al n’avait sans doute pas parlé de l’appel de Wendy à Jack. En tout cas, celui-ci ne fit aucune remarque, aucune allusion, et continua à mener son train de vie habituel. Souvent, Jack arrivait le matin en cours toujours sous l’effet de l’alcool. Il arrivait cependant à se maîtriser. Mais parfois, il s’absentait toute une matinée après les soirs très arrosés.

Une nuit, Jack et Al étaient entrés dans la maison sans faire de bruit. Jack montra à Al son fils Danny qui dormait et le prit sans ses bras. Sous l’effet de l’alcool, il le fit tomber. Les cris attirèrent Wendy. Al quitta rapidement les lieux, Wendy prit l’enfant dans ses bras et alla s’asseoir dans le salon.

- Il a peut-être un traumatisme, hurla-t-elle à Jack.
- C’est juste une contusion, répliqua Jack calmement pour apaiser sa femme.
- Peut-être que oui, peut-être que non. Va te coucher.

Jack obéit sans broncher. Wendy pensa à sa mère. Elle avait raison, leur mariage ne tiendrait pas. Le divorce était une issue qu’elle ne voulait pas imaginer, mais il fallait s’y résoudre. On ne peut pas bien élever un enfant avec un mari alcoolique.

Une semaine après, le 12 janvier, Jack cassait le bras de son fils. Les relations entre les époux Torrance empirèrent. Jack avait beau se défendre, Wendy était sûr de sa culpabilité. Les repas se passaient silencieusement. Seuls les « passe-moi le sel » ou les « tu veux de l’eau, Danny ? » mettaient de l’ambiance. L’alcoolisme de Jack avait empiré. Jamais l’idée de divorce n’avait été aussi présente dans l’esprit de Wendy. Mais le mot n’était jamais prononcé.

Quelques jours plus tard, Jack et Al avaient quitté le Moe’s à la fermeture, c’est-à-dire à une heure du matin. Naturellement, ils avaient bu toute la soirée, et étaient éméchés. Al proposa comme d’habitude à Jack de le raccompagner chez lui, ce que Jack accepta. Ils roulaient un peu trop vite sur la grande rue. Al freina brusquement quand sa Mercedes heurta quelque chose sur la route.

Jack et Al sortirent précipitamment de la voiture, tout à fait lucides, comme réveillés par le choc. La voiture avait culbuté un vélo, qui était en travers de la route. La roue avant et le cadre étaient complètement déformés. Jack et Al cherchèrent dans les environs le corps d’un éventuel enfant qui aurait pu se trouver sur le vélo. Par chance, il ne trouvèrent rien. Ils repartirent et gardèrent le silence. Six jours après, Al appela Jack.

- Alors, tu as bu depuis cette nuit-là ? demanda le premier.
- Non, pas une goutte, répondit doucement Jack, pour que Wendy n’entende pas.
- Je crois qu’il faut arrêter, à présent, Jack. Cet accident était un avertissement.
- C’est ce que je crois, Al, c’est ce que je crois. On se revoit demain, salut.
- Salut.

Et Jack arrêta de boire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 11 Juin - 21:37

suite du chapitre 9


Puis arriva le second accident. Seymour Chalmers était un élève de Stovington. Il se spécialisait dans le sport, rugby et base-ball notamment. Son programme d’études au sens strict du terme était allégé. Seymour se contentait de la moyenne partout, même si dans certaines disciplines il
pouvait décrocher une bonne note sans faire d’effort supplémentaire.

Les deux grands lycées de la ville organisaient chaque année un concours d’éloquence. Seymour y participait. En effet, son avocat de père souhaitai que son fils unique suive ses traces. Comme ce dernier n’avait pas vraiment de vocation, il était satisfait qu’on en choisisse une pour lui. Les écoles de droit lui seraient ouvertes s’il excellait en débat, sans qu’on néglige l’influence de son père sur les décisions d’admission.

Seymour s’inscrit dans l’équipe de débat, qui était menée par Jack Torrance. Le lycée l’avait choisi car il était jeune, dynamique, et bien sûr excellent professeur. De plus, on avait fait savoir à Jack qu’un succès de Stovington à la joute verbale qui clôturait l’année pourrait accélérer sa titularisation au sein de l’établissement. Jack n’y mettait que plus d’entrain.

Fin mars, il évinça Seymour de l’équipe. Les entraînements avaient réveillé les instincts compétitifs de Seymour : un débatteur acharné, très bon préparateur, une envie de vaincre très forte. Les divers sujets abordés lui convenaient tous. Son manque de convictions véritables lui permettait de défendre aussi énergiquement des thèses totalement opposées. Jack savait que, pour un débatteur, ne pas prendre parti était un atout considérable, mais un aussi un talent rare.

Mais Seymour bégayait. On remarquait ce handicap surtout quand le débat s’échauffait. Au moment d’enfoncer son adversaire, il ne parvenait plus à parler. Il restait muet jusqu’à la sonnerie qui marque la fin du débat. A ce moment-là, Seymour se tournait vers Jack, assis près du chronomètre, et lui lançai des regards haineux. Son visage devenait cramoisi et il froissait ses notes de rage.

Fin janvier, Jack n’avait gardé que les meilleurs débatteurs, dont Seymour. Il espérait que ce bégaiement s’arrangerait. Une semaine avant le renvoi de Seymour, il y eut une altercation. Seymour reprochait à Jack d’avoir démarré le chronomètre en avance, ce qui était faux. Seymour était persuadé que Jack voulait l’évincer de l’équipe.

Jack était sevré de l’alcool depuis deux mois. Mais il était toujours en manque. Seymour commençait à l’agacer.

- Je n’ai pas touché au chronomètre, Seymour. Votre problème, vous le connaissez, c’est le bégaiement. N’essayez pas de me faire porter le chapeau.
- Je ne-ne-ne bé-bé-bégaie p-pas ! hurla Seymour.
- Ne criez pas, répondit Jack qui dissimulait de moins en moins bien son énervement. Vous ne bégayez pas en classe, vous savez pourquoi…
- Vous ne voulez pas de moi car vous me détestez !
- Ne criez pas ! cria Jack. Si vous maîtrisez votre bégaiement, vous resterez dans l’équipe. Vous préparez bien vos dossiers, vous êtes rarement pris au dépourvu, mais vous bégayez.
- Je ne bé-bé-bégaie p-p-pas ! Si quelqu’un d’autre dirigeait l’équipe, je pourrais participer…
- Vous ne pourrez jamais être avocat si vous bégayez comme ça. Vous vous voyez, devant un jury, défendant quelqu’un qui vous fait confiance : « m-m-maintenant m-m-messieurs les jurés, exa-xaminons cette p-p-plainte » ?

Jack regretta instantanément ses paroles. Il s’adressait à un gamin qui échouait pour la première fois de sa vie. Peut-être cherchait-il de l’aide sans oser le demander.

- Vous l’avez déclenché en avance ! cria Seymour, au bord des larmes. vous me détestez parce que vous savez que je sais…

Puis il se tourna vers la porte et quitta la salle, claquant la porte derrière lui. Jack jubilait intérieurement. Pour la première fois de sa vie, Seymour Chalmers n’allait pas avoir ce qu’il veut, et l’argent et l’influence du père ne pourront rien. Cette joie fut de courte durée. La honte submergea Jack, il se retrouva dans le même état d’esprit que quand il avait cassé le bras de Danny.

Que savait Seymour, au juste ? Jack était encore plus navré du bégaiement de Seymour que Seymour lui-même. Seymour aurait fait un excellent débatteur, il aurait assuré la victoire à lui seul. Jack n’avait pas déclenché le chronomètre en avance. S’il l’avait fait, ç’aurait été pour éviter l’humiliation d’un Seymour bégayant. De toute façon, il ne l’avait pas fait, il en était certain.

Une semaine plus tard, Jack éliminait Seymour de l’équipe. Malgré les cris de désapprobation de Seymour, Jack était resté maître de lui-même. Pas d’emportement, rester calme. Seymour quitta la salle en claquant à nouveau la porte.

Quelques jours plus tard, alors que l’équipe s’entraînait, Jack était parti chercher des textes dans sa voiture. Alors qu’il avait déjà oublié l’élimination difficile de Seymour, il le vit agenouillé sur le sol du parking, un couteau à la main. Il était en train de lacérer les pneus de la Volkswagen. Jack s’énerva.

- Mon ami, dit-il d’une voix doucereuse, si c’est ça que vous cherchez, vous allez être servi.

Jack ne se souvenait pas très bien de la suite. Il avait lâché son sac, et foncé sur Seymour les poings levés, avec un sourire dément aux lèvres. Seymour brandit son canif, menaçant Jack.

- Ne m’approchez pas, M. Torrance, sinon gare à vous.

Puis le vide.

Mme Hallorann, la professeur de latin lui saisit le bras.

- Arrêtez, Jack, vous allez le tuer, dit-elle.

Jack sortit de sa torpeur. Le canif gisait à quelques mètres de là, sur le parking. La Volkswagen était toujours là, trois de ses quatre pneus éventrés. Seymour Chalmers était étendu sur le sol, étourdi. Une blessure au cuir chevelu ensanglantait son visage, et du sang sortait de son oreille, signe d’un traumatisme crânien. Les élèves de la classe de débat avaient accouru sur les lieux.

Quand Seymour essaya de se lever, Jack se baissa, posa ses mains sur sa poitrine et lui dit de rester couché.

- Mme Hallorann, allez chercher l’infirmière, vite, ordonna Jack.

Puis il regarda chacun des membres de l’équipe droit dans les yeux. La crise était passée, il était redevenu le chic type que tout le monde connaissait.

- Vous pouvez rentrer chez vous, leur dit-il. Nous reprendrons demain, à la même heure.

Quatre membres de l’équipe démissionnèrent. Mais ce n’était pas le plus important. Jack devait lui aussi démissionner. Malgré ses tourments, Jack résista à sa tentation de boire. Il démissionna le lendemain. Deux semaines plus tard, lui, Wendy et Danny étaient installés à Benderton, dans le Colorado.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 12 Juin - 21:53

Chapitre 10 : Phantom Manor


Jack était redescendu à la cave le lendemain pour mettre en route la chaudière. On était le 8 novembre. L’été était bel et bien fini. La tempête de la veille en avait convaincu les Torrance.

Dans la cave mal éclairée, Jack s’était immédiatement dirigé vers l’étagère sur laquelle se trouvait le fameux classeur. Les Torrance devaient descendre en ville dans l’après-midi, peut-être pour la dernière fois de l’année. Il avait tout le matin pour lire les coupures de presse que contenait ce classeur. Le premier article, dont il avait déjà pris connaissance du titre la veille, était court. Une photographie noir et blanc du manoir occupait quasiment toute la page.

Jack détourna son regard. Il ne pouvait pas supporter de voir un aussi fier manoir à moitié en ruine. L’article était titré su Sidewinder Shopper.


LE MANOIR RAVENSWOOD REHABILITE

Pour l’énième fois, le manoir Ravenswood, à Thunder Mesa, a été racheté, ainsi que toute la ville et les terrains alentours. Un fond d’investissement qui souhaite en faire une base de loisirs. Nous sommes dans l’incapacité de connaître l’origine des fonds avancés.

Le dernier propriétaire avait décidé de vendre son manoir après les tragiques événements d’il y a six ans, qui restent encore dans les mémoires. La bâtisse avait été laissée à l’abandon jusqu’à aujourd’hui. Des
architectes, des ingénieurs et le futur gérant du complexe de loisirs ont
visité Thunder Mesa hier matin. Ils n’ont rien remarqué de particulier.

Les travaux commenceront au printemps prochain. Les premiers visiteurs devraient être accueillis en juillet de l’année suivante.

Espérons que cette fois-ci, tout se passera bien pour les nouveaux occupants.


Cet article n’apprit rien à Jack. Si ce n’est l’état dans lequel Ullman a trouvé le manoir lors de l’achat. Jack contempla la photographie du manoir avant sa dernière réhabilitation. Avec un pincement au cœur, il tourna la page. Le deuxième article était plus long et partiellement effacé. Il devait suivre le premier de quelques jours. Lui aussi était tiré du Sidewinder Shopper.


DU NOUVEAU SUR LES ACQUEREURS DE THUNDER MESA

La ville fantôme de Thunder Mesa, perdue dans les montagnes, fait l’objet de toute l’attention des habitants de la vallée. En effet, un consortium a acheté toute la ville pour y bâtir un lieu de villégiature pour la famille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
spider
Explorateur effrayé


Nombre de messages : 236
Age : 23
Date d'inscription : 08/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 13 Juin - 20:53

Wow, surtout continue cette fic !
Meme si il n'y pas d'action à proprement parler pour le moment c'est superbement écrit !
Je suis conquis !
Léota Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Ven 13 Juin - 21:56

spider a écrit:
Wow, surtout continue cette fic !
Meme si il n'y pas d'action à proprement parler pour le moment c'est superbement écrit !
Je suis conquis !
Léota Happy

L'action va venir bientôt... au prochain post quelqu'un va bouger un truc dans le manoir, il va y avoir un son émit par un objet et les trois personnages principaux vont (tenez-vous bien) parler !

Si vous regardez/lisez les trois oeuvres dont cette nouvelle s'inspire, vous remarquerez la même chose: moitié bla-bla, moitié "action" (et encore action c'est un grand mot, disons "phénomènes").
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 16 Juin - 20:25

suite du chapitre 10


« Le projet se précise », nous dit David Ullman, le futur gérant du centre de loisirs. Cependant, rien ne nous a été communiqué quant à l’avancement de la conception de la nouvelle Thunder Mesa.

Le financement du projet est inconnu par Ullman. Il a été contacté par un grand armateur, Horace Derwent. Ce dernier lui a offert le poste en échange de quelques fonds pour le lancer. Nous n’en saurons pas plus, Ullman refusant de répondre à nos questions et Derwent restant injoignable.


Le reste de l’article était effacé. Jack tourna la page. Cette fois, le journal était vraiment plus vieux, à en juger par le papier très jaune. Aucune date n’était indiquée.

LE LUXUEUX MANOIR RAVENSWOOD RETROUVE SA GRANDEUR PASSEE


Le titre de l’article prêtait à confusion. Un riche industriel californien avait bien racheté le manoir, mais il était mort avant d’avoir pu le rénover. Les autres articles traitaient tous des multiples rachats qu’avait subi le manoir Ravenswood depuis le début du vingtième siècle.

Un article attira particulièrement l’attention de Jack. Il traitait d’une affaire de meurtre perpétué au sein du manoir dans les années 50. Des malfrats y avaient trouvé refuge, et s’étaient entretués au bout d’une semaine. Le journaliste supposait qu’un d’eux avait pu cacher le butin dans la ville fantôme pour son usage personnel, ce qui avait d’énerver les autres.

Dans les années 70, un article du Sidewinder Shopper indiquait qu’il y avait à nouveau eu des meurtres sanglants au manoir. Pas de précisions, on savait juste qu’une des victimes avait été retrouvée pendue.

L’article suivant datait des années 20, un autre riche industriel qui avait fait du manoir sa résidence pour les vacances d’été. « Je déteste la chaleur », avait-il déclaré au journaliste qui lui avait demandé la raison de son achat. C’était cette personne qui avait installé la chaudière actuelle, en vue de peut-être passer l’hiver dans sa nouvelle demeure. On le retrouva en vêtements de nuit sur la route de Sidewinder une nuit de novembre. Il avait perdu la raison et se croyait persécuté par un fantôme. Au manoir, on avait découvert sa femme morte et sa fille enfermée dans le boudoir, sans issue possible. L’enquête avait conclu à une crise de folie passagère.

Le manoir avait donc une histoire sanglante, de meurtres, de crimes. La triste fin des Grady il y a quelques années n’était qu’une série de plus sur la longue liste des événements tragiques qui se sont déroulés ici. Tout ce sang avait éveillé la curiosité de Jack, qui se demandait comment une bâtisse perdue dans les Montagnes Rocheuses pouvait avoir été le théâtre d'autant de morts violentes.

Les articles étaient de plus en plus vieux. Le suivant datait de 1867, d’après la date inscrite au stylo. Il était tiré du Thunder Mesa Chronicle. Jack le lut en diagonale. On y traitait d’un ancien domestique du manoir, qui s’était échappé après 7 ans enfermés dedans. Le terme échappé fit tiquer Jack. Il relit l’article plus lentement.

Jasper Jones est décédé hier dans la soirée, laissant une veuve, Anna Jones. Jasper avait été un des fondateurs de la ville en 1848, et se mit au service du propriétaire de la mine, Henry Ravenswood. Il travaillait au manoir Ravenswood, où il rencontrera sa future femme, Anna Simpson.

Le travail était dur, et les Ravenswood étaient des maîtres exigeants. Mais les Jones étaient heureux de ne pas travailler à la mine comme presque tout le reste de la ville. Douze années s’écoulèrent, jusqu’au mariage de la fille Ravenswood, Mélanie.

Les événements se précipitèrent, causant tout le mal que l’on sait. Le tremblement de terre, sûrement causé par une explosion dans la mine, tua les deux époux Ravenswood. La suite est plus confuse. On ne revit jamais ni Mélanie, ni le fiancé, ni les invités au mariage. Les habitants évitèrent le Ravenswood Manor.


Les Jones en sortirent 7 ans après ces tragiques événements, racontant qu’ils avaient été enfermés dans le manoir par le fantôme de Henry Ravenswood. Ce dernier avait pendu le fiancé de sa fille dans une pièce de la bâtisse, et gardait celle-ci auprès de lui pour l’éternité. Personne ne crut leur histoire de fantôme. Cependant, les autres passages du récit étaient cohérents. Tout le monde à Thunder Mesa connaissait la nature possessive et colérique de Henry Ravenswood.

Les Jones reprirent un travail d’agriculteur à Cottonwood Creek, mais ils s’en tinrent toujours à leur version des faits. Personne ne s’approcha plus du Ravenswood Manor, donc personne ne put infirmer leurs dires.


L’enterrement aura lieu lundi. Nos condoléances.


Jack avait remarqué une incohérence dans l’article. Le père Ravenswood était mort dans le séisme, mais il avait quand-même réussi à enfermer tout le monde dans le manoir ? En tout cas, ce n’était pas le seul élément mystérieux de l’histoire.

L’article suivant avait été écrit sept mois après. Il concernait la mort d’Anna Jones. L’article n’éclairait pas plus sur l’histoire troublante des deux époux. Puis Jack tomba sur une page entière du Thunder Mesa Chronicle. Il la déplia précautionneusement, puis la posa sur le sol de pierre froid. Ce devait être la une du journal.

Sur une grande partie de la page, on voyait une photo du manoir. Sous le portique, deux ombres se tenaient debout. Une jeune fille, vêtue d’une robe blanche, était assise dans le kiosque des jardins.

LE MYSTERE RAVENSWOOD


Nul ne sait ce qui advint précisément cette nuit au Ravenswood Manor. Des rumeurs font état des morts de Martha et Henry Ravenswood suite au tremblement de terre qui secoua toute la région. Plus personne n’est entré au manoir ou n’en est sorti depuis. On n’en sait donc pas plus sur le mariage de Mélanie Ravenswood, la fille des propriétaires.

Le shérif et son adjoint, tous deux invités au mariage, n’ont pas réapparu. On présume qu’ils sont encore dans le manoir, avec tous les invités.

Nous en saurons certainement plus dans l’édition de demain.


Jack contempla le manoir du temps de sa splendeur. Il l’avait déjà vu sur le tableau de la salle de bal. Mais sur cette photo, il y avait quelque chose en plus. Les nuages au-dessus du bâtiment semblaient former un crâne humain.

Le dernier article dans le classeur datait de 1857. On y parlait de la venue à Thunder Mesa d’une voyante, originaire de la Nouvelle-Orléans. Jack sursauta quand il vit le nom de cette voyante. Mme Tombs, puisqu’il s’agissait d’elle, avait le même nom que la mère de Wendy.


Dernière édition par Maggie Simpson le Mer 25 Juin - 21:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
spider
Explorateur effrayé


Nombre de messages : 236
Age : 23
Date d'inscription : 08/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Lun 16 Juin - 21:58

Ouhh le suspense de la dernière phrase !
J'ai hâte, hâte, hâte ! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mar 17 Juin - 14:54

spider a écrit:
Ouhh le suspense de la dernière phrase !
J'ai hâte, hâte, hâte ! Very Happy

Avec une mise en page normale (comme dans un vrai livre), cette phrase serait perdue au milieu de tant d'autres... puisque le chapitre 10 n'est pas terminé.


suite du chapitre 10



Jack fut surpris par Wendy.

- Alors, qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle.

Jack sursauta. Il se tourna vers sa femme, qui était descendue.

- Tu m’espionnes ? demanda-t-il, sur la défensive.
- Bien sûr que non. Ca fait une demi-heure que tu es là, on va bientôt descendre en ville.

Jack se détendit. Il ferma le classeur et l’agita sous le nez de Wendy. rien de bien intéressant là-dedans, des vieux papiers. Il avait l’air d’un gosse qui cherchait à dissimuler une bêtise. Wendy n’aimait pas particulièrement quand il se comportait ainsi. Il le faisait souvent après ses virées nocturnes et fortement alcoolisées. Paradoxalement, alors que Jack pouvait être assez gamin, cela n’arrivait jamais à Danny.

Jack reposa le classeur sur l’étagère.

- Qui l’a mis ici ? se demandait-il. Cet imbécile d’Ullman ? Watson ?
- Tu as mis en route la chaudière ? demanda Wendy. Elle doit être chaude pour cette nuit.

Jack cligna des yeux comme pour se réveiller. Il prit un sourire dément et s’approcha par derrière de sa femme. Il lui toucha les fesses.

- Voui, dit-il hilare, elle sera chaude ce soir.
- Attention, ça peut faire mal, répondit Wendy tout aussi hilare.
- Tu oublies que je suis le roi du chauffage.
- Tu n’oublieras pas de lever le levier…
- Et je sens que tu vas m’aider…

Les deux s’embrassèrent goulûment, comme des collégiens. Jack mit en route la chaudière. Une légère secousse ébranla la machine, puis un son mécanique et répétitif, comme celui d’une locomotive, provint de l’intérieur.
Jack et Wendy se regardèrent de surprise. Enfin, un bruit normal de chaudière se fit entendre. Ils remontèrent dans la cuisine main dans la main.

Danny les attendait dans le grand escalier, prêt à quitter le manoir pour rejoindre la civilisation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Mer 18 Juin - 21:54

Chapitre 10 : conversation avec Ullman


La bibliothèque municipale tenait dans un bâtiment fait de briques et de bois, qui devait dater du début du siècle. La collection de vieux journaux comprenait le Sidewinder Shopper et un quotidien de Boulder. Jack opta pour le Sidewinder Shopper, qui lui avait déjà ouvert la voie. Tous les journaux étaient microfilmés, ce que lui avait annoncé la bibliothécaire avec une pointe de fierté.

En revanche, la lentille de la visionneuse de microfilms était faussée. Jack eut beaucoup de mal à lire les articles. Au bout de quarante-cinq minutes, il avait mal à la tête, comme au lendemain d’une soirée trop alcoolisée.

Wendy était entrée dans la pièce pendant que Jack cherchait un article qui pouvait le renseigner sur la période 1900-1910. Elle posa la main sur l’épaule de son mari.

- Nous avons fini, dit-elle lentement. Danny est allé jouer au parc. Il commence à faire froid. Tu auras fini quand ?
- Dans dix minutes, répondit Jack. Peut-être moins si tu arrêtais de m’emmerder quand je travaille, pensa-t-il.

Il avait déjà reconstitué toute l’histoire du manoir, depuis sa construction en 1848 jusqu’à l’arrivé d’Ullman et de Shockley.

- Que fais-tu ici ? demanda Wendy, intriguée.
- Je me documente sur le passé du manoir, répondit Wendy.
- Sans but particulier ?
- Sans but particulier. D’ailleurs qu’est-ce que ça peut te foutre, marmonna-t-il. Comme ça, pour en savoir plus sur le lieu où nous vivons, reprit-il.
- Tu as trouvé des choses intéressantes ?
- Non, pas vraiment. Des anecdotes sans liens entre elles, sans aucun intérêt non plus.

Wendy commençait à lui taper sur les nerfs avec ses questions idiotes. Il faisait ce qu’il voulait, il n’avait pas besoin qu’elle surveille tout. Depuis Stovington, elle l’espionnait, voulait tout savoir. Elle l’avait poussé à bout, et même poussé à boire. Parfois, il avait envie de la frapper, juste pour la punir, pour lui faire comprendre qu’il était libre, pour qu’elle arrête de l’emmerder. Et ce mal de crâne qui empirait, grâce à cette visionneuse et à sa lentille faussée. Cette garce de bibliothécaire ferait moins la fière si elle devait utiliser la visionneuse pour lire des rogntudjuu de microfilms.

- Tu vas bien, Jack ? demanda Wendy sur un ton maternel. Tu es pâle, tu transpires.
- Je vais bien, dit Jack en laissant clairement transparaître son énervement.
- Dans ce cas, … je vais… rejoindre Danny, balbutia-t-elle.
- Très bonne idée, c’est ça, répondit Jack.

Wendy sembla hésiter un instant, puis se retourna et quitta la pièce. Au moment où elle gravissait la première marche, Jack la rappela. Il s’était calmé en voyant le derrière de sa femme onduler dans son jean serré quand elle marchait.

- Je suis désolé, chérie. Non, ça ne va pas. La lentille est faussée, j’ai mal au crâne, as-tu de l’aspirine ?

Wendy revint sur ses pas, soulagée, et le sourire aux lèvres.

- Bien sûr, chéri, dit-elle en fouillant dans son sac.

Elle lui tendit un tube d’Anacin.

- Prends tout, ajouta-t-elle.
- Pas d’Excedrin ? demanda Jack.

Le sourire de Wendy s’effaça, son visage se crispa. L’Excedrin était, selon jack, le seul médicament vendu sans ordonnance qui pouvait mettre fin à la gueule de bois. Il en avait utilisé quotidiennement, ou presque, pendant les derniers mois à Stovington.

- Non, désolée, dit Wendy.
- Ca ne fait rien, répondit Jack en saisissant le tube.

Justement, ça ne ferait rien. Et elle devrait le savoir, cette idiote.

- Tu veux de l’eau, demanda Wendy.
- Et voilà, ça recommence, pensa Jack. Je prendrai de l’eau au distributeur en remontant, chérie, dit-il en contenant son exaspération.
- D’accord.

Wendy s’éloigna. Jack glissa le tube d’Anacin dans sa poche et éteint la visionneuse. Quel mal de tête elle avait pu lui donner ! Un ou deux verres lui feraient du bien…

Jack sortit de la bibliothèque et se dirigea vers la pharmacie en face. Le vent s’était mis à souffler, un vent froid qui annonçait l’hiver. Les nuages gris s’accumulaient dans le ciel. Il était presque sûr qu’il allait neiger avant la nuit. Il prit deux boîtes d’Excedrin, paya et se dirigea vers la cabine téléphonique la plus proche.

Jack glissa quelques pièces dans la fente et décrocha le combiné. Ullman avait laissé sur son bureau un numéro de téléphone pour le contacter pendant l’hiver, en cas de problème. Jack composa le numéro. Il prit un comprimé d’Excedrin. Une charmante voix féminine l’accueillit.

- Disney’s Grand Floridian Resort, bonjour.
- Alors comme ça cet imbécile travaille chez Disney ? pensa Jack. J’aimerais parler à M. Ullman, de la part de Jack Torrance, s’il-vous-plaît-merci-bien.
- Très bien, je vous mets en contact.

Une petite musique joyeuse se fit entendre. Quelques secondes plus tard, Ullman prit la parole.

- Torrance, il y a un problème ?
- Tout va bien répondit Jack. Je n’ai pas tué ma femme, la chaudière n’a pas explosé.
- Dans ce cas, pourquoi me téléphonez-vous ? demanda Ullman, visiblement pressé. je suis très occupé, ici, nous…
- Oui, je sais, je vous téléphone au sujet de certains détails de l’histoire du manoir dont vous avez sans doute oublié de me faire part. Des détails qui pourraient ne pas être jugé dignes de figurer dans le guide touristique du prestigieux manoir Ravenswood et de son village de vacances. Tous ces meurtres. L’histoire du manoir est tâchée de sang.
- Je ne vois pas le rapport avec votre travail, M. Torrance, rétorqua Ullman.
- Et je n’ai pas parlé de la mafia qui l’avait acheté dans les années quarante pour en faire un bordel de haute renommée…
- Tout cela est terminé, M. Torrance. Nous repartons sur des bases saines.

Jack glissa quelques pièces dans la fente. Il croqua un autre comprimé d’Excedrin.

- J’estime que non, ce n’est pas terminé pour moi. Que diraient les familles qui découvriraient que leur lieu de vacances favori fut tour à tour le domicile d’un cinglé mégalomane, de voleurs qui s’en servaient comme cachette, de gangsters qui avait aussi remarqué l’emplacement idéal du manoir pour diverses activités, et j’en passe ?
- Tous ces incidents sont oubliés, je vous l’ai dis. Vous voulez nous faire chanter, M. Torrance ?
- Non, je vous téléphone pour vous dire que vous n’avez pas été franc avec moi, et même avec toute ma famille.
- Toutes ces affaires ne vous concernent pas, vous n’êtes que le gardien. Vous devez vous assurer que la chaudière n’explose pas où que les conduites ne gèlent pas, c’est tout. Ce qui se passe dans le manoir ne vous
regarde pas.
- Vous avez fouiné mon passé avant de me donner le poste, avec tous ses aspects peu reluisants. Vous m’avez fait subir un interrogatoire, vous m’avez humilié.
- Je vous trouve insolent, M. Torrance. quel culot ! Vous mordez la main qui vous nourrit ! Je devrais vous virer, je n’aurais même pas dû vous prendre.
- Je crois que M. Shockley s’opposerait à mon départ.
- M. Shockley sait ce qui est bon pour lui.

Jack croqua son troisième comprimé d’Excedrin. Le mal de tête était lancinant.

- Qui possède le manoir et toute la ville, à présent ? reprit Jack, de plus en plus irrité. Les journaux locaux parlent de mafieux.
- Vous n’êtes qu’un employé, M. Torrance, du menu fretin. Vous n’avez pas à le savoir.
- Al le saura. Je lui téléphonerai et il me dira tout.
- Très bien, je vous assure que la mafia n’est pas propriétaire. Des gens de la côte est, M. Shockley et moi-même. Si Shockley est lié au milieu, vous êtes mieux placé que moi pour le savoir.
- Qui sont ces gens de la côte est ?
- Je ne vous le dirai pas, je vais soumettre cette affaire au conseil d’administration et …
- Je vais écrire un livre sur le manoir, combler les blancs dans son histoire. Je saurai tout et je dirai tout. Les meurtres, les mœurs douteuses des propriétaires…
- Ce n’est pas prudent.
- Je savais que ce projet ne vous emballerait pas.

Pour la première fois depuis longtemps, Jack avait les idées claires. Un effet de l’Excedrin. Son mal de tête avait totalement disparu. Il poursuivit.

- Vous aimeriez une histoire lisse, belle pour le manoir. Mais ce n’est pas possible, trop de morts.
- J’aimerais tellement vous virer, M. Torrance, mais ça me causerait aussi des problèmes. Je vais consulter M. Shockley, que je vais appeler dès que vous aurez raccroché.
- Tout dans le livre sera véridique. Rien de faux.
- Je ne veux plus de vous dans mon manoir, hurla Ullman, dont les nerfs avaient craqué.
- Ce n’est pas votre manoir, dit Jack.

Puis il raccrocha violemment. Il avait réussi à rester relativement calme tout au long de la conversation. Mais il réfléchit à ce qu’il venait de faire. Il allait peut-être perdre son job, gâcher sa dernière chance. Al ne pourrait peut-être pas le sauver cette fois. Jack avait envie de boire. Boire pour oublier cette conversation. Boire pour oublier son erreur. Il aurait du téléphoner à Watson, qui semblait aussi au courant. Son numéro était certainement dans le bureau d’Ullman. Mais le mal était fait.

Il prit un autre Excedrin en quittant la cabine. Il n’avait pas oublié son goût amer. Danny et Wendy arrivaient dans la rue.

- On vient te chercher, dit-elle. Il commence à neiger.
- En effet, répondit Jack.
- Tu penses que c’est pour de bon, cette fois-ci ?
- Je crois que non, il doit nous rester encore une semaine.
- Comment va ta tête ?
- Mieux. rentrons avant que la route ne soit trop glissante.

En s’asseyant au volant de la camionnette, Jack réfléchit. Il était fasciné par le Ravenswood Manor, mais ne l’aimait guère. Il n’était pas sûr que cet endroit leur fît du bien. Un moment, il espéra être renvoyé, pour quitter le manoir, avant qu’il ne soit trop tard. Il démarra le moteur, fit marche arrière et prit la direction de Thunder Mesa.

Comme prévu, Al appela dans la soirée. La ligne était moyenne. Heureusement, c’est jack qui avait décroché. Il s’était tenu près à bondir vers le bureau d’Ullman à la première sonnerie.

- Jack, qu’est-ce qui t’a pris ? demanda Shockley d’entrée de jeu.
- Salut, Al, répondit mollement Jack, comme si rien ne s’était passé.
- Qu’est-ce qui t’a pris ? répéta Shockley Ullman m’a contacté, il était furieux après toi. Furieux et inquiet.
- Il ne devrait être ni l’un, ni l’autre. Toi non plus, d’ailleurs.
- Qu’est-ce que tu lui as raconté ? Il m’a parlé de chantage, avec la publication d’un livre.
- Je voulais l’asticoter un peu. Il a remué toutes mes vieilles histoires par dévotion au manoir. Le prestigieux Ravenswood Manor. J’ai trouvé dans la cave des articles peu glorieux sur le manoir…
- Je connais l’histoire de Thunder Mesa, dit froidement Al.
- Je lui ai téléphoné pour lui envoyer tout ça à la figure. Si c’était à refaire, je ne le ferais pas, crois-moi. Ce n’était pas très malin. Je lui ai seulement dit que j’allais écrire un livre. L’histoire du manoir. Son histoire complexe, où on voit la fièvre de l’or au XIXème siècle, la crise des années 30, et la décadence des riches après la guerre. Ce manoir reflète parfaitement l’évolution du pays depuis 150 ans ! Mais c’est pour plus tard, je dois…
- Non, Jack.
- Comment ça ?
- Je ne tiens pas à ce qu’on souille la mémoire de ma nouvelle acquisition. Ton « plus tard » veut dire 5 ans au maximum. Mais il faudrait que ce soit 30 ou 40 ans selon moi.

Jack resta muet. Tout le monde était contre lui.

- Je t’ai aidé car je me sens responsable. Tu te souviens de nos virées ?
- Bien sûr, répondit jack le cœur serré.

Il reprit un Excedrin.

- Tu allais être titularisé à Stovington grâce à mon appui, mais tu as gâché tes chances. cette fois, je te trouve une place tranquille dans un hôtel, où tu peux finir ta pièce et te reposer, pendant que moi je convaincs ces idiots du lycée de te reprendre. Et c’est comme ça que tu me remercies ?
- Non, répondit jack, penaud.

Il n’allait pas tout risquer pour écrire un livre. Il ne pouvait pas laisser passer sa dernière chance. Et si ce n’était pas pour lui, au moins pour Wendy et Danny.

- Est-ce que je suis renvoyé ? demanda Jack, pour revenir à l’essentiel.
- Non, à deux conditions.
- Je les accepte, pour Wendy et Danny.
- En cas de problème, ne téléphone pas à Ullman. Téléphone plutôt à Watson.
- C’est entendu.
- Et pas de livre sur le manoir.
- D’accord, Al.
- Très bien, Jack.
- Al ?
- Oui ?
- Les propriétaires sont-ils tous des gens biens ? Pas de mafieux ?
- Cela ne te regarde pas, Jack.
- Tu as raison, Al. Bon, on se revoit au printemps ?
- Bien sûr. A part ça, vous allez bien ? Tu ne bois plus ?

Jack prit deux Excedrin d’un coup.

- Non.
- Moi non plus.
- Salut, Al.
- Salut.

Jack raccrocha. Wendy demanda depuis la cuisine :

- Qui c’était ?
- Al, comme ça, pour voir si tout allait bien.




Serait-ce le plus long message jamais écrit sur le forum (5 pages A4 cheers ) ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 19 Juin - 15:39

Felicitations Maggie Simpson, ton récit est très passionant, j'attends la suite avec impatiente !
Citation :
Seymour Chalmers
Un mélange entre principal Seymour Skinner et l'inspecteur Chalmers naturellement Mr. Green. Et quand tu décris la rencontre de Jack et Wendy à l'université ça me fait penser a l'épisode des Simpsons avec la rencontre de Marge et Homer à l'université également dans un club de débat... j'ai beau chercher mais je ne sais pas c'est quel épisode, si tu le sais peux-tu me le dire ? Merci, d'avance.
Revenir en haut Aller en bas
Maggie Simpson
Fantôme prisonnier du manoir


Masculin Nombre de messages : 2701
Age : 29
Date d'inscription : 07/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Jeu 19 Juin - 22:03

gentlemanlupin a écrit:
Felicitations Maggie Simpson, ton récit est très passionant, j'attends la suite avec impatiente !

Pas autant que moi... un chapitre à écrire ce soir, très important, le premier où c'est qui se passe quelque chose. Et plus qu'une semaine pour adapter une bonne moitié du film et du livre...

gentlemanlupin a écrit:
Citation :
Seymour Chalmers
Un mélange entre principal Seymour Skinner et l'inspecteur Chalmers naturellement Mr. Green.

Aucune imagination concernat les noms. Je puise dans les trucs que je connais le mieux.

gentlemanlupin a écrit:
Et quand tu décris la rencontre de Jack et Wendy à l'université ça me fait penser a l'épisode des Simpsons avec la rencontre de Marge et Homer à l'université également dans un club de débat... j'ai beau chercher mais je ne sais pas c'est quel épisode, si tu le sais peux-tu me le dire ? Merci, d'avance.

Je ne me souviens même plus de la rencontre Jack-Wendy. En même temps on s'en fout (avouez-le, les 10 premiers chapitres ne racontent rien d'intéressant). De plus, je ne lis pas mes oeuvres, donc c'est normal que je m'en souvienne pas.

La rencontre Homer-Marge ? Saison 2, Il était une Fois Homer et Marge.




Chapitre 11 : Boot Hill


Un jour, Jack aura sa revanche. Il ne serait plus à la botte d’Al. Il écrira son livre, dans deux ans peut-être. Les nerfs tendus, il ne parvenait pas à dormir. Il gardait les yeux ouverts dans la nuit. Perdu dans ses pensées, il s’endormit.

Wendy s’inquiétait pour Jack. Elle fermait les yeux mais ne parvenait pas à s’endormie. Elle craignait pour Jack. Tous les symptômes de l’alcoolisme de Jack remontaient à la surface, même si ce dernier essayait de le cacher. Heureusement, Jack ne s’était pas remis à boire. Wendy avait vu la tablette d’Excedrin près du téléphone. De plus, Jack était – ou plutôt paraissait – sans cesse de bonne humeur. Il aurait dû se mettre en colère, pour faire retomber la pression.

Pendant le coup de téléphone d’Al, Danny avait arrêté de jouer. Il semblait écouter la conversation. Mais il était dans la salle de bal, à l’autre bout de la maison. Depuis leur arrivée ici, Danny était moins joyeux, moins guilleret. Jack avait mis ça sur le compte de l’air de la montagne, mais Wendy sentait que Danny ne se plaisait pas à Thunder Mesa. Par conséquent, Wendy non plus. Elle s’endormit en pensant à la neige de son enfance.

Danny ne dormait pas non plus. Le vent soufflait à présent. Tout se gâtait depuis leur arrivée au manoir. Jack songeait à se remettre à boire. Il contenait trop sa colère contre Wendy. Wendy s’inquiétait aussi. Danny sentait quelque chose de mauvais dans le manoir, et sa mère le savait. Mais ni l’un ni l’autre n’en parlait. Ils savaient que cette grande bâtisse grinçante était la dernière chance de Jack.

Au début, tout allait bien. Mais depuis que Jack avait découvert les papiers dans la cave, il avait commencé à perdre pied. Danny essayait d’appeler Tony pour en savoir plus sur le danger qui planait sur eux. Il devait savoir. Bientôt, la neige les bloquerait ici au moins quatre mois. Il finit par s’endormir, bien après ses parents.

Deux jours s’écoulèrent sans encombre. Danny jouait au premier étage, Wendy lisait et s’occupait des tâches ménagères, et Jack travaillait sur sa pièce dans la salle de bal. Il était 21 heures passées, et Jack n’était pas venu dîner. Danny dormait déjà dans la chambre. Wendy prépara des sandwichs, les posa sur un plateau et les apporta à Jack.

Le bruit de la machine à écrire s’était tu. Elle entra doucement. Jack avait la tête entre ses mains et semblait réfléchir. Elle s’approcha doucement de la grande table et posa le plateau à côté de Jack. Le bruit le fit sursauter. Il fixa sa femme.

- Je t’ai apporté des sandwichs, comme tu n’es pas venu dîner, dit-elle en se forçant à sourire.
- Wendy, souffla Jack après un soupir. Nous allons fixer quelques règles. Quand tu m’entendras taper (il prit un air débile et tapa au hasard sur des touches de la machine à écrire), où que tu ne m’entendes pas taper, quoique que tu entendes, quand je suis ici, c’est que je travaille.

L’énervement de Jack était de plus en plus palpable. Il criait presque.

- Et quand je travaille, reprit-il, je ne veux surtout pas être dérangé.
- Bien, chéri, répondit Wendy, toute timorée.
- Cette règle s’applique dès maintenant, ajouta Jack en montrant du doigt la porte par laquelle Wendy était entrée.

Wendy quitta la salle en silence, au bord des larmes. Elle rangea la cuisine et monta se coucher. Elle s’endormit avant que Jack ne la rejoigne.

Le lendemain, Danny et Wendy descendirent à Sidewinder. Ils allaient rendre leurs derniers livres et faire quelques courses, sûrement les dernières avant un bon bout de temps. Jack ne voulut pas les accompagner. Il prétexta avoir du travail à finir, ce qui était véridique. Danny, qui voyait l'influence mauvaise du manoir sur son père, regretta cette décision sans en faire part à quiconque. Il aurait tant aimé éloigner Jack de Thunder Mesa.

Jack en profita pour aller nettoyer le cimetière attenant au manoir. Il mit un épais blouson, des gants de jardinage, s’empara d’un sécateur et se dirigea vers les grilles de Boot Hill. Le cimetière était envahi de ronces, de broussailles et d’herbes.

Les nuits froides avaient endormi les plantes. La radio avait annoncé de la neige. C’était certainement la dernière occasion de s’occuper du cimetière. Jack débroussailla les tombes, ôta les branche et les feuilles mortes des allées, arracha les mauvaises herbes récalcitrantes et balança le tout dans le lac. Une fois fini, Jack posa ses gants et ses outils sur le mausolée en bronze qui se dressait au milieu du cimetière.

Il observa attentivement tous les côtés de l’édifice. Aucune inscription, juste un léger bas-relief à moitié effacé par le temps et la saleté. Jack haussa les épaules. Quatre tombes se tenaient au fond du cimetière. Elles dessinaient une chaîne alimentaire reconstituée, allant de l’écureuil au grizzly, en passant par le puma et l’homme. Sur chaque pierre tombale était sculptée le visage des animaux. Jack se détendit et eut un bref sourire. Il alla ranger ses outils dans la cave, en passant par le cellier.

- Pas de vin, soupira-t-il en contemplant les étagères vides.

Puis Jack revint s’appuyer sur la balustrade en bois qui bordait le cimetière côté lac, après s’être assuré qu’elle était assez solide. Bien que le soleil fut masqué par des nuages, il y avait beaucoup de lumière. L’orange vif de Big Thunder Mountain tranchait avec le vert-bleu sombre du lac. Au loin, les sapins verts dressaient leurs cimes pointues vers le ciel gris. Les quelques bouleaux sur la rive opposée avaient perdu leurs feuilles.

Jack sourit, pour de bon cette fois. Ses soucis semblaient envolés. Qui peut se plaindre quand mère nature lui offre son plus beau spectacle ?

Jack eut soudain la chair de poule. Les poils sur ses bars et ses jambes s’étaient soudainement dressées. Jack sentait des fourmillements qui descendaient le long de sa colonne vertébrale. Il se retourna lentement, son sourire avait laissé place à l’inquiétude. Tout était normal. Danny et Wendy ne seraient pas de retour avant deux bonnes heures. Il était seul, au beau milieu de la nature sauvage.

Mais quelque chose avait bougé. Oui, une des tombes s’était entrouverte. Jack en eut le souffle coupé. Le couvercle de la tombe de Ma Ballard avait glissé. Il en était sûr, il venait de le nettoyer il y a cinq minutes. Il tourna la tête vers les deux tombes jumelles, celles des époux Ravenswood. Pareil, les couvercles avaient glissé, s’écartant l’un de l’autre. Jack avait pourtant eu l’impression qu’ils étaient scellés au socle.

Les regards des animaux et du trappeur sur les pierres tombales s’étaient tournés vers lui, chacun des visages arborant un sourire grimaçant, celui du prédateur sadique observant avec appétit sa proie.

Jack se frotta les yeux et secoua la tête. Il poussa un gémissement sourd en les rouvrant. Les deux tombes des époux Ravenswood étaient presque ouvertes, l’archet s’était posé sur le violon de la tombe de Shaillman. Mais le pire de tout, une main décharnée sortait de la tombe de Ma Ballard.

Jack trouva une seule explication à cette hallucination – qu’est-ce que ça pouvait être d’autre qu’une hallucination ? : la folie.

- Pourquoi nettoyer ces tombes ? se dit Jack. Elles sont parfaites comme ça.

Un bruit sec le fit reculer. La tombe de Ma Ballard était ouverte, deux mains en sortaient. Le sang battait à ses tempes. Il transpirait abondamment. Il recula jusqu’à toucher la barrière. La plupart des tombes étaient ouvertes. Les yeux le suivaient toujours. Jack regardait tour à tour chaque tombe. Il ne pouvait toutes les surveiller. A chaque fois qu’il détournait son regard, une main sortait de terre, une tombe s’ouvrait.

Toujours adossé à la barrière, il ferma les yeux et posa ses mains sur son visage. Il poussa un hurlement de peur quand il sentit quelque chose le toucher. Il attendit quelques secondes puis rouvrit les yeux.

Les tombes étaient bel et bien fermées. Les regards sculptés regardaient leur voisin de gauche. Le vent s’était levé. Sans quitter des yeux la tombe de Ma Ballard, il se dirigea vers la sortie du cimetière en longeant le lac. Puis prenant son courage à deux mains, il passa entre les tombes de Ma Ballard et des époux Ravenswood.

Jack s’engouffra dans le cellier sans lancer de regard derrière lui. Il remonta dans la cuisine et prit deux Excedrin. Il alla ensuite dans la salle de bal et s’assit devant sa machine à écrire. Il avait eu une crise, mais tout était rentré dans l’ordre. Avant de se remettre à taper, il jura cependant de ne plus jamais mettre les pieds à Boot Hill.

Il entendit la camionnette dans le parking et sortit accueillir sa famille. Il ne leur dit rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
spider
Explorateur effrayé


Nombre de messages : 236
Age : 23
Date d'inscription : 08/12/2006

MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Sam 21 Juin - 15:15

0OOOh creepy, j'adore la scène avec les tombes ouvertes !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Nouvelle nouvelle : The Shinning   Aujourd'hui à 5:07

Revenir en haut Aller en bas
 
Nouvelle nouvelle : The Shinning
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 7Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
 Sujets similaires
-
» Nouvelle CX Minichamps
» Duo avec Daho sur le nouvel album de Nouvelle Vague
» Nouvelle Ordre Mondial => C'est quoi cette histoire ?
» Titanic [mini-série de 2012 réalisée par Julian Fellowes]
» Ma nouvelle nouvelle Sub…

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The-Manor :: Phantom Manor - Pour aller plus loin... :: Fan Fictions-
Sauter vers: