PHANTOM MANOR
 
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 L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)

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CHaMo
Pauvre mortel


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MessageSujet: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Sam 19 Aoû - 0:43

Salut à tous ! Bien que récemment inscrit, je tiens à préciser que je suis depuis pas mal de temps ce forum qui se révèle passionnant. Toute comme l'attraction, dont j'ai adapté l'histoire qui arrive ci-dessous. Je vous avertis cependant que je suis assez irrégulier dans mes écrits mais je ne doute pas que j'aurais fini cette histoire d'ici deux semaines (enfin, j'suis assez optimiste). Enjoy now ! jocolor


L'histoire de Phantom Manor

Préface de l'auteur

Phantom Manor est une attraction qui m'a toujours fascinée, moins pour son histoire que pour l'image type de la maison fantôme qu'elle représente. L'horreur, l'effroi, le surnaturel sont des valeurs ancrées au plus profond de cette attraction hors du commun.
Ma première rencontre avec elle date de 1994, j'avais alors quatre ans. La peur qui m'étreignait le coeur à la seule vue de cette bâtisse sombre est indescriptible. Pourquoi donc cet effroi ? Avais-je déjà vu des films d'horreur qui se réflétaient dans ce manoir ? Ou était-ce rien que l'appelation « maison hantée » qui m'effrayait ? En compagnie de mes parents, je passais le portail de fer rouillé gardé par deux gardiens aux chapeaux hauts de forme, aux longs manteaux noirs et aux dents de vampires. L'un d'eux me dit qu'un petit garçon comme moi était courageux d'aller à la maison hantée. J'avais et j'ai l'esprit romanesque, et que l'on me dise courageux enhardissait ma témérité. Parvenu aux portes de bois du manoir, cette témérité baissa d'un cran et elle continua sur cette pente quand, entré dans le vestibule, une grave voix éraillée se mit à gronder. Les portes du manoir se fermèrent et la voix nous invita à rentrer dans une nouvelle pièce, une haute pièce décorée de quatre tableaux illustrant une jeune femme. Les murs se mirent à monter et monter, les tableaux s'agrandissaient et présageaient des malheurs pour la jeune femme. La voix me nargua. Il n'y a ni porte, ni fenêtre, alors par où sortir ? Les éclairs zébrèrent le plafond, le tonnerre gronda. Je me sentais coincé. J'avais peur, horriblement peur. Il me fallait sortir, à tout prix. Je hurlais, transis d'effroi, suppliant de quitter cette affreuse pièce. Au diable le courage ! Au diable la témérité ! la survie avant tout ! Des majordomes me firent quitter le manoir en compagnie de ma mère et nous fûmes contraint d'attendre mon père à la sortie de l'attraction. Je me sentais un peu lâche, certes, d'avoir succomber aussi facilement à ma peur mais j'étais grandement soulagé d'avoir échappé à ce qui était pour moi un terrible danger.
J'eus une seconde chance de visiter Phantom Manor, à sept ans, en 1997, en compagnie de mon père. Je découvrais pour la première fois tout l'univers de cette maison hantée et je maudis ma témérité en même temps que ma peur. Car si cette fois, le courage ne m'eut pas fait défaut, la musique captivante et en même temps terrifiante continua à me hanter de nombreuses nuits suivantes.
J'eus bien entendu l'occasion de visiter à nouveau cette attraction fascinante mais ce fut seulement à 16 ans, lorsque je fis pour la cinquième ou sixième fois ce parcours hanté, que je me mis à m'intéresser sérieusement à l'histoire de Phantom Manor. Utilisant cet outil formidable qu'est internet, je parcourus le net à la recherche de l'histoire de l'attraction mais à mon grand regret, je ne trouvais que hypothèses et suppositions. Le scénario officiel et incomplet fourni par Disney Land et qui accusait le père de la Mariée ne me plaisait pas et me paraissait complètement absurde, puisque dans mon ordre des choses, un père ne peut haïr sa fille or le Phantom, ce squelette à l'hilarité démoniaque, semblait vraiment détester la Mariée. Je fus pendant un moment séduit par la thèse de l'amoureux éconduit car il faut bien avouer que la trahison d'une personne aimée est sujet à la plus vile haine. Mais j'abandonnais cette idée car elle n'exploitait pas assez toute la tragédie de Phantom Manor. Quant à la supposition que le Phantom était la mère de la Mariée, cette idée intéressante m'amusa beaucoup mais mon machisme latent me tend à préférer des méchants masculins.
Aussi, non mécontent ne pas adapter une hypothèse, j'ai décidé d'écrire l'histoire de Phantom Manor selon ma vision des choses.








Prologue (story line officiel)

Une ancienne légende indienne raconte que Big Thunder Mountain
recèle de grandes richesses gardées par un oiseau, l'Oiseau Tonnerre
et que quiconque tentera de s'approprier ces richesses déclenchera la colère de l'Oiseau qui ébranlera la montagne de ses battements d'ailes détruisant ainsi les pillards.
Nous sommes en 1860 dans la petite ville de Thunder Mesa
construite au pied de Big Thunder Mountain.
Henry et Martha Ravenswood sont propriétaires d'un superbe manoir de style victorien construit dans ce qui est le quartier aisé de la petite ville.
Ils ont fait fortune en fondant la Thunder Mesa Mining Co qui exploitait une mine d'or dans la montagne.
Henry est également le patriarche d'une des familles fondatrices de Thunder Mesa.

Leur fille devait se marier et la noce, grandiose, comme il se doit était en plein préparatifs. Des bruits couraient disant que le futur marié souhaitait vivre ailleurs avec son épouse et que Henry Ravenswood en était furieux.
Mais la vieille malédiction indienne allait frapper. Un tremblement de terre déclenché par une explosion dans la mine secoua Thunder Mesa.
Il fit au moins deux victimes, Henry et Martha Ravenswood. Après les obsèques, les fiancés décident de maintenir le mariage

Pour une raison inconnue, le fiancé ne se présenta pas le jour du mariage.
La Mariée, le coeur brisé s'enferma dans le manoir pendant des années du moins c'est ce que tout le monde pensait à Thunder Mesa.
On pouvait l'apercevoir de temps à autre à une fenêtre, toujours vêtue de sa robe de mariée. Nul ne savait si elle était encore en vie ou déjà fantôme. Personne ne s'approchait assez pour en savoir plus et l'on commença à appeler la maison Phantom Manor.
Ce n'est que longtemps après que les serviteurs de la famille, Jasper et Anna Jones réapparaitront à Thunder Mesa et raconteront leur histoire. Ils venaient de s'échapper du manoir.

Durant tout ce temps, ils avaient été tenus prisonniers et terrorisés
par des esprits et en particulier par un fantôme particulièrement malfaisant
qu'ils pensaient être Henry Ravenswood lui même, courroucé par le projet de départ de sa fille. il l'avait tenue prisonnière jusqu'à la fin de ses jours.





1. La descendance d'Henry Ravenswood

Monsieur Henry Ravenswood était un homme grand, imposant, massif et moustachu, et aussi le plus riche de toute la petite ville que formait Thunder Mesa. Cette modeste bourgade des Etats-Unis construite au pied de Big Thunder Moutain, un massif rocheux d'un rouge éclatant, était une véritable fourmillière où s'activaient mineurs, commerçants, escrocs, brigands et entraîneuses. Bref, Thunder Mesa était à son apogée, et cela grâce à Monsieur Henry Ravenswood et à son argent. Car si M. Ravenswood devait une partie de sa richesse à son mariage avec sa femme Martha, laide mais issue de la famille Ballard qui était une famille non moins aisée, l'autre partie était la conséquence de la Thunder Mesa Mining Compagny, fondée par Henry Ravenswood et exploitant une mine d'or trouvée par Henry Ravenswood lui-même. D'où l'activité des mineurs et de tout le commerce qui s'en suit.
Monsieur Ravenswood, en plus d'être fier, était un homme vaniteux qui, pour montrer sa richesse, s'était fait construire un immense manoir sur une colline dominant tout Thunder Mesa. Savait-il alors que cette colline avait été un ancien cimetierre indien ? Difficile de le dire. Monsieur Ravenswood s'en serait bien moquer s'il l'avait su de toute manière, cela n'aurait rien changer à ses plans. Tout allait donc pour le mieux pour le maître de Thunder Mesa. La construction du manoir fut achevé en 1840, année à laquelle naquit quelques mois plus tard l'enfant d'Henry et de Martha Ravenswood...

Un éclair zébra le ciel dans un terrible fracas de tonnerre. La chambre de Martha Ravenswood, qui en d'autres temps était chaude et acceuillante, paraissait froide et austère. La lueur des multiples bougies de cire ressemblaient à des flammes de l'enfer sur le papier peint rouge de la pièce. Martha poussa un cri de douleur. Elle était à moitié nue, sur son lit, les jambes écartées face à trois hommes qui s'activaient fébrilement autour d'elle. Une douleur horrible et malfaisante lui tiraillait les entrailles et tentait de s'en extraire avec force. Martha accouchait.
- Je vois la tête, déclara le plus grand des trois hommes. Jasper, apportez-moi de l'eau.
Le jeune domestique s'exécuta en sortant de la chambre pour aller chercher une bassine remplie d'eau. Le grand homme s'y lava les mains avant de reprendre son travail, malgré les hurlements de souffrance de Martha Ravenswood.
- Quel malheur qu'Anna se soit trouvée grosse, grogna Henry Ravenswood en maltraitant sa grosse moustache noire. Ses compétences de sage-femme aurait pu nous aider.
Jasper et Anna Jones, mari et femme depuis que cette dernière était tombée enceinte, étaient les plus fidèles domestiques des Ravenswood, bien qu'étant à leur service depuis un peu moins de deux ans. Quant au troisième homme, il s'agissait de l'apothicaire de Thunder Mesa appelé en urgence car on savait de lui qu'il avait suivi des études de médecine et qu'il était donc normal qu'il sache faire accoucher une femme.
Martha hurla à nouveau avec toute la force que sa douleur pouvait lui donner.
- La tête de l'enfant bloque, annonça gravement l'apothicaire. Il va falloir que je prodigue à une césarienne.
Henry Ravenswood blémit. Il avait déjà entendu parler de ce genre intervention, consistant à extraire le nouveau-né par une incision de la paroi abdominale et de l'utérus. Peu de femmes en réchappaient, qu'elles meurent à la naissance ou par les suites d'une infection abdominale. Monsieur Ravenswood frémit à voyant le bistouri que brandit l'apothicaire, aussi préféra-t-il se retourner pour ne pas voir l'opération. Mais les cris de sa femme le contraignirent à fuir la pièce pour le couloir, où il alluma sa pipe et se mit à fumer frénétiquement. Une éternité semblait s'écouler à ses yeux, rythmée par les hurlements effroyables de sa femme. Enfin, ces cris insurportables s'arrêtèrent. Jasper vint chercher Monsieur Ravenswood pour l'amener dans la chambre. A peine entrer dans la chambre , Martha, allongée sur le lit, au bord de l'inconscience, le supplia en un murmure :
- Je ne veux plus avoir d'autres enfants Henry... plus jamais d'autres...
Et elle perdit connaissance. L'apothicaire confia à Monsieur Ravenswood que sa femme allait s'en sortir. Puis il l'invita à venir voir son enfant. Monsieur Ravenswood prit le nourisson dans ses bras avant de s'exclamer soudainement :
- Dieu que cet enfant est laid !
Et il le laissa tomber.


- Vous êtes si belle Mademoiselle Ravenswood.
Mélanie Ravenswood, la fille d'Henry Ravenswood, née en 1840, dévisagea son reflet dans le miroir de sa coiffeuse. C'était une belle jeune femme âgée d'une vingtaine d'années, à la longue chevelure rousse et bouclée, au teint blanc et frais comme la rosée du matin, et aux yeux d'un bleu éclatant semblable à ce bleu si riche qui forme la couleur du fond des océans. Elle avait la taille svelte et attirante, des mains blanches et délicates, et elle possèdait par dessus tout une gentillesse sans pareille. Anna Jones, la domestique, était occupée à coiffer la chevelure si soigneuse de Mélanie.
- Vous me cajolez toujours comme un bébé Anna, rouspéta légèrement Mélanie dans un sourire.
- Je ne fais que dire ce qui est vrai Mademoiselle, dit Anna. Vous resterez pour moi la plus belle enfant que Dieu ait jamais créé.
- Voyons Anna, il n'y a que les mères pour dire ça de leurs enfants, répondit Mélanie gênée.
La domestique eut une sorte d'hésitation, comme si elle retenait une réponse qui menaçait de surgir du bout de ses lèvres.
- Veuillez m'excuser Mademoiselle. Il faut dire que durant ces vingt années à vous servir, vous avez été pour moi l'enfant perdu durant ma fausse couche. Pardonnez-moi si je vous offense mais je me considère un peu comme votre mère.
Au travers du reflet du miroir, Mélanie regarda Anna. C'était une bonne femme d'une quarantaine d'années, blonde et avec des tâches de rousseur. Mais elle possèdait néanmoins un certain charme et il était vrai que sous certains angles, son visage ressemblait étrangement à celui de Mélanie.
- Si nous avions eu le même âge, on nous aurait pris pour des soeurs, remarqua Mélanie.
Anna ne répondit pas à cela. Elle paraissait troublée et gênée.
- Quelque chose ne va pas Anna ? s'inquiéta Mélanie en fronçant les sourcils.
- Ce n'est rien Mademoiselle, répondit la domestique, c'est juste ce mariage qui me rend anxieuse.
- Je dois à la vérité dire que moi aussi je suis un peu inquiète, avoua Mélanie en rougissant.
- Ne vous en faites Mademoiselle, la rassura Anna, vous vous aimez l'un comme l'autre. Ça ne peut être qu'un mariage heureux. Voulez-vous une barrette dans vos cheveux ?
- Oui, répondit Mélanie, il faut que je sois du plus bel effet pour le dîner de ce soir.
La domestique se pencha sur la coiffeuse pour prendre une barrette d'or quand son regard s'arrêta sur le portail du manoir, visible depuis la fenêtre du boudoir.
- Mademoiselle, votre fiancé arrive.
Mélanie se leva d'un bond en se précipitant vers la fenêtre. Un homme en costume élégant parlait au portier qui tenait le portail.
- Mon Dieu ! Déjà ? s'exclama Mélanie mi-joyeuse, mi-alarmée. Et je ne suis pas encore prête ! Vite Anna, activez-vous donc !


Suite au prochain numéro Very Happy[i]


Dernière édition par le Mer 1 Nov - 21:54, édité 1 fois
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Sintes
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Sam 19 Aoû - 20:00

Ben dis-donc pour un nouveau c'est plutot pas mal ! Bienvenue a toi !
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CHaMo
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 20 Aoû - 0:00

Merci Sintes geek

Et voici sans plus attendre le chapitre 2 :

2. La colère d'Henry Ravenswood

Le fiancé de Mélanie était un jeune homme d'une demi-dizaine d'années plus vieux qu'elle, employé à la Thunder Mesa Mining Cie. Ce fut d'ailleurs grâce à la visite de Mélanie dans la mine qu'elle le rencontra. Le jeune homme n'était alors qu'un simple chauffeur de train mais il était débrouillard et avait le sens des affaires, ce qui lui avait valu de se faire remarquer par Monsieur Ravenswood qui lui donna sa chance. Aussi ce dernier ne fit aucune difficulté face à l'amour naissant entre ce jeune homme et sa fille, pas plus que pour le mariage.
Le fiancé avait été depuis invité régulièrement à dîner par les Ravenswood, à la plus grande joie de Mélanie. Le dîner de ce soir n'était en soi pas nouveau ni exceptionnel, bien que chaque moment passé ensemble soient exceptionnels pour deux personnes qui s'aiment. Les convives, à savoir Monsieur, Madame et Mademoiselle Ravenswood ainsi que le fiancé de cette dernière, parlèrent de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, de la Thunder Mesa Mining Cie et du mariage. Le sujet de « l'après-mariage » arriva en même temps que le dessert, qui était des granités à la menthe. Monsieur Ravenswood annonça que tout avait été fait en sorte pour que son manoir puisse acceuillir les jeunes mariés et leurs futurs enfants.
- Monsieur Ravenswood, commença le fiancé gêné, j'apprécie beaucoup tous les bons soins que vous prenez à organiser notre mariage mais nous avions prévu avec Mélanie de quitter Thunder Mesa.
Monsieur Ravenswood manqua de s'étouffer avec ses granités.
- Comme cela ? s'énerva-t-il. Quitter Thunder Mesa ? Mais vous n'y songez pas malheureux ! Et la mine ? Et la compagnie ? Et le manoir ? Qui l'habitera quand Martha et moi serons de l'autre côté ?
- Nous y habiterons monsieur, lui répondit simplement le futur gendre. Mais voyez-vous, avec Mélanie, nous n'avons connu de toute notre vie que Thunder Mesa. Nous avons besoin de nouveaux horizons, de nouveaux paysages. Nous ne pouvons nous soustraire qu'à ce simple échantillon de monde que nous offre notre bonne petite bourgade.
- Mais vous êtes fou ! tempêta Monsieur Ravenswood. J'ai bâti votre avenir ici ! Tout votre futur est ici, écrit, construit ! Vous refuseriez donc l'immense fortune que je vous offre ?
- Désolé Monsieur Ravenswood, dit sèchement le fiancé. J'ai pris cette décision avec Mélanie et elle est d'accord.
- Est-ce vrai ? demanda durement Monsieur Ravenswood en se tournant vers sa fille.
Mélanie fit un petit hochement de tête. Monsieur Ravenswood fulmina, poussa un juron qui choqua sa femme, et quitta la salle à manger en jetant violemment sa serviette sur la table. Dans un soupir, Martha conseilla au fiancé de partir. C'en était assez pour ce soir. Mélanie raccompagna tristement son fiancé jusqu'au vestibule d'entrée.
- Ne vous en faites, le rassura-t-elle. Il lui prend assez souvent de ces colères quand une chose ne lui convient pas. Mais il sait pardonner. Demain il n'y paraîtra plus, je vous le promet.
- Vos paroles, mon aimée, me réchauffe le coeur, répondit le fiancé. J'avais craint de ne plus être estimé par votre père.
Il se pencha pour lui baiser le front. Pendant un instant, il lui vint une idée audacieuse. Rester ici, rester avec Mélanie, cacher dans sa chambre, dans son lit et n'en sortir qu'au petit matin. Bien que la séduisant, Mélanie rejeta doucement la proposition de son amour. Il ne fallait pas consommer le mariage avant qu'il n'est lieu. Après un long instant d'hésitation, le fiancé partit avec un dernier baiser de Mélanie.

Pour aller jusqu'à sa chambre, Mélanie devait emprunter un couloir qui menait aussi au bureau de son père. La porte de cette pièce était légèrement entrouverte quand Mélanie passa. Elle entendit des cris de colère, si propres à ceux de son père, en provenir et, curieuse, elle glissa un oeil par la petite ouverture. Sa mère était assis sur un fauteuil de velours rouge et pleurait à chaudes larmes. Son père fait les cent pas, tempêtant, fulminant, brandissant un papier semblable à une lettre qu'il jeta au feu.
- Il ne pourra pas survivre sans ressource ! criait-il. Il en est incapable ! S'il fait ainsi, il court à sa perte !
Mélanie se doutait bien que son père avait encore en travers de la gorge l'annonce de son fiancé. Mais dire que elle et lui étaient incapable de se débrouiller sans son père l'indignait profondément. Aussi, sur un coup de sang, elle prit le parti de se révéler. Elle ouvrit la porte en grand et pointa un doigt accusateur sur son père.
- Nous sommes très bien capables de nous débrouiller sans ton argent Père, déclara-t-elle. Nous nous en sortirons, avec ou sans toi.
Et elle courut se réfugier dans son chambre, laissant son père avec un visage blême et sa mère incrédule.
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Foolish
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Mar 22 Aoû - 11:19

Trés bien écrit et WELCOME Smile
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CHaMo
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Jeu 24 Aoû - 18:53

Merci Foolish Very Happy

Voici sans plus attendre le chapitre 3, qui nous rapproche un peu plus de la fatidique journée :

3. Henry Ravenswood


Il était coutume au Manoir et à Thunder Mesa d'appeler Leota Toombs Madame Leota. L'une de ces raisons était que personne ne savait si Toombs était son vrai nom, aussi était-il plus commun de l'appeler Madame Leota. L'usage du mot « madame » était en soit parfaitement ridicule puisque Leota Toombs n'avait jamais été mariée. Mais c'était ainsi que l'on nommait une vieille fille, ce qu'était Leota, au XIXème siècle. Mais que l'on ne se méprenne pas. Mme Leota avait conservé un teint de jeune fille et, ses attitudes de bohémienne et son maquillage trop poussé ne la dénuaientt pas d'un certain charme. Elle avait plus précisément cet accent à la fois chantant et languissant, roulant les « r », qui, associé à une voix sensuelle et hypnotisante, avait attiré plusieurs hommes dans son lit.
Mme Leota était né en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans, d'une relation extra-conjugale entre une bohémienne diseuse de bonne aventure et d'un notable nommé Gracey. Ce dernier refusa de reconnaître l'enfant et chassa rudemment la mère de Mme Leota. La bohémienne alla se réfugier à Bâton-Rouge où sa fille apprit les arts vaudou et ceux de sa mère. Elle pratiqua des séances de spiritisme et elle participa aussi à plusieurs messes noires dont elle présida certaines. Ce fut durant cette période qu'elle apprit le français et qu'elle domestiqua, on ne savait comment, un corbeau qui terrorisait les passants par un simple croassement. Pour une raison inconnue, elle quitta la Louisiane et partit s'installer à Thunder Mesa où elle fut tout de suite embauché par Monsieur Henry Ravenswood. Certains disaient que Mme Leota était venu s'installer à Thunder Mesa car elle avait entendu comme tout le monde l'appel de l'or. D'autres disaient que M. Ravenswood lui-même était venu la chercher.
Quoique il en soit, M. Ravenswood était un homme très superstitieux et Mme Leota le servait parfaitement. Elle en était devenue une amie, une confidente. Si beaucoup la critiquait, dont Mme Ravenswood elle-même, Les prédictions de Mme Leota se sont le plus souvent révéler exact.

Le fiancé de Mélanie était sorti après un dernier baisé à son amour. Il traversa le long jardin des Ravenswood plongé dans la nuit, plongé dans l'obscurité ambiante et agressive. Il dépassa le portail qui était devenu sombre et dont les statues se révélaient maintenant menaçantes. Les petites anges étaient devenus de petits démons. Une main agrippa soudainement le bras du fiancé tandis qu'une voix lui soufflait dans l'oreille :
- Est-ce que ce beau jeune homme oserait raccompagner une frêle femme jusqu'à son logis ?
Le fiancé tourna la tête et sourit à Mme Leota.
- On me dit galant et courageux, répondit-il. J'ose.
Mme Leota se rapprocha de lui et se blottit contre son bras. Ce petit manège durait depuis un certain temps, le fiancé en avait pris l'habitude. Pour une raison qu'il préférait ignorer, Mme Leota avait commencé à s'intéresser à lui et ils devinrent rapidement amis. Le fiancé se confiait à elle et elle l'écoutait. Elle lui prodiguait des conseils et parfois des amullettes « pour contrer le mauvais sort ». C'était une grande amie aux yeux du fiancé. Trop grande peut-être...
- Le mariage avance à grands pas, lui sussurra-t-elle à l'oreille. N'es-tu point anxieux ?
- J'attend ce jour avec impatience au contraire, répondit le fiancé.
Il tourna vivement son visage vers elle, une lueur enfantine et d'espoir dans le regard.
- Vous qui voyez l'avenir, commença-t-il, comment sera mon mon mariage ?
Mme Leota le regarda avec de grands yeux avant de lui faire un petit sourire complice.
- J'ai dit à M. Ravenswood que ce sera un mariage réussit, répondit-elle avec un air malicieux.
- Mais ?
- Il vaut mieux dire à votre futur beau-père ce qu'il souhaite entendre. Mais la réussite de ton mariage dépend entièrement de toi.(Elle prit soudainement un ton de confidence, son regard s'était enflammé.) Sache alors que, si jamais la nuit tombe, si jamais l'obscurité vient en même temps que la solitude, je serais là, auprès de toi, fidèle...
Elle posa sa main pâle sur le torse du fiancé. Ce dernier comprit que ce simple geste signifiait bien plus ce que toutes les paroles du monde n'auraient mieux su l'expliquer. Il le suspectait déjà mais préférait l'ignorer. Mais maintenant, il y faisait face et il lui fallait répondre.
- Mme Leota, commença lentement le fiancé gêné en retirant doucement la main de Mme Leota, j'aime Mélanie, je l'aime profondément. Et tous vos sortilèges ou vos charmes ne sauront changés mes sentiments. Peut-être que si les choses avaient été différentes, peut-être... Mais en ces temps, je préfère nous voir amis plutôt qu'amants.
Mme Leota dégaga vivement sa main, les yeux révulsés. Pour une raison qu'elle ignorait, sa vue se brouilla. Portant ses mains à ses yeux, elle sentit des larmes couler. Un serpent sournois étreignait son coeur et le serrait encore et encore. Le fiancé tendit une main vers elle, Mme Leota recula et, lui tournant les talons, s'enfuya au plus profond de la nuit.

Pourquoi pleurait-elle ? Pourquoi se sentait-elle ainsi brisée ? Il n'était pas le premier homme à avoir refuser ses charmes. Mais ce n'était pas ses charmes qu'elle avait proposé, c'était son amour. Quelle sotte ! Elle avait avoué trop violemment. Toute sa capacité à manipuler les gens s'était effacée face au fiancé. C'était injuste ! Et tout cela était de la faute de cette Mélanie. Si elle n'avait pas existée, ce serait Mme Leota qui se marierait avec le fiancé. Parfois, Mme Leota songeait sérieusement à la tuer. Ses rêves lui montraient Mélanie, dévorée vivante par des insectes ou un monstre marin, sauvagement torturée par un cadavre ou chutant dans une cacasde d'eau, écrasée contre les rochers. Oui, il valait mieux que Mélanie soit morte. Si la fille de M. Ravenswood mourrait, le mariage n'aurait pas lieu, et le fiancé serait tout à Mme Leota.
Dans sa fuite désespéré, traversant une rue de Thunder Mesa, Mme Leota se heurta à un grand homme en manteau, cape et chapeau haut de forme noirs, portant une petite caisse de bois, qui la fit tomber sans le faire exprès. Tandis que ce grand personnage l'aidait à se relever, Mme Leota poussa un cri d'effroi en apercevant le visage de l'homme. Ce dernier sourit.
- Veuillez m'excuser si je vous ai fait peur, dit-il gentiment, ce n'était mon intention.
Il avait une belle voix grave, un séduisant murmure envoûtant et à la fois terrible. Cette voix caressait les esprits, les enveloppait, les emportait. Cette voix était si belle, si boulversante, si fantastique qu'elle en était terrifiante. Ce fut sans doute ce fascinant mélange de beauté et d'horreur qui séduisit Mme Leota et qui l'amena à suivre le propriétaire de cette voix.
- Vous n'êtes pas d'ici, remarqua Mme Leota en voyant les vêtements poussérieux de l'homme, ce qui indiquait qu'il avait dû faire un long voyage.
- Vous êtes observatrice, mademoiselle ?
- Madame, rectifia Mme Leota, Madame Leota.
- Madame ? s'étonna l'homme. Une si charmante personne telle que vous serait donc déjà mariée ?
- Non, répondit-elle tristement, mais c'est ainsi que l'on m'appelle en ces lieux. Et vous ? Qu'elle est votre nom ?
L'homme leva son chapeau et fit une longue révérance.
- Je me nomme Henry Ravenswood, pour vous servir.
Mme Leota tiqua. Cet homme devait être un autre Ravenswood, au même titre qu'ils existaient des Smith différents ou des Washingtons différents. Ou alors devait-il faire partir de la famille Ravenswood de Thunder Mesa, bien que son prénom soit le même que le propriétaire du manoir. Ou bien alors cet homme devait être fou. Afin d'éviter de le confondre avec le vrai M. Ravenswood, Mme Leota décida d'appeler son homme Monsieur Henry.
- Vous n'êtes pas le seul Ravenswood de ces lieux monsieur, se moqua gentiment Mme Leota.
M.Henry la regarda droit dans les yeux. Mme Leota en eut froid dans le dos.
- Je cherche justement les Ravenswood, répondit-il. Auriez-vous l'obligance de m'y conduire ?
Mme Leota hocha la tête et l'amena dans le manoir. Si M. Henry cherchait les Ravenswood, c'était parce qu'il devait faire partie de la famille. M. Henry s'arrêta face au portail, levant ses yeux écarquillés vers la bâtisse blanche qui brillait comme un fantome au clair de lune. Il reprit sa marche et alla jusqu'à la porte d'entrée. Mme Leota l'avait discretèment suivi. Alors que M. Henry s'apprêtait à tirer la cordelette reliée à une petite cloche, qui servait à avertir les domestiques d'un visiteur, il entendit une voix chanter. Reculant, cherchant la source de cette voix, il contourna le manoir sur sa droite. Escaladant avec une facilité déconcertante le tuyeau qui relit la goutière au sol, M. Henry arriva sur le balcon du premier étage et regarda furtivement à la fenêtre. Il y vit la plus belle femme qui lui fut jamais donné de voir, assise devant sa coiffeuse, en train de retirer tous ses bijoux tandis qu'elle chantait une berceuse. Voyant que Mme Leota était parvenue à le suivre jusque sur le balcon, il lui demanda vivement :
- Qui est-ce ?
- Mélanie Ravenswood, la fille d'Henry Ravenswood, l'informa Mme Leota dans un souffle.Elle doit se marier d'ici peu.
Elle respirait difficilement. L'escalade du balcon l'avait épuisée au possible.
« Mélanie Ravenswood, murmura M. Henry pour lui-même. Si belle... si fraîche... si pure... Nous sommes si différents... Nous sommes même opposés... Elle a la beauté, elle a la richesse, elle a l'amour... Elle a tout et moi je n'ai rien... Quelle douloureuse injustice je découvre là... Quelle douloureuse vengeance je lui prépare.»
Mme Leota leva la tête au mot « vengeance ». M. Henry le remarqua et sourit. C'était un sourire sinistre, presque sadique.
- Vous n'aimez pas Mélanie Ravenswood n'est-ce pas ? devina M. Henry.
- Non... elle m'a pris quelque chose à moi aussi, répondit amèrement Mme Leota.
M. Henry hocha la tête. Il ne chercha pas à savoir la raison de l'amertume de Mme Leota, pas plus qu'il n'avait chercher à savoir pourquoi elle pleurait quand il l'a rencontré. Il n'avait pas besoin de plus de précisions. Tout avait été dit sans une seule parole. M. Henry descendit du balcon et aida Mme Leota à en faire de même. Puis il posa à terre la petite caisse de bois qu'il avait porté durant tout le temps qui avait passé et l'ouvrit. Mme Leota crut d'abord que la caisse contenait un véritable crâne humain mais elle se rendit finalement que ce n'était qu'un masque que mit M. Henry.
- Vous ressemblez à un mort, dit Mme Leota en contemplant M. Henry paré de son masque.
- Ce que j'ai toujours été, répliqua M. Henry. Appelez-moi maintenant... le Phantom.


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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 27 Aoû - 16:46

Je vois que je créé l'événement Crying or Very sad

le chapitre 4, la mort de Monsieur Ravenswood, est en cours de rédaction, il arrive bientôt.
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 27 Aoû - 19:27

Devant le succès auquel je fais fasse (ironie quand tu nous tiens), voici comme promis le quatrième chapitre :

4. La mort d'Henry Ravenswood

Monsieur Ravenswood avait cette habitude depuis qu'il avait découvert le filon, celle de descendre dans les mines de sa société. D'une part pour vérifier que le travail était bien fait. D'une autre cela permettait de se faire bien voir par ses employés. M. Ravenswood s'amusait même à piocher avec eux. Mais aujourd'hui était différent. On s'apprêtait à ouvrir un nouveau conduit par dynamite et M. Ravenswood était là pour l'inaugurer en allumant la mèche.

Martha Ravenswood avait cette habitude depuis qu'elle habitait Thunder Mesa, celle d'aller faire elle-même ses courses. D'une part parce qu'elle ne faisait pas confiance aux domestiques pour choisir de bons produits. D'une autre parce que cela lui permettait de se faire bien voir par les citadins. Mais aujourd'hui était différent. Elle s'apprêtait à aller voir le révérand Jared Bates pour mettre au point les préparatifs du mariage de sa fille.

Mélanie Ravenswood et son fiancé avaient cette habitude depuis qu'ils s'étaient découvert, celle de se voir dans le kiosque du jardin du manoir, profitant de l'absence des parents de Mélanie. Pour la seule et unique raison qu'ils s'aimaient passionnement, sans soucier ce que pensaient les autres d'eux. Mais aujourd'hui était différent. Le fiancé s'apprêtait à offrir à Mélanie un bijou qu'il avait fait lui-même, en y mettant tout son coeur.

Big Thunder Moutain était un véritable gruyère rocheux, où s'y activitaient un peu moins d'une centaine de mineurs, piochant, ramassant, poussant ou tirant des wagonnets, à la recherche de la moindre pétite d'or. Le long et étroit tunnel, situé profondément dans la montagne, où un nouveau conduit allait ouvrir était rempli de mineurs qui avaient abandonné leur tâche pour assister à l'inauguration. Un petit podium de bois avait été dressé pour que M. Ravenswood fasse son discours. La dynamite était posée derrière lui, la mèche prête à être allumée.

L'église de Thunder Mesa était une jolie petite bâtisse de bois blanc au toit de tuiles rouges. Non que les habitants de Thunder Mesa soient plus superstitieux que croyants, ils appréciaient cette église et son révérend. Révérend d'autant plus apprécié puisqu'il fermait les yeux sur la prostitution (ou l'ouvrait parfois mais dans un cadre différent de Dieu) ou tout autre trafic douteux et parlait de manière compréhensible de sorte qu'il touchait au coeur le plus rustre de la ville. C'était un homme sage, tolérant, serviable et aimant. Il était aimé de tous et il s'entendait tout particulièrement bien avec Martha Ravenswood. Les mauvaises langues, dont les domestiques qui étaient témoins des disputes conjugales ou des prostitués jalouses , disaient que ces deux personnes entretenaient une relation. Bien qu'on l'eut rapporté à M. Ravenswood, celui-ci n'y portait, semble-t-il, pas attention. Mais personne n'osait dire de lui que c'était un cocu, moins parce que tout ceci n'était qu'une rumeur qu'à cause de la peur de la colère de M. Ravenswood.
Le révérend acceuilla Mme Ravenswood chaleureusement avant de la conduire dans la petite salle qui lui tenait lieu à la fois de bureau et de chambre.

Le kiosque avait été construit à la demande de Mme Ravenswood qui souhaitait y prendre son thé les jours d'été. Mélanie y avait joué enfant. Il était construit d'un bois rouge flambant, de tuiles bleus et de vitres décorées un peu à la façon de vitrails. Une petite table et des chaises étaient dressés à l'intérieur. Mélanie et son fiancé y prenaient le thé, se racontant ou chuchotant les dernières histoires ou ragots rapportés. Coupant soudainement court à la conversation, le fiancé mit un genou en terre, à la manière d'un chevalier à sa princesse, et sortit un petit coffret rectangulaire qu'il tendit en l'ouvrant à Mélanie. Cette dernière poussa un cri de stupeur.

« ... L'avenir, énonça M. Ravenswood, c'est une notion auquel je crois. Ce conduit va nous rapporter de l'or, du travail, de l'argent, et surtout un avenir ! »

« Qui pensez-vous mettre en demoiselle d'honneur ? demanda le révérend de Thunder Mesa.
- Hé bien... ma fille avait songé à Anna Jones, une domestique qui s'est occupée d'elle, répondit Mme Ravenswood. »

« Ce collier est magnifique ! s'exclama Mélanie en contemplant le pendentif doré en forme de coeur incrusté d'un rubis étincelant. Tu es fou, il a dû te couter une fortune !
- L'amour que je te porte vaut bien que j'y consacre une fortune, répondit le fiancé n'osant être vaniteux en révélant qu'il l'avait fabriqué lui-même. »
Il prit le collier et attacha la chaînette d'or au cou de Mélanie.
« Que ce pendentif soit le témoin garant de notre amour. »
Ils s'embrassèrent.

«... Nous avons tous ce souci en tête, déclarait M. Ravenswood, bâtir un avenir pour nos enfants. Je vous considère tous comme mes enfants et aujourd'hui, je vous bâtis un avenir ! »
Le discours fut un triomphe. Les mineurs applaudirent frénétiquement et acclamèrent leur patron. Des sifflements retentissaients, certains dansaient même. Un sourire de vainqueur sur les lèvres, M. Ravenswood gratta une allumette et se retourna pour se saisir de la mèche. C'est alors qu'il se rendit compte que cette dernière était déjà allumée. Une petite flamme la parcourait en un grésignement aïgu et rapide. La mèche monta, grimpant le mur, évitant la dynamite qui aurait dû servir à ouvrir le conduit. La mèche se scinda soudainement en plusieurs autres mèches et de multiples flammes grésillantes se mirent à parcourir le plafond jusqu'à des bâtonnets de dynamites accrochés on ne savait comment.
- Tout va exploser ! s'écria un mineur.
- Le plafond va nous tomber sur la gueule ! hurla un autre.
La panique s'empara de la foule. Deux hommes empoignèrent rapidement M. Ravenswood par les bras pour le mener vers la sortie le plus vite possible. Les flammes grésillantes n'étaient plus qu'à quelques centimètres de la dynamite. Bousculé par les mineurs, subitement lâché par les deux hommes qui le tenaient auparavant, M. Ravenswood tentait de se frayer un chemin vers la sortie. Plus que cinq centimètres. La panique avait dégénéré en une lutte sans merci. Un mineur, frappé à la tempe, tomba au sol inconscient, entraînant dans sa chute M. Ravenswood. Trois centimètres. Se relevant, M. Ravenswood continua s'avancer, quitte à donner des coups pour s'en sortir lui aussi. Un centimètre. La sortie du tunnel était toute proche mais les mineurs n'y songeaint même plus, trop occupés à se battre. Les flammes grésillantes atteignirent les bâtonnets de dynamite. La terre trembla. M. Ravenswood fut propulsé en avant par le souffle de l'explosion. Le sol se déroba sous les pieds des mineurs qui n'avaient pas péri carbonisés ou écrasés par l'explosion. Ils tombèrent dans un gouffre profond et s'empalèrent pour certains sur des stalagmites ou des rochers aux bords coupants. Tous moururent.

« Qu'est-ce qui se passe ? hurla Mélanie en se cramponnant à son fiancé. »
La terre s'était mise à trembler violemment, au point de perdre pied. Un grondement sourd accompagnait le séisme qui déformait la terre et faisait écrouler les constructions. Depuis le kiosque, Mélanie et son fiancé purent contempler avec horreur la destruction qu'apportait le tremblement de terre. La boutique de l'apothicaire se lézarda de part en part, le saloon fut littéralement scindé en deux, l'église s'écroula sur elle-même, un train qui allait s'arrêter à la gare de la ville dérailla entraînant la destruction de la dite gare. Aucun bâtiment de Thunder Mesa n'en ressortit indemne, excepté le manoir Ravenswood.

M. Ravenswood était à moitié écroulé sur le sol, les pieds battant dans le vide, essayant de vainement de remonter jusqu'au tunnel. Une paire de jambes vinrent jusqu'à son visage. C'était un homme en costume, cape et chapeau noirs, avec une tête de mort à la place du visage. Il tenait une allumette grillée à la main.
- Hé bien hé bien, se moqua-t-il en se penchant sur M. Ravenswood, on dirait bien que l'Oiseau Tonnerre s'est réveillé...
Et il éclata d'un rire dément qui glaça le sang de M. Ravenswood.
- Qui êtes-vous ? lâcha dans un souffle M. Ravenswood.
L'homme à la tête de mort éclata à nouveau de ce rire dément. Il porta la main à son masque de mort.
- Allons, tu ne vas pas me dire que tu ne me reconnais pas ?
Il retira son masque et dévoilà son visage. D'horreur, M. Ravenswood lâcha sa prise et glissa dans le gouffre. Il fut heureusement rattrapé par l'homme à la tête de mort qui le souleva par le bras jusqu'à ce que leurs yeux se fissent face. D'où venait la force surhumaine de cet homme ?
- Toi ! fulmina M. Ravenswood. Toi ! C'est toi qui est responsable de tous ça !
L'homme à la tête de mort se mit à rire une nouvelle fois.
- Cela m'enchante que tu me reconnaisses après tant d'années. Sache que ton discours m'a touché. Et sache que mon souci est le tien. Aussi vais-je bâtir un avenir durable pour ta fille.
Encore une fois, l'homme à la tête de mort éclata de son rire dément face à l'effroi de M. Ravenswood.
- Maintenant, rejoins tes enfants.
Et il lâcha M. Ravenswood qui s'écrasa sur le sol du gouffre et mourut sur le coup. Le Phantom avait tué sa première victime. Il se retourna et disparut dans les méandres de la mine dans un dernier éclat de rire.

Le tremblement de terre de 1860 avait fait un grand nombre de morts dont deux pertes déplorables : Henry Ravenswood, Martha Ravenswood. Le premier était mort avec la demi-centaine de mineurs dans l'explosion responsable du séisme. On ne retrouva jamais les corps, le tunnel où ils se trouvaient étant obstrué par un amat de rochers et de débris. Le cadavre de Martha Ravenswood avait par contre été retrouvé sous les décombres de l'église, qui ne fut d'ailleurs jamais reconstruite. Le révérend Jared Bates survécut par miracle mais l'ironie divine voulut qu'il meure en 1862.
Tout Thunder Mesa était d'accord pour dire que le tremblement de terre avait été déclenché par l'explosion devant ouvrir un nouveau tunnel dans la mine. Les mineurs avaient dû imprudemment mettre trop de dynamite, chose qui fut précisée sur leur mémorial. Le cimetière de Boot Hill avait d'ailleurs subit quelques menus dommages aussi, malgré le fait qu'il se trouve sur la colline Ravenswood. Les tombes de Mary Murphy et Franck Ballard, le défunt neveu de la maintenant défunte Martha Ravenswood, s'étaient curieusement rapprochées ou la tombe de Valentin dit le Désossé qui s'était littéralement brisée en deux.
Quand à Henry et Martha Ravenswood, Mélanie, devenue unique héritière, leur fit construite deux tombes en pierre qui, bien que assez sobre, réflétaient la richesse des Ravenswood. Ce fut les tombes qu'auraient souhaité M. Ravenswood, même si son corps perdu n'y reposerait jamais. Tout Thunder Mesa vint à l'enterrement du bienfaiteur de la ville.
Anéanti par le chagrin, Mélanie rêva la nuit suivant l'enterrement d'avoir vu par la fenêtre de sa chambre un squelette habillé en croquemort danser sur la tombe de son père en riant comme un dément.


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Steed
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 28 Aoû - 12:25

Ah ben toi on peut dire que tu as de l'imagination, c'est un peu farfelu parfois mais pas mal du tout, comme le disait Walt Disney il faut toujours avoir de l'imagination. J'aime bien ta version pour madame léota, j'vois que l'inspiration des fans-fictions de Haunted Mansion est bonne a utiliser, t'as fait un beau mélange de l'histoire de madame Leota et de Little Leota, hihihi.
Je suis également surpris que pour le collier, je retrouve la même version que ce que je pensais, le collier offert par le fiancé.

Par contre au début de l'histoir tu fais un joli anachronisme car tu as huit ans d'avance. Les premiers colons, dont henry et Martha Ravenswood sont arrivés sur le futur site de ce qui allait devenir Thunder mesa en 1848, date à laquelle Henry ravenswood découvrit la première pépite au bord du fleuve. Quand à Mélanie, il est peu probable qu'elle soit née dans le manoir vu que le mariage et le drame qui devaient se produire se passent en 1860. donc si on fait le calcul, mélanie n'aurait que 12 ans lors de son mariage ce qui parait peu probable. Elle est arrivée avec ses parents et l'expédition de colons...
Ah oui aussi petit détail, au USA on ne parle pas de curé, mais de pasteur Wink
Mais continue j'ai hate de lire la suite...
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 28 Aoû - 16:17

Merci de ta critique Steed mais je dois bien avouer que j'ai un peu réécrit le mythe selon mes envies Razz
J'aimais bien l'idée selon laquelle la vie de Mélanie est complètement rattachée au manoir, dans le fait qu'elle y naisse et qu'elle y meurt. Cela dit, tu as totalement raison sur le plan historique et il faudra que je retravaille l'histoire sur ce point, car au moment où je l'ai écrit, je ne connaissais pas les dates de la ruée vers l'or, raison pour laquelle je n'ai pas respecté les dates fourni par disney.

Merci de me corriger pour "pasteur", c'est encore un truc que je ne savais pas (ah décidément ! J'vais finir par passer pour un ignare Mr.Red )
Quand à Mme Leota.. tu m'as pris en flagrant délit là Mr. Green

En tout cas merci de ton post Steed. Patience, on approche du mariage... What a Face
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Steed
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 28 Aoû - 16:49

CHaMo a écrit:
Cela dit, tu as totalement raison sur le plan historique et il faudra que je retravaille l'histoire sur ce point, car au moment où je l'ai écrit, je ne connaissais pas les dates de la ruée vers l'or, raison pour laquelle je n'ai pas respecté les dates fourni par disney.
Vi, faudrait que tu revoies toute ta première partie car parmi le peu d'éléments qu'on connait sur l'histoire de Thunder Mesa, on sait qu'elle a été fondée en 1848, et ça c'est OFFICIEL, hihihi Mr. Green

CHaMo a écrit:
Merci de me corriger pour "pasteur", c'est encore un truc que je ne savais pas (ah décidément ! J'vais finir par passer pour un ignare Mr.Red )
mais nan du tout, ça arrive on ne peut pas tout connaître... Very Happy

CHaMo a écrit:
Quand à Mme Leota.. tu m'as pris en flagrant délit là Mr. Green
C'est pas grave on a les mêmes sites, Wink Je le sais vu que c'est moi qui avait posté et traduit les biographies dans la rubrique Haunted Mansion/mme Leota

j'attends la suite avec impatience... dwarf
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 28 Aoû - 20:17

Petite modification à l'histoire : le curé du chapitre a été remplacé par le révérend Jared Bates ainsi que le passage le décrivant modifié. Je remercie Steed qui m'a souligné que curé n'est pas américain. Noter que la tombe du révérend est visible à Boot-Hill.

Le chapitre 5 est en cours de rédaction et arrivera très bientôt.
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Ven 1 Sep - 21:33

Ce n'est qu'un petit détail mais en le changeant cela prouve comment tu es impliqué: Bravo Smile
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 10 Sep - 19:44

Quelle est la chose la plus horrible après la cruauté du Phantom ?

LE SADISME des PROFS cherchant à nous noyer sous la masse d'un travail que même l'enfer ne voudrait utiliser cette méthode comme torture.
Par conséquent, la rédaction de Phantom Manor est reporté jusqu'au vacances d'octobre (ça sera parfait pour Halloween).
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 11 Sep - 18:07

Voui c'est sur... le tout est de prendre son temps pour rédigé un travail bien fait Wink
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 11 Sep - 19:38

Nous te comprenons CHaMo mais courage, le jour viendra où tu pourras ecrire ton récit que nous attendons tous avec impatience !
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Ven 27 Oct - 2:39

Hey Hey Hey ! Me voilà de retour !

Comme promis, je continue d'écrire durant les vacances et je vous livre dès à présent le chapitre suivant.

NB : Ce qu'une première partie du chapite car :
1- C'est un gros chapitre
2- Je ne peux écrire que la nuit (je bosse le jour) sauf que Phantom Manor me met à cran (je sursaute aux moindres bruits de mon PC) alors je suis assez limité dans le temps.


5. La vengeance d'Henry Ravenswood

Bien qu'attristée par la mort de ses parents, Mélanie décida de maintenir le mariage. Conforme aux souhaits de son père, il fut dit qu'il se déroulerait dans le manoir. Ce sera la dernière fois que cette maison verrait Mélanie. Il avait été décidé que le manoir serait vendu et que Mélanie quitte Thunder Mesa avec son mari. Elle ne désirait pas vivre là où ses parents étaient morts. Elle allait abandonner le manoir, le lieu où elle était née, le lieu où elle avait grandi, le lieu qui avait été le témoin de toute son enfance. Une vie nouvelle s'ouvrait à elle et plus rien ne la retenait à Thunder Mesa.

En cette année de 1860, la colline Ravenswood était en fête. Le manoir recevait tout l'ensemble de l'arbre généalogique de la famille Ravenswood. Charles Ravenswood, l'oncle de Mélanie, sa femme Anna Nutterville et leur fils David. Jérémiah Nutterville, le frère de Anna, sa femme Cynthia Rose, leur fils Samuel ainsi que l'ensemble de la famille Rose. Il y avait aussi le frère de Martha Ravenswood, le veuf Théodore Ballard et son fils Stephen. Ces deux hommes avaient une expression triste et le visage tiré par les larmes. Ils avaient beaucoup pleuré la mort de leur proches, la femme de Théodore, son fils et sa belle-fille, morts tous les trois l'année dernière. La mort de Martha les avait chagriné encore davantage. On attendait encore le maire, pour unir Mélanie et son fiancé, ainsi qu'un certain Jacques Shrillman, l'unique musicien de Thunder Mesa et par conséquence le seul apte à jouer de l'orgue du manoir, placé dans la salle à manger. Les deux hommes ne vinrent jamais. Pour la petite histoire, le musicien talentueux que fut Jacques Shrillman mourut en 1863, lynché par des mélomanes à cause d'une fausse note. Quant au maire, suite à son suicide durant les années suivant 1860, son corps fut décapité et on jeta purement et simplement son corps dans une des nombreuses crevasses qui parsèment aujourd'hui la mine de Big Thunder Mountain.
La journée s'annonçait nuageuse et les invités craignaient qu'il ne pleuve. De toute manière, quelque soit le temps, la cérémonie se déroulera dans la salle de bal où des domestiques y amenaient déjà des mets de choix.

- Es-tu bien installée Leota ?
Mme Leota leva les yeux jusqu'au masque de mort. Sa voix était douce et caressante, enivrante même. Le Phantom, dans son habit de croquemort, dégageait un charme macabre mais néanmoins attirant. Comme si la mort l'avait elle-même vêtu.
- On ne saurait être mieux, répondit Mme Leota.
Le Phantom l'avait discrètment introduit dans le manoir et l'avait installé dans le salon octogonal, sans que personne ne les voyent, par un subterfuge inconnu de Mme Leota. Le salon octogonal était une petite pièce étroite du rez-de-chaussée aux huits murs montant jusqu'au toit de la maison. Sur ces mêmes murs étaient accrochés quatre portraits de Mélanie. Mme Leota sourit. Si elle en avait le temps, elle ferait un petit quelque chose à ces tableaux. Le Phantom avait aussi rapporté le fauteuil et la boule de cristal de Mme Leota. En ce moment, il était assis dans ce fauteuil, caressant du bout du doigt le bec du corbeau de Mme Leota, posé sur son épaule. L'oiseau poussait des petits croassements de plaisir. Mme Leota en était sidéré. Personne n'avait jamais réussi à toucher son corbeau à part elle. Le Phantom se leva et fit face à l'un des tableaux de Mélanie, la représentant en train de cueillir des roses dans le jardin.
- Ah les insouciances de la jeunesse ! s'exclama-t-il. C'est une période bénnie, où le Bien et le Mal n'ont pas de signification. À vrai dire, l'âge venant, le Bien et le Mal n'ont pas plus d'importance. Ce qui compte le plus finalement, c'est soi-même. Quelle importance de faire le Mal si cela mène au bonheur ?
- La vengeance mènerait-elle au bonheur ? demanda Mme Leota amusée.
Le Phantom se retourna vers elle. Les orbites de son masque étaient empreintes d'un vide noir et douloureux. Pourtant, on aurait pu croire que son regard était triste. Une larme aurait même pu couler le long de son masque de mort.
- Posez-vous la question Mme Leota, répondit en un murmure le Phantom en sortant de la pièce.
Le corbeau croassa en volant jusqu'à l'épaule de Mme Leota.


- Mademoiselle, supplia la domestique Anna Jones, cessez de bouger je vous en prie...
- Je suis si impatiente Anna, s'excitait Mélanie. Combien de temps devrais-je encore attendre ?
- Le temps qu'il faudra Mademoiselle. Je dois déjà vous aider à revêtir votre robe.
Les gestes d'Anna étaient lents et mélancoliques. Deux petites larmes se mirent à couler le long de sa joue. Dans le miroir de la coiffeuse de sa chambre, Mélanie vit la tristesse se peindre sur le visage de la domestique.
- Qu'avez-vous Anna ? demanda-t-elle d'une voix douce.
- C'est que, Mademoiselle, répondit Anna d'une voix tremblotante, je ne sais ce que je vais devenir quand vous serez partie de Thunder Mesa. Jasper dit ça en tout cas. « Qu'allons-nous devenir sans les Ravewood ? » Et vous Mademoiselle, mon Dieu je sais que je manque aux convenances en disant cela ! vous allez me manquer terriblement. Et si j'eusse pu vous servir pour l'éternité, je l'aurai fait...
Mélanie fut émue par les larmes d'Anna. Ces larmes, fussent-elles d'une mère qu'il n'en aurait pas eu de semblables. Touchée, Mélanie serra dans ses bras la domestique.
- Anna ! s'exclama-t-elle, se retenant de pleurer à son tour. Jamais, au grand jamais, je ne vous oublierai ! Vous aurez une place prenante dans mon coeur.


La salle à manger, convertie en salle de réception, avait été décorée de mille parures. La longue table offrait un buffet des plus appétissants. Et c'était devant ces mets de choix que salivait tout l'arbre généalogique Ravenswoods. Le fiancé de Mélanie était encore dans sa chambre, aidé par Jasper Jones pour le préparer à la cérémonie. Les conversations allaient bon train entre les membres de la famille Ravenswood. Certains pleuraient encore la mort des anciens époux Ravenswood, d'autres se réjouissaient du mariage des nouveaux.
Un rire, tiré des froides et obscures ténèbres, un rire à damner, un rire à glaçer le sang, retentit jusque dans les profondeurs de la salle, accompagné d'un bruit assourdissant et désaccordé. Les convives sursautèrent de frayeur. Ils se retournèrent et s'effrayèrent de nouveau. Toujours dans le bruit assourdissant, assi de manière détachée sur les touches de l'orgue, se tenait un homme en costume de croquemort et avec un crâne à la place du visage. Le Phantom.
Il cessa de rire et sauta de l'orgue pour faire face aux convives. Il dépassait en taille chacun des convives. Seul Charles Ravenswood, un homme tout aussi semblable à son frère, osa lui adresser la parole.
- Qui êtes-vous Monsieur ? demanda-t-il d'un ton autoritaire.
- Moi ? répondit le Phantom sur un murmure proche de l'amusement. Mais je ne suis qu'un modeste fantôme, un fugace ombre errante parmi les vivants...
Il suffit Monsieur, coupa Charles Ravenswood. Ceci est un mariage privé et vous n'y avez pas votre place.
- Pas plus que vous la votre, trancha le Phantom.
Sa voix était devenue glaciale et dure. Sa silhouette semblait grandir tandis qu'une aura obscure croissait autour de lui. Il fut soudainement très froid sur la salle et un sentiment de malaise malsain s'empara des convives. Il se mit à pleuvoir en trombe dehors. Les gouttes d'eau tombèrent avec tant de force qu'elles formaient une musique sinistre et angoissante. Pris de panique, Charles Ravenswood sortit de sa veste son revolver Colt « Belt Model » et le pointa sur le lugubre individu habillé en croquemort.
- Arrêtez cela, ordonna-t-il la voix tremblante.
Une goutte sueur perlait à la tempe de Charles Ravenswood. Ses mains qui tenaient le revolver tremblaient terriblement. Il ignorait d'où venait cette frayeur si soudaine et si violente, mais il était sûr, il était persuadé que sa cause avait un rapport avec ce macabre croquemort.
- Si vous n'arrêtez pas, je tire ! hurla-t-il.
Le Phantom fit un pas vers lui et les ténèbres s'emparèrent un peu plus de Charles.
- Je vais tirer !
Le Phantom continua d'avancer. Chaque pas de plus était une provocation, chaque pas de plus attirait Charles vers l'obscurité et l'épouvante. Son index hésitait à presser la gachette du revolver. Charles était tiraillé entre sa raison, qui lui présentait précisément toutes les conséquences qui découlerait de son tir, et son instinct, qui lui hurlait de presser la détente. Et le Phantom avançait toujours.
Au moment où Charles cédait à son instinct et tirait, un corbeau passa en un croassement retentissant, couvrant jusqu'au bruit de la détonation, juste devant ses yeux, lui bouchant la vue. Mais le Phantom s'écroula par terre, renversé par la puissance de l'impact. Aussitôt, Charles se repentit de son terrible acte : il venait de tuer un homme sans défense. Le corbeau tourna dans les airs du corps du croquemort quelques instants avant de s'enfuir dans les couloirs du manoir.
Ce fut alors qu'il se passa une chose insensée. Le cadavre se mit à remuer et se releva lentement. Chancelant, il porta sa main à sa poitrine et en extraya une balle de revolver. Jetant la balle, il éclata de son rire diabolique et terrorisant. Charles Ravenswood en lâcha son arme.
- Ce n'est pas possible... Vous devriez être mort !
- Bien sûr que je le devrais mais avant d'être mort... il est préférable d'être vivant...
Un coup de tonnerre retentit. L'orage avait déjà commencé.
- Que voulez-vous ? demanda Charles, vaincu et horrifié.
- Une seule et unique chose, répondit le Phantom, mais pour cela, je crains que vous ne soyez contraint de me suivre.
Et il se dirigea vers la grande porte de la salle à manger. Les convives, comme hyptonisés par cet être terrifiant, le suivirent sans dire un mot. Ils montèrent à l'étage par le grand escalier de l'entrée et traversèrent le couloir qui menèrent jusqu'aux chambres des invités, inoccupées en temps normal. Les poignées des portes tournaient frénétiquement toutes seules, on entendait même un bruit violent et régulier derrière l'une d'elles, comme si l'on essayait de l'enfoncer. Le Phantom ouvrit une des chambres dont la poignée tournait elle aussi toute seule, et les convives y découvrirent des domestiques. Ils comprirent alors que le Phantom avait enfermé les domestiques dans les chambres et qu'ils allaient en faire de même pour eux. Etrangement, personne, ni chez les domestiques, ni chez les convives, ne tenta quoique ce soit contre le Phantom. Une espèce d'aura sombre et lugubre flottait autour de lui, lui conférant une impression d'invincibilité, d'immortalité. Les convives se laissèrent enfermés docilement mais dès que le Phantom fut parti, ils tentèrent immédiatement de sortir. La porte de la chambre était fermée à clé, les fenêtres étaient impossibles à ouvrir et semblaient imbrisables. La panique s'empara d'eux. Quoique qu'allait faire le Phantom, ils étaient sûr que cela sera horrible et allait causer leur mort à tous.
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nitraM
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Ven 27 Oct - 12:15

Ouah j'ai tout lu et j'ai trouvé ça super ! Il y a une intrigue qui se noue tout au long de l'histoire : Qui est Phantom ? Vas y continue !
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Ven 27 Oct - 12:28

Mais y a un bon suspens là dedans ! Continue donc. thumright
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Ven 27 Oct - 21:48

Ta fiction est géniale ! Tu as un style vraiment très agréable ! Vivement que l'on connaisse la suite !
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Sam 28 Oct - 15:45

Merci à tous de vos encouragements Very Happy

Voici la deuxième partie du chapitre 5

5. La vengeance d'Henry Ravenswood (deuxième partie)

Le corbeau vola jusqu'au salon octogonal, où s'installait Mme Leota, et se posa sur la boule de cristal. Mme Leota écrivait en lettres de sang sur un des tableaux de Mélanie de curieuses et dérangeantes phrases, issues d'un langage inconnu mais dont la simple prononciation suffisait à mettre mal à l'aise. Mme Leota sortit d'une bourse pendue à sa ceinture une poignée de poussière qu'elle jeta sur le tableau. Le sang disparut aussitôt. Elle en avait fait de même pour chacun des trois autres tableaux. Elle sourit en songeant que le prochain qui regardera ces tableaux aura une effrayante surprise.
Le corbeau signala enfin sa présence par un bruyant croassement. Nullement surprise, Mme Leota se retourna calmement et étendit un bras sur lequel le corbeau vint se poser.
- Te voilà enfin, lui sussurra-t-elle. C'est parfait, nous allons pouvoir commencer.
Elle s'installa dans son fauteuil et posa ses deux mains sur la boule cristal. L'intérieur de cette dernière s'emplit d'une brume mauve et filamenteuse. Mme Leota put y voir le reflet de son visage. Levant la tête, elle entama de son étrange accent une sinistre et hypnotisante mélopée :

Goblins and Ghoulies, creatures of fright,
We summon you now, to dance through the night.

Esprits et fantômes, sur vos fiers destriers,
Escortez dans la nuit la belle fiancée...

Warlocks and witches, answer this call,
Your presence is wanted at this ghostly ball.

Des douzes coups de minuit aux matines sonnantes,
Nous valserons ensemble, macabre débutante...

Join now the spirits in nuptial doom,
A ravishing bride, a vanishing groom...


Dans les chambres, là où les convives et les domestiques étaient enfermés et luttaient pour sortir, une étrange brume filamenteuse vint s'emparer d'eux, les entourant, les étouffant, s'infiltrant en eux par le nez, la bouche, les oreilles, par le moindre orifice. Dans une des chambres, les domestiques redoublèrent d'efforts pour défoncer la porte, motivés par la peur nouvelle de mourir. La charnière la plus haute de la porte céda, et les mains des domestiques s'engouffrèrent dans la mince ouverture afin de l'agrandir. La brume mauve ne leur laissa aucune chance et s'empara des domestiques.
Chaque personne, dans chaque chambre, mourut, asphyxié par cette brume surnaturelle et meurtrière.



Mme Leota avait arraché la vie à la dizaine de personnes se trouvant dans les chambres du manoir, et en plus de cela, elle avait appelé les morts. Un flot continu de trépassés se dirigeait vers le manoir et prenait possesion de cette vaste demeure. Elle pouvait les sentir voler autour d'elle, se cacher dans les moindres recoins de la maison, et se préparer à une fête comme ils n'en avaient pas connus de toutes leurs vies et de toutes leurs morts.
Tout se passait comme l'avait prévu le Phantom. A la fin, Mélanie sera à lui et son fiancé à Mme Leota. Le tonnerre grondait à l'extérieur et l'orage s'intensifiait de minutes en minutes. Mme Leota appuya sa tête contre le repose-tête de son fauteuil, si bien que son visage était levé vers le plafond du salon octogonal. Le corbeau croassa. Un éclair aveuglant illumina la salle plongé pourtant le noir le plus absolu. Mme Leota tressaillit. Elle crut voir, durant l'instant de l'éclair, un pendu au plafond. Un rire démoniaque éclata. Un second éclair illumina à nouveau la pièce. C'était bien un pendu mais il n'était pas encore mort, il se débattait en tentant de se défaire de la corde qui l'étranglait. Le Phantom se était au-dessus, sur une poutre, tenant en main la corde. Un éclair éclaira son visage de mort et son rire dément. Le Phantom lâcha subitement la corde. Le pendu tomba mais fut brutalement arrêté dans sa chute par la corde. Il y eut un craquement sourd et le pendu cessa de se débattre. Il était mort. Lorsque Mme Leota put voir son visage, elle poussa un hurlement de terreur. C'était le fiancé.
Le Phantom sauta de la poutre où il était niché jusqu'au sol, sans ressentir le moindre mal, juste en face de Mme Leota, dont il saisit les mains.
- Oh pardon, riait-il, je ne voulais pas vous effrayer.
- Monstre ! hurla-t-elle. Pourquoi ? Ce n'est pas qui avait été convenu ! Pourquoi ?
- Posez-vous la question Mme Leota, se moqua le Phantom. Mais pour vous, je vous réserve un sort... un sort particulier...
Et sans aucune autre parole que son rire machiavélique, il l'emmena dans les profondeurs obscurs du manoir.

Mélanie poussa un gémissement. Elle porta la main au pendentif accroché autour de son cou.
- Mademoiselle, s'inquiéta Anna Jones, que se passe-t-il ?
- C'est mon médaillon, souffla Mélanie. Il est devenu horriblement lourd.
Elle prit le pendentif en main. Il tremblait, ou plutôt il battait, selon un rythme régulier... comme un coeur. Mélanie fut soudainement pris d'un affreux pressentiment. Sans entendre les appels d'Anna, elle saisit un chandilier et partit jusqu'à la chambre où son fiancé se préparait. La porte était fermé, et Mélanie a beau eut frappé, personne ne vint lui ouvrir. Alarmée, Mélanie déambula dans les couloirs du manoir, à la recherche de son fiancé, l'appelant en vain.
Elle arriva en pleurs jusqu'à la salle de bal, où ce qu'elle vit la terrifia. Devant ses yeux, des dizaines et des dizaines de fantômes valsaient au son d'un orgue désaccordé. Des esprits volaient dans toute la salle, poussant des cris affreux. Des goules s'empiffraient des nombreux mets et du gâteau de mariage disposés sur la table. Mélanie comprit alors que son fiancé ne viendrait pas.
Ce fut à ce moment que les fantômes la remarquèrent et se saisirent d'elle, l'emmenant parmi les danseurs. Ils la touchèrent, déchirèrent ses vêtements de mariée, la griffèrent, la torturèrent et la violèrent. Et les vêtements de Mélanie restaient intacts, sa peau blanche et elle pure. Mais elle ressentait tout et souffrait en conséquence.
Dans la danse macabre des trépassés, à travers des larmes de chagrin et de douleurs, Mélanie put apercevoir, perché sur le balcon d'une des hautes fenêtres de la salle de bal, un homme habillé en croquemort, un crâne humain à la place du visage, et riant d'un rire dément et diabolique. Derrière lui, la fenêtre ouverte donnait vue sur l'orage qui sévissait toujours.



Le prochain chapitre dévoilera enfin l'identité du Phantom cyclops
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Sam 28 Oct - 18:55

........ Je ne sais pas quoi dire tellement que c'est MAGNIFIQUE !

Bon courage pour la suite! je l'attend avec impatience .
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 29 Oct - 14:37

Et voici la première partie du sixième chapitre ! La deuxième partie devrait suivre demain, où l'on en apprendra un peu plus sur le Phantom. Bonne lecture à tous !

6. Le Phantom


L'aube se levait. Les rayons rouges sang du soleil percèrent les hautes fenêtres de la salle de bal et illuminèrent les pénombres de la pièce. La grande table avait été renversée et avec tous les mets qui avaient été dégustés par les fantômes mais non mangés. L'orgue avait été abimé, les murs fissurés, les tableaux dégradés. Le grand lustre de cristal s'était brisé au sol. Et parmi toutes ces choses qui avaient été malmenées, abîmées, fissurées, dégradées, endommagées, déchirées, démolies, la plus brisée de toutes gisait au sol, face à la cheminée, dans sa grande robe blanche de mariée. Mélanie pleurait.
- Et bien ! s'exclama une voix au fond de la salle. Quelle fête ! Jamais je ne m'étais autant amusé !
Mélanie se mit à genoux et se retourna pour voir qui parlait. Dans la pénombre, une silhouette avança lentement. Son pas était dur et imposant, sa stature majesteuse et à la fois macabre. Son habit de de croquemort lui donnait une allure funèbre. Son crâne humain à la place du visage semblait vivant et en était d'autant plus terrifiant. Mélanie reconnut le sinistre individu qui avait dansé sur la tombe de ses parents, le même sinistre individu qui l'avait regardé souffrir, torturée par les trépassés. En voyant ce visage de mort, Mélanie comprit d'où venait tout son malheur.
- Vous, sanglota-t-elle, c'est vous qui êtes responsable de tout cela...
Le Phantom s'inclina profondément en une longue réverence sarcastique.
- Le travail de toute une vie, se moqua-t-il.
- Mais pourquoi ? demanda Mélanie, suppliante. Qui êtes-vous ? Que vous ai-je fait ?
- Rien, répondit le Phantom. Rien.
- Mais qui êtes-vous ? implora Mélanie.
Le Phantom s'agenouilla, de sorte que leurs visages se trouvèrent à la même hauteur.
- Votre frère, dit-il en un murmure.
Mélanie dévisagea le Phantom de ses grands yeux.
- Ce n'est pas possible... Je suis fille unique.
- Croyez-moi, je suis bien votre frère. Je suis le fils d'Henry Ravenswood et de Martha Ballard, né en 1840 dans ce manoir. On m'appela Henry « junior » Ravenswood. Mais je fus rejeté par mon père et chassé dès ma naissance du manoir familiale.
- Et..., hésita Mélanie, pourquoi... Père vous a rejeté ?
Le Phantom eut un petit rire.
- Pour la plus simple et la plus cruelle raison qui soit.
Il se leva et porta ses deux mains à son crâne. Il retira son chapeau et il sembla défaire quelque chose située dans la nuque. Enfin, il mit ses mains sur la machoire du crâne et retira lentement son masque de mort. Mélanie poussa un hurlement de frayeur en découvrant le visage de son oppresseur. Il était d'une laideur sans pareil. Les mots manquent pour décrire cet horrible visage verdâtre qui paraissait en putréfaction, ces lèvres retroussées qui laissaient apparaître des dents jaunes et carriées, et qui déformait le visage en un rictus mauvais, ce nez difforme et grostesque, ces oreilles trouées et ce crâne chauve couvert de cicatrices. Aucun mot, aucune paroles n'aurait suffit à décrire ces yeux à la pupille noire dilatée, injectés de sang, emplis de haine et de malignité malsaine. On aurait dit un cadavre.
Le Phantom saisit Mélanie par les épaules et la souleva jusqu'à lui avec une force surhumaine. Leurs visages étaient si proches que Mélanie pouvait sentir l'haleine putride du Phantom.
- En arrivant ici, je comptais me venger de mon père, commença-t-il. Mais quand je t'ai vu...
Sa main gantée vint caresser la peau blanche et douce de Mélanie.
- ... si belle, si pure, aussi frâiche que la rosée du matin sous les doux rayons du soleil levant, aussi resplendissante que la nuit étoilée sous un clair de lune, radieuse, respirant la joie et le bonheur, j'ai senti le sentiment de l'injustice naître en moi. Et j'ai décidé que cette injustice devait être réparée, l'égalité devait être rétablie. Tu étais belle, tu étais riche, tu avais la famille, les domestiques...
Son regard injecté de sang s'arrêta sur le pendentif de Mélanie.
- ... et l'amour. Il était évident que jamais je n'aurais pu avoir tout cela. Alors, si je ne pouvais pas obtenir, je pouvais par contre enlever. La richesse, je te l'ai volé. La famille, je l'ai tué. Ton amour...
Sa main gantée se saisit du médaillon de Mélanie et tira violemment dessus, de sorte que la miniscule chaîne se brisa et le pendentif quitta le coup de Mélanie. Entre les mains du Phantom, le médaillon se mit à battre plus fort et plus intensément.
- Ton amour... je te l'ai arraché !
Mélania s'effondra au sol. Le Phantom mit un genou à terre et se pencha vers elle.
- Il y a encore trois choses que je ne t'ai pas retiré. Tes domestiques, Jasper et Anna Jones te serviront pour l'éternité, comme ils l'avaient juré. Ta beauté, mais elle se dissipera. Je te condamne à errer dans le manoir, à vieillir et à pleurer pour le restant de ta vie. Ainsi, quand les rides et les larmes auront achever de modeler ton visage, tu seras... aussi laide que moi. Tu seras... comme moi...
Le Phantom remit son masque de mort et son chapeau, et se dirigea vers la sortie de la salle de bal.
- Attendez ! implora Mélanie.Que me reste-il encore ? Qu'elle est la troisième chose que vous ne m'avez pas enlevé ?
- Ça, murmura le Phantom, c'est à toi de le découvrir...
Et il sortit de la salle dans un horrible éclat de rire.
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Dim 29 Oct - 19:58

Je n'ai qu'un mot à dire: fantastique ! C'est à toi qu'ils auraient dû faire appel pour écrire la stotyline du manoir ! Tout ce tient ! Continue ! J'ai hate de savoir qu'elle est la troisième chose bien que j'ai dejà ma petite idée la dessus... Wink
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 30 Oct - 12:42

.....
.....
.....
*Silence étrange*
....
....
....

Message du chat de Martin : Miaou miaou miaou miaou miaou maou miaou miaou ( traduction : mon maître est tombé dans les pommes tellement que l'histoire est superbe)
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MessageSujet: Re: L'histoire de Phantom Manor (d'après un p'tit nouveau)   Lun 30 Oct - 20:44

Citation :
C'est à toi qu'ils auraient dû faire appel pour écrire la stotyline du manoir


(modeste) Oh merci casper Mr.Red

MDR Happy Haunts ! Merci de ton enthousiasme Mr. Green

Et voici la suite du chapitre 6 (c'en est un gros je sais) qui dévoile la troisième chose dont casper se doute Mr. Green

6. Le Phantom (suite)

Mélanie resta un long moment allongée dans la salle de bal, son doux visage plaqué contre le sol froid de la pièce. Sa vie venait d'être brisée, déchirée, anéantie, détruite. Elle n'avait plus aucun avenir. Elle voulait rester ici et mourir. Alors qu'elle dérivait lentement vers le sommeil, noyée dans ses larmes, deux mains la saisirent par les épaules.
Mademoiselle, il ne faut pas rester ici, dit une voix douce. Vous risquez d'attraper froid.
Mélanie se retourna et vit qu'Anna et Jasper Jones étaient penchés sur elle. Ils avaient la mine sombre, d'affreuses cernes leur tiraient les traits du visage. Mélanie se jeta dans les bras d'Anna.
- Vous n'êtes pas mort, sanglota-t-elle. Dieu merci, vous n'êtes pas mort.
- Non, répondit doucement Jasper, nous avons été épargnés par cet homme déguisé en croquemort. Il nous a ordonné que vous servir... pour l'éternité.
Le visage de Jasper montrait une expression incrédule et perplexe. Anna aida Mélanie à se relever.
- Venez Mademoiselle, ne restons pas un instant de plus dans cet endroit.
Mélanie était au bord de la perte de connaissance et n'arrivait plus à marcher correctement. Jasper et Anna la soutenèrent jusqu'à la porte d'entrée qui, à la grande surprise de Jasper, refusa de s'ouvrir. À l'instant même où Jasper sortit de sa poche son trousseau de clé, une puissante voix retentit :
- Je vous ai dit que vous resteriez dans le manoir.
Les mains tremblantes, sans faire attention à cette voix menaçante, Jasper glissa la clé de la porte d'entrée dans la serrure. La clé refusa de tourner, malgré tous les efforts de Jasper. Pensant se tromper, il essaya toutes les autres clés, qui ne tournèrent pas plus que la première. Alors, Jasper alla chercher un meuble qui se trouvait dans l'entrée et le porta jusqu'à une fenêtre.
- C'est inutile, nargua la voix.
Jasper lanca de toutes ses forces le meuble contre la fenêtre. Fait étrange et effrayant, ce fut le meuble, et non la fenêtre, qui se brisa comme du verre. La voix éclata d'un rire dément et démoniaque. Mélanie perdit connaissance.
- Vous ne pourrez jamais sortir... de cette manière..., se moqua la voix
- Jasper, appela Anna qui luttait pour porter Mélanie, viens m'aider à porter Mademoiselle jusqu'à sa chambre.
Jasper accourut immédiatement et aida Anna à transporter Mélanie. Ils montèrent le grand escalier et tournèrent dans le couloir qui menait à la chambre de Mélanie. La voix riait toujours.

Mélanie se réveilla en un sursaut. Elle était toujours en robe de mariée, allongée dans son confortable lit. Anna était assise à ses côtés, tenant sa main. Dégageant la sienne, Mélanie se pencha vers elle. Anna dormait profondément. Jasper n'était pas là. Mélanie se leva et se dirigea vers sa coiffeuse, dans l'intention de retirer tous ses ornements de mariée mais quelque chose l'arrêta. Sur sa coiffeuse, face au miroir, il y avait une petit boîte en bois. Un petit mot était écrit dessus : « Interroge la bonne sur son enfant d'abord». Intriguée, Mélanie tenta d'ouvrir le paquet. Elle ne réussit pas, la boîte resta clause. Interroge la bonne sur son enfant d'abord. Cette phrase était étrange. Anna avait perdu son enfant lors d'une fausse couche. Pourquoi l'interroger là-dessus ? A moins que le Phantom, puisqu'il semblait évident que c'était lui qui avait déposé la boîte, voulait que Mélanie découvre quelque chose, quelque chose qui lui permetterait de comprendre le contenu de cette boîte, quelque chose d'essentiel qui expliquerait pourquoi le Phantom lui en voulait tant.
Mélanie se tourna vers Anna et la secoua doucement afin de la réveiller. Cette dernière se réveilla en sursaut dans un petit glapissement de frayeur. Elle fut rassuré en voyant Mélanie.
- Mademoiselle, souffla-t-elle, vous m'avez fait peur. Jasper est parti explorer le manoir pour trouver une sortie...
- Anna, la coupa Mélanie, votre...
Elle s'arrêta. Elle n'osait pas questionner Anna sur ce sujet délicat et ne savait pas quelles questions poser.
- Qu'est-il arrivé à votre enfant ?
Anna la regarda avec de grands yeux.
- Mon enfant ? Mais Mademoiselle... il est mort lors de ma fausse couche.
Une voix sifflante hurla dans la tête de Mélanie. Elle ment !
- Anna, je vous prie, implora Mélanie. Dites-moi la vérité.
Anna secoua la tête. Elle sembla hésiter, elle se battait contre ses démons intérieurs, contre de vieilles menaces qui n'avaient plus lieu d'être maintenant. Enfin elle céda.
- Soit, dit-elle. Vous devriez vous asseoir, ce que je vais vous dire risque de vous choquer.
Mélanie, tremblant soudainement, s'asseya sur son lit.
- J'ai..., commença Anna, je n'ai jamais vraiment aimer Jasper. Oh, j'avais pour lui de l'amitié, bien entendu mais je ne l'ai jamais aimé d'amour, comme vous et votre fiancé. Lorsque je suis entré au service de Monsieur, dieu ait son âme, il m'a tout de suite mise dans son lit, pardonnez-moi l'expression Mademoiselle. Je ne sais pas si Monsieur m'aimait mais il me disait que je lui apportais la tendresse que ne lui donnait pas Madame. Mais cela ne l'empêchait pas de remplir régulièrement ses devoirs conjugaux, si vous voulez bien me passer l'expression Mademoiselle. Madame et moi tombèrent enceinte au même moment. C'est alors que Monsieur m'ordonna d'aller fricoter avec Jasper, pour ne pas qu'on découvre notre manège. Ce fut plutôt facile de séduire Jasper, si bien que quand je lui appris que j'étais enceinte de lui, ce qui était faux, il se sentit obligé de m'épouser. Celui-là, je pense qu'il m'aimait. Neuf mois plus tard, Madame accouchait et Jasper me rapporta que son enfant était très laid. J'ai accouché le lendemain, seulement assistée par Monsieur et par l'apothicaire. Monsieur me prit mon enfant et m'ordonna de dire que j'avais fait une fausse couche. Il donna aussi beaucoup d'argent à l'apothicaire pour qu'il ne raconte rien à personne. Monsieur remplaca mon bébé par celui de Madame, qui n'en sut jamais rien, et c'est ainsi que je me suis retrouvée m'occuper de vous.
Mélanie porta ses mains à sa bouche. Tout cela voulait dire que... Anna était sa mère. Durant toutes ces années, elle avait été servie par sa propre mère. Toute son existence reposait sur un mensonge.
- Et l'enfant de ma mè... de Madame ? demanda Mélanie, retenant un sangot. Que lui est-il arrivé ?
- Je l'ignore Mademoiselle, répondit Anna, se retenant elle aussi de pleurer.
Enfin, les deux femmes se jetèrent dans les bras l'une de l'autre, laissant libre cours à leurs larmes.
- Anna, sanglota Mélanie, durant toutes ces années, pourquoi ne m'avoir rien dit ?
- Monsieur me faisait des menaces, pleurait Anna, et je savais que ceci était la meilleure vie pour toi.
Elles restèrent un long moment enlacées, à pleurer ensemble, avant qu'Anna ne se dégage.
- Allons, nous n'allons pas nous apitoyer sur notre sort comme ça, dit-elle. Je descends, je vais nous préparer quelque chose.
Et elle sortit de la chambre. Mélanie eut un sourire, un faible sourire. En l'espace d'une semaine, elle avait perdu ses parents, sa famille, l'amour de sa vie mais elle y avait gagné une mère. Tout cela était trop pour son pauvre petit coeur. Sans un mot, elle perdit connaissance.
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